"Allez, viens Mister N., on va à la mairie pour voter!"
"Ah ouais pfff j'ai pas très envie, t'as qu'à le faire sur l'ordinateur!"
(... Et se dire que quand il votera ça marchera sûrement comme ça...)
Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants.
4/22/2012
4/16/2012
Putain, 6 ans!
6 ans il y a 10 jours que de ma plus grande douleur naissait mon plus grand bonheur...
J'ai pleuré parfois, j'ai ri beaucoup, j'ai gueulé comme un veau régulièrement, lui aussi...
Être parent c'est des montagnes russes tous les jours, jamais deux fois le même circuit, et malgré ces 6 ans d'entraînement j'ai toujours le vertige, nos enfants ont chaque jour 24 heures de plus, et sont ni tout à fait les mêmes ni tout à fait d'autres au fil des semaines.
D'ailleurs, après moult tergiversations, Fifils Premier a enfin décidé ce qu'il voulait faire de sa Royale Existence, dans une logique qui lui est tout à fait personnelle (mais qui lui ressemble tellement):
"Moi, quand je serai grand, je vais piloter des avions, comme ça je verrai mieux les trains d'en haut!"
4/14/2012
Vis ma vie d'ESI (si t'es cap)
La chirurgie, c'est trop joli.
La chirurgie, ça change la vie.
La chirurgie, c'est fini!
Cinq douces et dures semaines de travail acharné et de kilomètres avalés, j'étais à fond dedans, cavalant entre perfusions, pansements, drains, piqûres, lits, dossiers...
J'ai appris, j'ai compris, j'ai pris des claques, j'ai pris sur moi, j'ai pris SOIN.
En gros, j'ai kiffé!
Retour à l'école, atterrissage brutal, pression, et mal aux fesses de rester assise sur une chaise...
Je ne pense pas vous avoir dit encore ici à quel point une formation de soignant est décidément tout sauf humaine. Les soignants sont parfois aussi indifférents entre eux qu'ils sont soignants avec les autres.
La formation en soins infirmiers a été complètement remodelée en 2009, avec son lot de "C'était mieux avant!" et de "T'es du nouveau référentiel? Pfff!"... La réforme a causé pas mal de pagaille dans les services à chaque arrivée de stagiaires, supprimant les théâtrales Mises en Situation Professionnelle (les inénarrables MSP...), alourdissant le bagage théorique, bref, accueil en stage parfois mitigé, des équipes qui ont PEUR de voir arriver les nouveaux diplômés tous frais de cette année (les premiers de la réforme), et ce texte.
Ce texte sur les quotas d'absence, qui fait que 80% de présence obligatoires sont nécessaires pour être présenté aux évaluations des unités d'enseignement (exemple: il y a 10 heures d'enseignement pour une matière M, si vous manquez 2 heures - c'est vite fait! - vous allez d'office au rattrapage. Parallèlement, si vous ratez 20% d'un stage, même punition: rattrapage, autrement dit stage sur juillet/août).
Et là-dessus, toutes les absence se valent, c'est-à-dire que: que vous soyez absent parce que vous êtes malade, parce que votre enfant est hospitalisé, parce que votre voiture a décidé de vous lâcher, ou parce que vous avez eu la flemme de vous lever ce matin-là et que votre chien avait mangé votre devoir, c'est kif-kif.
En bref, un virus pourri, une grève des instits, votre maison qui brûle, votre chat qui meurt (ou l'inverse), et c'est la merde pour des semaines.
Le tout, pour zéro virgule zéro euros par mois pour l'instant (et pas beaucoup plus après).
Et le pire, c'est qu'on y va, on y revient, et on en redemande. On a hâte d'être en stage, où on est l'excrément de hanneton de la hiérarchie hospitalière, corvéable à merci, mais où on peut kiffer notre race à faire un pansement bien gore, une sous-cut de rien du tout ou à enlever un drain...
Il paraît qu'on regardera ensuite derrière nous en se disant que ces années étaient fun. Alors, pour l'instant, j'ai envie de dire que j'y crois moyen.
Mais n'empêche, je ne cèderai pas ma place ;)
3/14/2012
Principalement, je fais semblant de savoir ce que je fais.
ENFIN je touche du doigt ce pour quoi j'ai initié toute cette folie: le soin.
J'ai piqué, re-piqué, dépiqué... Et piqué du nez.
Être stagiaire en quarts à 1h15 de route de chez toi, ça veut dire que quand tu es du matin, tu décolles à 5h30, tu prends ton quart à 7, tu cavales, piques, repiques, dépiques, réponds aux sonnettes, prends des constantes, panses et fais des lits jusque 14h. Route du retour. Tu poses tes miches chez toi vers 15h30, genre juste le temps de prendre un café les yeux fermés avant d'aller chercher tes gnômes à l'école.
Au bout du 3ème jour, on te demande un calcul de dose et t'es pas capable de calculer en ml/h le débit d'une perfusion de 260ml à passer en 1h30 (les intéressés comprendront!) tellement ton cerveau fait des noeuds.
Tu dois t'organiser pour être efficace et souriante, préparer tes démarches de soin, rédiger tes analyses et apprendre, ne pas oublier d'être une mère et une épouse même quand tes enfants te voient tellement souvent qu'ils sont à deux doigts de t'appeler Madame et d'appeler Papa au secours parce que "Y a une dame dans la maison!"... Ah, et aussi ne pas perdre tes cours de vue parce que les partiels arriveront très vite.
Bref, je suis ESI.
3/02/2012
J'arrêtais pas de me dire "Moi je serai pas comme ça, moi je serai pas comme ça..."
Parce qu'on ne fait jamais rien à moitié dans la famille dès lors qu'il s'agit de microbes, après 4 heures de vomissements incoercibles j'ai emmené Mister R aux Urgences cette nuit (sur les conseils du médecin régulateur du 15, tout de même).
Brouillard et arrêts-vomi inclus, on est arrivés vers 1h00.
Evidemment, avec la gastro violente qui sévit en ce moment, vous vous doutez du diagnostic. Laryngite, donc (ouais, ça m'a fait ça aussi).
Le médecin me tend une ordonnance pour des suppositoires anti-vomito, des antibios et des lavages de nez. C'est-à-dire qu'il faut que j'aille à la pharmacie de garde (techniquement il ne me faut que des suppos pour que Robin-Petit-Boudin aille mieux) maintenant tout de suite, quoi. Pour ces suppos qu'ils auraient très bien pu (et mieux fait de?) lui donner sur place. Lorsque je m'en étonne, le médecin (au demeurant gentil et pas méprisant mais bon) me dit: "Je vous donne une ordonnance, de toute façon c'est bien pour ça que vous êtes venue, pour avoir une ordonnance?!"
Je n'ai pas su lui répondre que non. Que j'étais venue inquiète trouver une solution pour soulager mon bébé. Que je me doutais que j'y allais pour rien mais que j'étais la première à me projeter, disant aux parents inquiets qu'on ne vient jamais pour rien quand on a peur. Je me disais que je ne serai pas comme ça…
J'ai dit merci et au revoir. J'ai tenu mon petit bonhomme qui se tordait au bord de l'évier. Et je suis partie avec mon ordonnance.
J'ai trouvé la pharmacie de garde dans une ruelle peu engageante et j'ai sonné. Des types bizarres passaient. Personne ne venait. Les types bizarres sont repassés. Je suis partie et rentrée bredouille…
En me disant "Je serai pas comme ça, je serai pas comme ça"... J'espère.
Brouillard et arrêts-vomi inclus, on est arrivés vers 1h00.
Evidemment, avec la gastro violente qui sévit en ce moment, vous vous doutez du diagnostic. Laryngite, donc (ouais, ça m'a fait ça aussi).
Le médecin me tend une ordonnance pour des suppositoires anti-vomito, des antibios et des lavages de nez. C'est-à-dire qu'il faut que j'aille à la pharmacie de garde (techniquement il ne me faut que des suppos pour que Robin-Petit-Boudin aille mieux) maintenant tout de suite, quoi. Pour ces suppos qu'ils auraient très bien pu (et mieux fait de?) lui donner sur place. Lorsque je m'en étonne, le médecin (au demeurant gentil et pas méprisant mais bon) me dit: "Je vous donne une ordonnance, de toute façon c'est bien pour ça que vous êtes venue, pour avoir une ordonnance?!"
Je n'ai pas su lui répondre que non. Que j'étais venue inquiète trouver une solution pour soulager mon bébé. Que je me doutais que j'y allais pour rien mais que j'étais la première à me projeter, disant aux parents inquiets qu'on ne vient jamais pour rien quand on a peur. Je me disais que je ne serai pas comme ça…
J'ai dit merci et au revoir. J'ai tenu mon petit bonhomme qui se tordait au bord de l'évier. Et je suis partie avec mon ordonnance.
J'ai trouvé la pharmacie de garde dans une ruelle peu engageante et j'ai sonné. Des types bizarres passaient. Personne ne venait. Les types bizarres sont repassés. Je suis partie et rentrée bredouille…
En me disant "Je serai pas comme ça, je serai pas comme ça"... J'espère.
2/19/2012
Parce que je suis une femme qui en a.
Se faire déranger à presque 20 heures (heure critique comme chacun le sait) un samedi soir par une mal-aimable d'une quelconque société commerciale qui insiste pour ne parler qu'à "l'homme de la maison"...
Lui répondre que c'est vous et qu'elle vous casse les couilles.
Ça, c'est fait!
Libellés :
Je suis une chamelle mais je me soigne
2/16/2012
Syllogismes...
Acte I:
Robin: "Noah t'es un caca!"
Noah: "Non, Robin. Je suis pas un caca et je vais t'expliquer pourquoi. Nous, on est solides, et le caca c'est mou, donc je peux pas être un caca!"
Robin, dansant la gigue: "Caca mou! Caca mou!"
Acte II:
Robin (fidèle à son insulte préférée): "Noah caca!"
Noah, constant: "Non, Robin. Je suis pas un caca et je vais t'expliquer pourquoi. Le caca, c'est marron, et nous on est beiges, alors je peux pas être un caca, tu vois?"
J'attends impatiemment le 3ème round!
1/10/2012
J'ai le mal de mère...
C'est le mal qui te ronge à petit feu, quand tu retournes à la vraie vie du vraie monde et que tu abandonnes lâchement tes monstricules à l'infernal duo Nounou/école.
Le mal de mère, tu le sens quand ces petites faces d'ingrats se greffent à ta jambe quand tu les laisses et que quelques heures plus tard ils s'accrochent à celles de Nounou pour ne pas rentrer à la maison.
Le mal de mère, c'est la culpabilité. J'en frissonne. Caca boudin. Tu peux pas t'en empêcher, ça te bouffe, mais tu fonces tête baissée dedans parce que quelque part au fond, tu sais que tu as raison de te battre.
Parce que reprendre sa vie après être restée à la maison se concentrer sur ses gamins, c'est juste archi-brutal. Pire quand tu reprends tes études. 24 heures dans la journée n'y suffisent pas. Et je ne me lance même pas sur le terrain des nuits!
Toute la journée ce mal me tiraille... La logistique est compliquée et parfois vacillante, j'ai l'impression de marcher sur un fil, marcher sur des oeufs, marcher sur l'eau, marcher à contre-courant... Mais je marche!
Je cherche toujours un peu partout mon sommeil, mes neurones, mes mots, ma patience, mes clés, des baby-sitters au pied levé...
Je jongle avec les microbes, les emplois du temps de tout le monde, les pipis intempestifs, les contraintes de mon école, les contraintes de leur école...
J'aimerais pouvoir me partager entre mes cours, la maison, la famille, les potes (oui, je suis une copine en carton depuis la rentrée, je m'en excuse puissance mille)...
J'ai oublié d'envoyer mes cartes de remerciement pour le mariage (depuis juillet!), mes cartes de voeux (je laisse tomber), de payer la cantine des enfants (oups), de sortir ma lessive de la machine...
Bref. Je suis une grosse nullarde de l'organisation.
Oui, je culpabilise. Non, je ne regrette pas :)
12/21/2011
Et après cette fin du monde-ci...
Viendra la prochaine.
C'est ça qui est rassurant, au fond, dans le principe d'avoir toujours une fin du monde devant soi.
Là, par exemple, logiquement, dans un an comme maintenant, vous et moi commencerons à entrevoir le début de la fin, ou l'inverse.
Mais, comme dans toutes les fins du monde précédentes, on pensera à la fin de la journée que, ouf, "so far, so good", c'était pas pour cette fois.
Je ne donne pas un mois au prochain prophète pour annoncer l'inévitable et tout à fait certain cataclysme suivant.
Ce qui est funky, c'est que maintenant même le cinéma s'amuse des différentes catastrophes imminentes, j'imagine le pitch: "Allez on va en faire un film pour rigoler, genre ne prenons pas ça trop au sérieux mais saupoudrons-les un peu de peur quand même histoire de relancer la consommation!". Je m'égare.
On m'a demandé aujourd'hui ce que je ferais si la fin du monde était demain.
Fastoche.
Je ferais comme aujourd'hui. Je ferais comme tous les jours.
Je suis une mécréante. Armageddon peut se pointer, même pas peur (ne venez pas sans Bruce)!
Parce que moi, la fin du monde, c'est un petit peu tous les jours.
En ce moment, par exemple, j'essaye de tenir une maison, de bosser pour des examens hyper relous, de préparer Noël, toussa toussa, le tout alors que garçons sont malades mais néanmoins très en forme, sinon c'est pas du jeu.
Ils sont bien malades, donc, et, dommage collatéral, sont sous corticoïdes. Pour les non-initiés, en gros, ils seraient sous amphétamines que ce serait pareil. Mister R ne limite plus son périmètre de sévices à la cuisine et a découvert que les toilettes offraient tout un éventail de bêtises encore inexplorées, et Mister N laisse libre cours à sa crise de rebellitude pleurnicharde. Ils ont l'énergie pour, eux.
Encore que, parfois, il faut bien s'arrêter. Pas plus tard qu'hier soir, Fifils Premier s'est interrompu net en plein showcase privé, au milieu de sa propre version de "Qui a peur du loup?" (chorégraphie incluse), en expliquant que "Pardon messieurs-dames, je fais 'pause' là parce que j'ai un ongle cassé!"
Comme quoi, tout espoir n'est pas perdu!
11/05/2011
Yes We Can!
Il y a 3 ans, l'histoire était en marche... Et mon tout-petit, mon bébé-surprise, mon deuxième petit soleil plus brillant que le soleil, arrivait enfin...
Il y a 3 ans, j'ai gravi une montagne, j'ai couru un marathon, j'ai livré une bataille contre et avec mon ventre, un combat "sans arme ni violence", un combat sous la forme d'une fête, d'une fin, une révolution, un séisme...
Il y a 3 ans, le ciel s'allumait chez nous, les Américains s'endormaient après la liesse, c'était un matin de novembre comme un autre, et pourtant tout avait changé.
Il y a 3 ans, nous étions enfin 4.
Du fin fond de notre petite maternité Normande, j'avais l'impression d'avoir changé le monde. Je me sentais prétentieuse mais ça n'avait pas d'importance. Nous étions forts, nous avions réussi!
Il y a 3 ans, j'ai pensé que tout nous avait menés jusqu'à cet instant, cette seconde, tout n'avait été que chemin jusqu'à cet endroit, ce moment, cette illumination que fut Ton arrivée, mon "tout-petit" Mister R. de 4kg190. Notre histoire, nos rires, nos peines, nos colères, la merveille de l'existence de ton grand frère (à défaut de celle de sa naissance...), et enfin, Toi.
Je ne me lasserai jamais de repenser à, de raconter, de relire ton arrivée.
Camille Laurens écrit "On ne revient pas de la naissance, on y reste, on y est toujours."
J'y suis toujours... et je n'en reviens pas. Je ne veux pas en revenir. Je puise mon énergie dedans, grâce à vous trois mes hommes, pour vous trois.
Oui mon petit bonhomme, tu as changé tout ça, tu es tout ça, et je dois m'y faire, tu as 3 ans déjà.
Et si comme moi, tu ne t'en lasses pas... Ou si tu as raté les épisodes précédents (mécréant!):
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