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3/12/2013

Soleil, savon noir et mobylette

C'est pas flagrant là tout de suite, sous 40cm de neige, le choc thermique ayant flingué mon teint lumineux, mais il y a trois semaines nous étions en vacances à Marrakech.

Ne connaissant pas du tout le Maroc, nous avons débarqué à coeur ouvert, avec l'impression d'avoir une page blanche à décorer de mots, d'images, de sensations. Je crois que j'ai rempli tout un cahier de 200 pages.
Il fallait que je vienne en coucher au moins une partie noir sur blanc.

Nous avons découvert une ville frémissante, généreuse, aux odeurs d'épices et aux couleurs chatoyantes, à l'image de ses habitants.

Côté route, c'est Mario Kart en vrai, et en pire. Si t'as peur ferme les yeux. En mobylette, c'est du suicide, mais c'est un truc à faire une fois dans ta vie! Je crois que c'était beaucoup demander à mon périnée, mais j'ai grimpé, je me suis accrochée à Nabil comme si ma vie en dépendait (et en fait c'est pas faux...), j'ai dit merde à ma frousse et Yallah!
Quand t'ouvres un oeil tu te dis "Putain ça passe pas, ça passe pas!!!", et magie : ça passe toujours...
Filer dans les petites rues du souk qui se réveille, slalomer entre les piétons, les ânes et les charrettes, ça un petit côté goût du risque qui me ressemble tellement peu que j'en ai adoré chaque seconde!

Il faudrait que je vous raconte le couscous, la place Jemaa-El-Fna où bat le coeur de la ville de jour comme de nuit, les palmiers, les minarets colorés, les remparts ocres, le marchandage sur les étals partout, leur façon de traiter tous les enfants comme des princes des mille et une nuits...

Mais ce que je suis venue vous raconter là maintenant, c'est le Hammam. Un truc de ouf.
Tu m'aurais dit avant que j'allais y aller, je t'aurais ri au nez grave (oui, je ne suis pas toujours très urbaine). Genre je vais me dé-saper comme ça, dans le normal, t'as vu ça où, mais "Allô, quoi!"
Et puis j'ai dit "Ouais" sans y croire, en me disant que je trouverais bien un moyen de me débiner.
Et puis pendant que ma tête moulinait, mon coeur m'a dit à l'oreille (ouais, j'ai une anatomie particulière) que si je ne le faisais pas ici et maintenant, je ne le ferais jamais et ce serait regrettable.

Alors Djamila nous a pris sous le bras, Mister R et moi, et nous a emmenés dans un établissement minuscule, sans enseigne particulière, on a passé la porte et tout a été bousculé : ma pudeur, mes idées reçues, ce que je pensais savoir de moi et des autres...
Une fois la porte passée, toutes se dévoilent au sens propre comme au figuré. En plus toi, comme une bonne citadine occidentale, tu te dis que si elles portent un voile, elles sont forcément pudiques comme pas possible (au moins comme toi, grosso modo), et en fait non. C'est toi qui te sens gênée de t'accrocher à ta culotte.

Alors on avance, une salle tiède, une salle chaude, une salle très chaude. C'est très ritualisé, elles savent quoi faire, comment faire et dans quel ordre. Moi je suis perdue, encore mal à l'aise, je me sers de mon fils comme d'un paravent humain pour protéger ma dignité. Petit à petit je me rends compte que je n'ai à me protéger de rien. Il n'y a aucun regard, aucun jugement. Même s'il y en avait, j'ai laissé mes lunettes au vestiaire donc I don't give a shit.
Je découvre le savon noir, doux et gluant, Mister R fait le clown.
Je découvre le gant pour le gommage, je me gratouille avec, ça va, c'est fun.
Arrive la dame qui s'occupe de faire les gommages. Je suis pas bien rassurée, mais bon.

Alors elle elle attrape le gant et elle te frotte. Mais genre elle te rabote! J'ai eu l'impression de passer sous une ponceuse en mode abrasif +++. Là je me dis mais elle va m'enlever une couche de peau!
À ce moment-là j'ai cessé de lutter. J'ai arrêté de réfléchir parce que ça me pourrissait mon kif.

Je commençais à me dire mon corps n'était pas le seul à être lavé dans ce Hammam, quand elle m'a fait signe de me mettre sur le dos. Elle a frotté de plus belle.
Elle est arrivée à mon ventre et j'ai tressailli. Je me suis rendu compte que je serrais les dents. En fait je n'avais pas mal... Pas physiquement du moins. Elle a traité cette partie de mon corps comme le reste, alors qu'en général je ne le fais pas, c'est une zone à part, une zone de non-droit. Non pas que je ne la lave pas, mais je décape pas quoi.
Cette femme, au fond d'un Hammam, au fond de Marrakech, elle, elle l'a fait.
J'avais l'esprit et le coeur qui fonctionnaient à mille à l'heure. Les souvenirs affluaient et la sueur et l'eau n'étaient pas les seules à se disputer la course sur mes joues. Je crois qu'elle l'a vu.

Une fois le ponçage gommage complet terminé, elle m'a rincée avec un grand seau d'eau bouillante. Là, tu meurs de honte en voyant l'eau qui repart, pas noire mais presque. Tu as une pensée pour la douche que tu avais prise avant de partir le matin et qui te semble bien ridicule. Fuck alors, je ne me savais pas si sale!

De retour au vestiaire, j'ai vu les femmes se rhabiller, additionner les couches de tissu, reprendre leur voile et leur apparente timidité. J'ai trouvé ma pudeur dérisoire, mes vêtements ridicules et mes a priori balayés. Et c'est tant mieux.

Je suis sortie en clignant des yeux à la lumière. J'avais l'impression d'être littéralement à vif.
J'ai pensé tout de suite que j'allais me souvenir longtemps de ce moment. Ça a eu quelque chose de douloureux, et ça m'a soulagée en même temps. Je me suis sentie lavée de plein de choses... Libérée.
Beaucoup de gens pensent que nous sommes "prisonniers" de nos vêtements. Moi c'est le contraire. C'est la nudité qui me contraint.
Je ne dis pas que j'ai laissé toute ma pudeur ou tous mes complexes à l'intérieur de la salle la plus chaude de ce Hammam. Mais une chose est sûre, j'y ai laissé plus que des cheveux et de la peau morte.



7/17/2011

Leçons de choses

En regardant le temps par la fenêtre, j'ai décidé de coller mes gnômes devant un film de saison: "Maman, j'ai raté l'avion!". Histoire de profiter de la météo pour diffuser l'esprit de Noël.
Ca m'a fait réaliser premièrement que quand tu as plus de 8 ans et que tu es passé du côté obscur de la force, ce film c'est pas une comédie c'est un film d'horreur! Non mais franchement. Oublier son gosse de 8 ans à 6000km de chez soi, et ne pas mourir de honte ou pourrir en prison, portnawak.

Ensuite, les héritiers étant complètement pétésdelol devant la douleur des méchants torturés par Macauley Culkin, on a fait une petite mise au point sur les gentils et les méchants en plus d'un petit récapitulatif de tout ce qu'on ne touche, n'approche, n'escalade, ne fait JAMAIS dans une maison.

Donc, les gens méchants sont malheureux (et non pas forcément l'inverse) et ne gagnent jamais à la fin des films (dans la vie c'est une autre paire de manches). Parce que les gens méchants existent en vrai. Oui Fi-fils Premier, les dinosaures aussi ont existé mais il y a très très longtemps. Non je ne les ai jamais connus.

Est-ce que les gens méchants disparaîtront un jour? Peut-être. Mais d'ici là, mon fils, les dinosaures auront sans doute réapparu.



5/29/2011

Je m'embobonnise et j'aime ça! (part 2)

En exclusivité inter-mondiale, ayez l'honneur de faire la connaissance de mon nouveau joujou, ô toi simple mortel qui fais tes frites comme tout le monde.


*love*

J'avoue, si tu m'avais dit, il y a 5 fêtes des mères et deux friteuses, que j'allais kiffer un cadeau aussi électro-ménagesque, je t'aurais étroitement scotché à une chaise en paille au milieu d'une salle pleine de haut-parleurs qui diffusent de la Dance à t'en faire rentrer les cheveux à l'intérieur du crâne. Sois averti (et tu en vaudras deux).

Et au risque de faire s'arracher les poils des jambes à certaines féministes, je m'amuse comme une petite folle avec ma nouvelle copine graisse-free.

Mais si "Retour vers le futur" existait, je crois que mon ancien moi aurait mis un pain à mon moi (Femme) actuel(le). Mais à l'époque, ç'aurait été un pain de boulangerie, et c'est quand même vachement moins bon que mon pain maison actuel.

Je ne régresse donc pas, je progresse, CQFD. Et bonne fête Maman!

4/26/2011

1/14/2011

Son dîner presque parfait.


Fiston Deuxième du Nom, bien que mocalisant vachement moins bien que Visage Sale Premier au même âge, fait montre d'une imagination sans borne, champion du monde inter-catégories aux J.O. de la connerie, toutes générations confondues.


Dernièrement, il a le chic pour faire des expériences inédites, qui ont à chaque fois une dimension culinaire toute particulière.

Un jour, il a essayé de cuisiner un truc avec le caisson de basses. Le surprenant en train de tenter de toutes ses forces d'y faire entrer une pomme de terre en l'écrasant avec des morceaux d'hélicoptère (miam), nous décidons de laparotomiser ledit caisson. Je pourrais faire la liste de tout ce qu'on a trouvé dedans, mais bon, on est à table. Sachez juste que parmi un tas d'autres trucs qui n'avaient rien à faire dans un caisson de basses, on a trouvé - outre quelques pommes de terre, donc - des biscuits apéro, des petits poissons en plastique, une petite canne à pêche (il a dû essayer d'aller chercher les poissons avec, qu'il est malin ce petit.), un livre, des pipettes de médicaments...

Une fois ce ragoût-là terminé, il a pu passer à la suite.

Lorsqu'un jour j'ai eu l'outrecuidance d'aller faire pipi toute seule (ô joie), ces 45 secondes lui ont suffi pour trouver un paquet de biscuits et l'émietter dans notre carafe filtrante, et puisqu'il y était il a fourré une demi-douzaine de mouchoirs en papier dans le bec verseur. Autant vous dire que je ne vais plus faire pipi toute seule (RIP le peu qu'il me restait de dignité - et ma carafe filtrante).

Ce matin, on a eu droit au dessert. C'est après avoir préparé le déjeuner au four que je me suis rendu compte qu'il avait lui-même essayé d'y réchauffer son biberon avant. Attention, les images qui vont suivre peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes:



Accroche-toi à tes lunettes à franges, JP Coffe, la relève est prête! Ou pas.

4/13/2010

Another day in paradise



La "cascade du shopping", c'est quand je décide d'aller faire les magasins, seule avec les gnômes, en dépit du bon sens. C'est très dangereux, mais je vais quand même le faire...

La journée commence bien. A peine levé, Fi-fils Premier va aux toilettes, et contre toute attente, sans aucune raison apparente, met les mains dedans jusqu'aux coudes. Fiston Deuxième du nom en profite pour faire une allergie de ouf à la nouvelle crème-pour-le-cucul. Tout le monde à la douche, manu militari. (Tout ça avant même le sacro-saint café du matin)
Ca ne me décourage pas. J'aurais dû reconnaître les signes pourtant...

Nous voilà partis. La galère classique. Toute maman qui s'est débattue avec deux gamins et une poussette sur un parking vous dira que, finalement, la laisse pour enfants, c'est pas une si mauvaise idée que ça...

Le shopping avec mes p'tits couillus, c'est comme les gags à tiroirs...

Ca commence au magasin de vêtements pour enfants. Alors que je paye un article, j'entends une jeune femme reprendre Noah. Je lève le sourcil ("Qu'est-ce qu'elle lui veut, cette morue?") et me rends compte qu'il est en train de copieusement houspiller la fillette de la dame en question pour quelque raison obscure... Ramasse ta dignité, me dis-je. Nous sortons, tête basse...

Ca continue bien comme il faut au moment du goûter. Alors que je me demande comment pousser la poussette, prendre le plateau, tenir mon grand et payer la commande (tout ça avec un bras moyennement vaillant), Noah me dit "Maman, tu peux vérifier mon slip?" (sa réplique préférée quand il a eu un "accident"...) et je me retourne avec horreur pour voir s'il a fait ce que je pense qu'il a fait parce qu'il le fait toujours quand il dit ça... Et la réponse est oui. Il a bien baissé son froc et tout le reste, devant une foule éberluée. Ramasse ton amour propre, me dis-je.

C'est toujours pas fini quand je me rends compte à la fin dudit goûter, que l'odeur qui émane de Bébé-Chéri est vachement incommodante, tout à coup. L'odeur qui vous dit d'instinct que la couche n'a certainement pas suffi... Votre instinct a raison.
Comme votre instinct (cet enfoiré) ne vous avait pas soufflé de prendre une tenue de rechange, vous retournez, la tête encore plus basse, au magasin de vêtements pour enfants, en essayant de ventiler Bébé le plus possible (en vain).

Vous vous précipitez avec tout votre barda (et votre copine très enceinte et très compatissante) aux toilettes en appréhendant l'ampleur des dégâts. Vous aviez raison d'appréhender. Body et pantalon à la poubelle. Bébé tape des pieds comme un dératé. Chaussettes à la poubelle. Bébé met les mains dedans... Vous hésitez... Bon, OK, ça je lui laisse.

D'autres personnes attendent les toilettes. Comme vous êtes bienveillante (et que vous avez besoin qu'on vous foute la paix!), vous les prévenez que ça risque de prendre du temps.

Ayé. Bébé est plus ou moins propre, et rhabillé. Pieds nus dans ses baskets, mais tant pis. Au moins a-t-il toujours ses mains. Non mais de quoi il se plaint?

Retour au parking pour un court trajet jusqu'à un magasin voisin. Le vent souffle. "Maman, t'as une moustache, tu sais!"
"Même pas vrai! C'est mes cheveux, espèce de mufle!"

Se demandant ce qu'il pouvait ajouter comme cerise à ce gâteau de honte intersidérale qu'il m'a cuisiné toute la journée, Noah décide... De détacher le siège auto de son frère. Et là, alors que vous vous demandez par quel bout l'attraper, vous vous dîtes que vous avez vraiment une vie de rêve. Et que le dîner de ce soir, seule avec les deux, au resto, risque de vous apporter encore un lot d'inattendu... Les serveurs, qui vous connaissent bien, en frissonnent déjà...


7/25/2009

Le zoo, ou "Comment je suis remontée aux origines de l'homme"

La génétique c'est marrant.

En balade au zoo, j'ai vu des singes crier, se gratter les c*******, manger salement, se rouler par terre, se mettre les doigts dans le nez... J'ai vu des chèvres chiper de la nourriture et faire caca n'importe où.

Ajoutez-y une bière et un match "OM-PSG" à la télé, et la ressemblance avec le beauf moderne est frappante.

Ajoutez-y une glace Smarties et "La Maison de Mickey" et c'est Noah que vous verrez... D'ailleurs, il a tenté à plusieurs reprises de m'échapper dans l'enclos des biquettes ou de se glisser sous la barrière pour aller rejoindre nos frères les primates. Mowgli toi-même.

C'est mon petit singe, celui-là.

7/09/2009

Vos paupières sont lourdes...

Ce soir c'est décidé: le merdouillon dormira dans SON lit, dans SA chambre. Et vous, vous dormirez. Tout court. Ca changera!

La chambre est montée (vous avez le dos en miettes, mais qu'importe!), le lit vous semble bien grand pour votre tout-petit. Mais fi de tout cela. Il est temps.

20h45: Vous couchez Petit Lardon avec l'estomac plein et la couche vide.
21h30: Vous couchez Grand Lardon avec beaucoup de mal et de négociation.

Vous hésitez... Le sang bat douloureusement dans vos tempes... Mais vous venez d'acheter le DVD de Twilight et vous avez hâte de le regarder... Vous cédez à la tentation, tant pis.

23h30: Vous vous couchez, nauséeuse mais bien contente d'avoir pu mater un bon film tranquilou. Ca n'a pas de prix, au fond... Mais comme à chaque fois que les deux monstres dorment et vous non, vous vous sentez stupide. Ce sera pire demain... Pendant que vous ruminez en installant un très sexy gant de toilette frais sur votre tête envahie par la migraine, Bébé pleure... Arghhh noooon! Chéwi (que Dieu ou n'importe qui d'autre le bénisse!!!) lui rend sa tétine et tout le monde se rendort. Pour combien de temps?...

1h30: L'estomac du merdouillon se réveille avant lui... Mais se rendormira une fois rempli. Serait-ce le début d'une nouvelle ère??

4h: Le grand veut de la grenadine (LE PETIT C**!!!!) et fera une crise d'environ 30 minutes qui, OUF, ne réveillera pas son petit frère!

5h30: Bébé vous refait le coup de l'estomac, mais ça remarche pareil! Inespéré...

7h30: Le nain vient prendre sa troisième tétée de la nuit et restera somnoler tout contre vous jusqu'au réveil du grand...


C'est une nuit pourrie pour vous ça, hein? Ben pour moi c'est ROYAL et c'est même la meilleure nuit que Robin ait faite depuis sa naissance!! Dommage que je n'en aie pas profité... Ce soir, j'me couche avec les poules, en croisant les doigts, ayez une pensée pour la maman fatiguée!... Qui regrette d'avoir laissé s'installer les mauvaises habitudes et qui se dit qu'elle aurait dû renvoyer Bébé dans ses quartiers depuis belle lurette! Nomdidjiou.

5/24/2009

In-ze-cake attitude

Après Ma vie à 100 à l'heure, ma nuit à 2 de tens'.


Le coucher, c'est sportif quand même pour un prélude aux douceurs du sommeil.

Négociations avec Noah, il veut une histoire, il veut pas une histoire, il a soif, il veut dire bonne nuit au barbecue, j'en passe et des meilleures. Un bisou après c'est tout. Encore un mais c'est le dernier, etc etc.

Je pose Robin, Ô joie, il dort.

Vite, vite, je saute dans mon pyjama et me glisse dans mon lit. Incroyable, ils dorment tous les deux j'entends plus rien! Chéri, éteins la lumière, ça les attire.

Mes yeux se ferment...

"MamaaaaaaaaaaaaAAAAANNN je te paaaaarle!!!"
J'vais l'assommer.

"Oui?"
"J'ai bobo là!"
"C'est parce qu'il faut faire dodo. Moi aussi je vais faire dodo, bonne nuit!"
Ca commence d'enfer.

Je retourne me coucher, je jette un oeil au réveil. Pfff et moi qui voulais me coucher tôt.

Le lit grince. Robin bouge... Non!! Nooooon!!! Ouf, il dort.
Moi aussi, du coup.

En moyenne deux petites heures plus tard, Robin pleure. Je me lève, lui rends sa tétine, me recouche, il re-pleure, je me re-lève, etc, etc, une bonne demi-douzaine de fois.
Ok. Je le prends, l'allonge contre moi, le branche au sein, et je referme les yeux. Si je me réveille je le remettrai dans son lit.
Parfois je me réveille. Parfois non. Cochez la case correspondante.
Si je le remets dans son lit, je recommence la danse-de-l-accident-de-tututte encore plusieurs fois avant de 1) re-capituler et le reprendre avec moi dans le lit ou 2) savourer ma victoire inespérée s'il se rendort.

Répétez ce cirque en continu toute la nuit.
Réveillez-vous finalement, au petit matin, un bébé remuant mort de rire tout contre vous, et ayant fortement l'impression d'avoir dormi deux heures à tout casser. Toutes les nuits pendant 6 mois et demi.

"MAMAAAAAAAANNNNN tu vieeeens? Chuis réveillé on va en bas?!"
"Pourquoi?"
"Ben je veux mon bribon (traduisez: biberon)! Et toi?"
"Je sais pas. T'as du Guronsan???"

4/04/2009

Vous avez demandé le 15? Ne quittez pas...

Un samedi après-midi ordinaire chez Grand-Mamie. Guillaume est parti tenter de gagner une croûte ou deux au poker (c'est sa phase "Patriiiiick"). Noah commence à tourner autour de la table en râlant...

"J'ai bobo au ventre Maman!"

OK, je pars à la pharmacie essayer de trouver quelque chose pour le soulager. Une fois là-bas, Belle-Maman m'appelle: Noah vomit, l'heure n'est plus à la gaudriole, hop, chez le médecin. De garde (m**** forcément, comme toujours!).
Le pharmacien n'a pas le numéro du médecin de garde, mais veut bien appeler la gendarmerie. Qui lui dit d'appeler la régul au 0 810 je-sais-plus-quoi. Qui lui dit d'appeler le 15. C'est laborieux mais on va y arriver...
La "dame du 15" donc, pose tout un tas de question au pharmacien par téléphone. Le pharmacien transmet: "Et l'enfant là, il est tout seul à la maison?"

"Evidemment. Mon fils de trois ans est seul, malade, à la maison, avec son petit frère de 4 mois 1/2, qui d'ailleurs vient de m'appeler pour me dire que le grand vomissait!"

Je prends le téléphone. Il faut donner le numéro et l'adresse de la Grand-Mamie. Heureusement qu'une cousine de Guillaume était avec moi et a pu donner les précieux (et vitaux, de tout évidence) renseignements.

"Madame, vous êtes juste à côté, rentrez-y et je vous rappelle quand vous serez là-bas."
"Et me donner le numéro du médecin de garde c'est pas possible?"
"Rentrez. Je vous rappelle."

Chef, oui, chef.

Je monte dans la voiture. Le téléphone sonne, c'est Belle-Maman: "Une dame du 15 vient d'appeler!"
"Elle a cru que je m'étais télé-transportée??"
"Sans doute! En tout cas, on a rendez-vous à 18h15."

Chef, oui, chef.

On embarque Noah et Robin dans la voiture, il pleut des cordes... On arrive près du cabinet, Noah n'est pas bien, et paf dans la voiture. Tant pis.
Je me gare à la one again devant le cabinet. On sort. On sonne. On tape. Rien...

Je rappelle la "dame du 15".
"Euh, on est devant le cabinet là on a rendez-vous mais personne ne nous ouvre!"
"C'est pas possible!"
"Si je vous le dis!"
"Mince..."
"Comme vous dîtes. C'est possible de faire quelque chose là??"
"Vous vous énervez!"
"NON j'm'énerve pas j't'explique!!!!!!!!!! Je suis dehors sous la pluie avec mes enfants dont l'un vomit tripes et boyaux et personne ne m'ouvre la porte du cabinet de médecin avec qui vous m'avez pris rendez-vous!!! Mettez-vous à ma place un petit peu..." (je tente la corde sensible...)
"Attendez j'appelle le docteur."
"Faîtes donc."
Musique d'attente.................

La porte du cabinet s'ouvre, voilà le docteur! Elle nous sourit:
"Ben, vous avez pas sonné?"


Les routes de l'enfer sont pavées de bonnes intentions... Et inversement.

8/09/2008

J'ai testé pour vous: Mon fils chéri est un sale gosse suicidaire!

Mon fils adoré aime taquiner sa mère. Surtout en ce moment, forcément.
Si en plus il peut me faire frôler la crise cardiaque, il jubile. Si, si, je vous assure, je l'ai vu dans ses yeux. Vous allez dire que je suis parano, mais je sais ce que je dis.

Dans ce petit ange, il y a un diable qui sommeille. La preuve:

Hier, après une journée bien chargée, je décide/je me force/j'ai pas le choix, bref, je vais faire des courses. Je vais sur la place, gare mon tank, et hop, j'embarque le gnôme, ou plutôt je le traîne ("T'as pas voulu faire de sieste, t'assumes!") dans deux-trois boutiques. Il refuse de dire bonjour (Pfff si on m'avait dit qu'un jour je serai une mère du genre "Dis bonjour à la dame"...), essaye de se sauver, crise pour avoir une barquette de framboises qu'il renverse par terre... Le sale gosse dans toute sa splendeur. Mais où est passé mon petit bébé mignon et sage?? Les regards autour de nous commencent à me glacer les veines... Je les envoie mentalement se faire empapaouter.

Le tour est fait, ouf.

Nous retournons à la voiture. Je tiens la main de Noah (contre son gré...) d'un côté et j'ai l'autre bras chargé de sacs qui commencent à peser. J'ouvre la voiture, et je suis d'un coup d'un seul tenaillée par une contraction de ouf.
Et là, c'est le drame.

Noah m'échappe... Je laisse tomber les sacs, il court dans le parking, mort de rire ("sale petit ***" pensé-je tout bas!), je le poursuis... J'entends très très loin les remarques des "gens"... Les ont-ils dites ou les ont-ils pensé si fort que je les ai entendues?...

Crotte, bonjour les clichés. La fameuse crise généralement intitulée "crise-des-bonbons-en-bout-de-caisse", mais sur un parking. Donc pire, puisque potentiellement mortelle.

Quand je parviens à rattraper le fugitif je me transmute en foldingue hystérique, je lui colle une fessée, je sais même plus quoi faire de mes bras...

Je frissonne sous les regards pourris de ceux qui savent tout mieux que vous. La moitié de leur cerveau est prête à appeler la DDASS pour sauver ce pauvre enfant des griffes d'une mère dépassée et violente, l'autre hémisphère pense ouvertement qu'il aurait mérité une fessée plus forte, voire pire. Les pauvres, ils sont tiraillés entre leur omniscience de badaud qui freine pour regarder les accidents de la route et leur conscience de gens bien pensants. Je les plains. Nan, sérieux.
Tous, en tout cas, ont sur le front la même phrase: "Mon Dieu, et dire qu'elle en a un autre qui arrive!"...

Ma grande gueule n'a pas voulu s'ouvrir, je les ai laissé penser ce qu'ils voulaient... En priant pour qu'ils aient tort.
J'ai eu peur, j'ai eu honte, je suis rentrée chez moi avec mal au ventre et mal au coeur...

"Mon Dieu, et dire que j'en ai un autre qui arrive!!!"...



Allez, il a quand même réussi à se faire pardonner...


12/09/2007

J'ai testé pour vous: "Martine is not dead"!

Depuis quelques semaines, a disparu l'excellent site http://martine.logeek.com/ qui m'a valu bien des fou-rires! C'était THE buzz de l'automne mesdames et messieurs, euuuuuuuuuuunnnbeulivèbeul (pour les connaisseurs des "têtes à claques")!!!
N'ayant rien sauvegardé, je me désolais de ne pouvoir partager avec vous ce petit bijou de subversion délicieusement impertinent et complètement délirant! Et en faisant des recherches et en trouvant quelques images au hasard de quelques forums et blogs, je vous ai trouvé quelques perles!
L'idée de génie du site était de pouvoir générer de faux albums de Martine (cette chère compagne de notre enfance, vive les années 80) en choisissant une couverture et en détournant le titre.
Les éditions originales ayant demandé l'arrêt du site ("à l'amiable" il paraît, censure quand tu nous tiens...), paix à son âme, napu site. Merdoum.

Bon, OK, forcément ça prête à la dérive, et même certains extraits que j'ai dénichés pour vous sont un peu "limites" mais bon, j'ai mis ce que j'ai trouvé, ne criez pas au scandale, ce n'est que de l'humour... Très actuel parfois! (y'en a quand même que j'ai pas mis, faut pas pousser Mémé dans l'escalier.)




























































11/27/2007

J'ai testé pour vous: "La gastro qui fait aussi suicide collectif"

Vendredi 23 novembre, huitheureszérozéro:

Je me réveille nauséeuse, j'ai rêvé que je mangeais du chocolat... Etrange...
Je me lève... Et en fait non, je ne me lève pas, y a pas moyen comme on dit. Je ne me lèverais pas (sauf pour dégobiller) avant 15h30 en fait, et resterais vaseuse deux jours... Et merde!



Samedi 24 novembre, cinqheuresquarante-cinq (ouioui vous avez bien lu!):

Noah se réveille, chante, secoue toute la maison par ses vocalises... Mince quoi, je suis encore dans le pâté moi! Bon, OK, on se lève...

huitheurestrente: time to go to bed!
Mon Noah, tu as bien besoin d'une sieste! Hop là. Ouh là là plutôt: l'odeur dans la chambre ne me dit rien qui vaille... Je vérifie le lit de bébé avant de coucher le gnôme, malheur, horreur, consternation, enfer et damnation enfin la totale quoi, le plumard est plein de vomi! RE-MERDE!

neufheuresetdesbrouettes: tout est propre, la chambre sent à nouveau le pin et la violette (enfin pas vraiment, mais au moins elle ne te prend plus le nez entier jusqu'aux bronches avec l'odeur de vomi séché.................), Vomito est endormi. Ouf.



Dimanche 25 novembre, dixheuresoupresque:

Guillaume est comateux... Mon oeil averti (et mon estomac encore endolori) reconnaît les symptômes... Les bruits qui viennent des toilettes ne trompent personne: LA GASTRO EST LA!!!

Guillaume sera plus atteint que moi ce jour-là, et Noah continue tranquillou à remplir 7 ou 8 couches non sans une hilarité certaine car mon petit bijou d'élégance et de distinction n'aime rien plus que ses propres euh... créations bruyantes et odoriférantes, voyez vous?



Lundi 26 novembre, septheuresetdemie (quoi?? déjà??? pfff)

L'humeur n'est plus à la rigolade. Noah se lève, il a du caca partout des pieds à la tête... Il est amorphe, réagit à peine... Je le déshabille, je le mets au bain, je le sèche, je le secoue, je vois ses yeux se fermer, son petit corps devenir tout mou, il s'endort... Il ne bouge presque pas. Il boit un peu d'eau, un soluté de réhydratation, mais sinon il se blottit contre moi, en boule, les yeux lourds...

Mon amie, ma grumelle Sabrina, me regarde avec un air que je n'aime pas. Je sais qu'elle va me dire quelque chose que je n'ai pas envie d'entendre. Et je sais déjà qu'elle a raison. Il faut aller aux urgences...

Là-bas, nous sommes pris en charge très rapidement, Noah est pesé, il a perdu 500 grammes. Il ne réagit à rien, il ne ronchonne pas, et pour nous qui le connaissons ce constat est pire que toutes les couches remplies qu'il a pu nous faire ces deux derniers jours...

On nous parle de déshydratation, de gastro-entérite aiguë, d'hospitalisation...
Je réalise que derrière ces mots il y a une peur, réelle et fondée, mon petit bonhomme est vraiment mal en point...

On applique de la crème anesthésiante, on fait une prise de sang, en laissant ensuite le cathé en place, en cas de perfusion à l'étage, ainsi une autre piqûre ne serait pas nécessaire.

Noah ne garde rien, tout repart en diarrhée, même - et surtout - l'eau. Le bilan sanguin est normal, à part une anémie causée par la gastro.

L'admission est décidée. On nous attribue une chambre mère-enfant. Au secrétariat, je n'écoute pas les questions de la dame, je lui fais remarquer que dehors, un avion décolle, je lui parle de Noah...

Arrivée à l'étage, on me montre le fonctionnement de cette unité mère-enfant, la salle des parents (déjà, une jeune Maman me propose de partager son plateau), les repas à aller chercher à l'office... Et les consignes me sont données: Noah ne doit rien avaler. Pas même de l'eau. Ou alors un peu, avec le soluté de réhydratation. J'insiste, mon petit bonhomme pleure de soif...

On met la perfusion en place, Noah se débat, j'ai mal au coeur... Guillaume et moi devons le tenir pour que les infirmières puissent travailler. La perf ne passe pas... Il y a un caillot. La soignante arrive à l'atteindre et le retire. Le produit passe. Ah, non. Noah s'appuie sans cesse sur la main en question, pliant le tuyau... Il faudra lui mettre une attelle en place, qui finalement n'empêchera pas l'alarme de sonner régulièrement.

Mon bébé dort un peu, la famille est prévenue. On me propose un plateau-repas, que j'accepte. Dans la salle des parents, la Maman de tout à l'heure, Laïla, partage mon repas. Elle n'a pas eu de chance, pas de chambre mère-enfant pour elle, et pas de plateau-repas. Sa petite fille a 29 jours, elle a une bronchiolite. Elle est Tunisienne. Sa belle-soeur lui amène des plats qu'elle a préparés et du thé. Laïla partage tout, et de bon coeur. Moi, je n'ai pas très faim, je lui passe donc mon plateau, on parle bébés, allaitement, hôpital.

Je retourne dans la chambre, Guillaume peut partir manger un morceau, enfin, il est plus de 14h et il n'a rien mangé non plus, encore faible de sa journée d'hier.

Je ne peux donner que peu à boire à Noah, et il se jette dessus. En fin d'après-midi, on m'autorise à lui donner une compote pomme-banane, on progresse.

Le soir, je vais chercher mon dîner. L'assiette n'est pas appétissante... Laïla me fait réchauffer du poulet au piment avec des spaghettis, ça pique, c'est chaud, c'est offert du fond du coeur, et ça fait du bien... C'est fou comme la solidarité rapproche les gens. Nous buvons un thé. Je rassure une Maman dont la petite fille de deux ans est hospitalisée pour asthme.

Guillaume doit repartir, je ne sais pas comment endormir Noah. Finalement, je reste auprès de lui et je somnole. Cette satanée alarme n'arrête pas de sonner, à chaque fois il faut appeler l'infirmière pour qu'elle appuie sur le même bouton...



Mardi 27 septembre, jesaispasquelleheuremaistroptôt:

Au matin Noah se réveille et je SAIS qu'il va bien. Il chante, joue, il n'a plus ce regard fiévreux, il veut marcher, il a faim, et il en a marre d'être perfusé!

D'ailleurs, l'alarme sonne encore. En fait, le cathéter était pilé. Pour le savoir, il a fallu débander toute la main, enlever les sparadrap... Plus facile à dire qu'à faire, Noah ayant retrouvé toute sa vivacité, ça n'a pas été une mince affaire...

On lui donne un biberon qu'il avale d'une traite. Va pour une compote.

Je vais en salle des parents retrouver Laïla et prendre le petit déjeûner. Là encore, bavardages, conseils et partage sont au rendez-vous. Je prends soin de noter son adresse, j'ai encore une boule de gratitude au coeur en pensant à ce dîner simple et somptueux qu'elle m'a offert.

Le médecin passe, elle est contente, Bébé pèse 10,880kg, soit 200 grammes de plus qu'hier. En bref, Noah était gravement déshydraté, mais les soins l'ont requinqué, eau, sel et sucre. Trois éléments simples qui sont essentiels, et qui lui ont redonné ses couleurs et son tonus!

C'est le coeur léger que je vais déjeûner dans la salle des parents: après le repas, nous rentrons à la maison! Et nous ne sommes pas les seuls: la petite fille de Laïla, ainsi que la petite asthmatique, ont leur bon de sortie également.

Et nous voilà repartis...


Dans le bureau des admissions, pour enregistrer le bon de sortie, je regarde par la fenêtre. Aucun avion à l'horizon... Je me dis...

Jusqu'ici, tout va bien.

11/20/2007

J'ai testé pour vous: "Ma face aux Maternelles"

J'avais répondu à l'appel à témoin un peu à l'arrache, "les petits maux de la grossesse" disait l'annonce...

Après quelques coups de fil, le rendez-vous est pris pour le jeudi 25 octobre au studios de Boulogne-Billancourt!
Je m'arrange (merci Sabrina de m'avoir hébergée!) et m'y voilà, après la bagatelle d'une heure et demie de bouchons pour faire vingt kilomètres en taxi!

Case ravalement de façade et domptage de crinière folle (j'aurais pu témoigner dans "je suis moche mais je me soigne"), et hop, un petit thé à la menthe plus tard, on s'installe.

Je me dis "Michelle, pense à surveiller ton langage!", je dis à la productrice que j'ai peur de dire des choses regrettables, ça serait trop bête que "les petits maux de la grossesse" deviennent "les gros mots de la grossesse", enfin moi c'que j'en dis... Après tout il reste toujours le montage.

Pendant ce temps, à Véra Cruz (en régie, en fait), Noah fait le clown, amuse les techniciens et joue à coucou-beuh avec toute l'équipe...

Tout a été enregistré très vite, quasiment sans ratage, et ça laisse un goût de trop peu... Certaines questions ont été évincées, certaines réponses ont été éludées... Je n'ai pas pu parler du blog, ni du fait que j'étais malgré tout épanouie, heureuse, que j'ai adoré porter mon fils, que je ne me suis jamais trouvée aussi belle que quand il me faisait un ventre rond...

L'humeur était donc mi-figue mi-raisin à la sortie, d'autant plus que le taxi qui nous a ramenés était tout simplement odieux et malhonnête (vive les taxis G7!), ça c'est pour la petite histoire!

A la diffusion, sentiment en demi-teinte. Pas un mot sur ma positivité, mon impatience d'être enceinte à nouveau, ni sur la césarienne, qui fait pour moi partie du tableau.

Mais en fin de compte, une jolie expérience et un moment somme toute super sympa!

Au passage, visible jusque jeudi ici: www.france5.fr

Si vous l'avez vu, dites-moi ce que vous en pensez!

10/09/2007

J'ai testé pour vous: mon fils est un sale petit ingrat!

Oui oui, vous avez bien lu!

Déjà que Môôôssieur avait décidé d'affirmer son caractère bien trempé (je me demande bien de qui il tient ça...) il y a quelques semaines, nous avons eu le plaisir d'assister de près à une authentique grève de la faim comme on n'en fait plus. Avec crises de panique et tout et tout. Et même des larmes. Rien que ça. Le mai 68 de la petite enfance. La crise de pré-pré-pré-ado. Damned.
Même avec l'assiette Kirikou ou la cuillère Mickey qui change de couleur quand c'est trop chaud.
Même avec les morceaux, sans morceaux, même en soupe ou en potage.
Bon sang, même avec de la Vache-vous-savez-quoi!!!

Il ne se nourrissait plus que de lait, de yaourts, de compotes et de gâteaux. (Tu le vois le caprice? Tu le vois??)
Je vous raconte pas les couches...

Au bout de quinze-vingt jours, puis presque un mois, en désespoir de cause et obligée de lui remettre ses pantalons en 12 mois parce que les autres lui tombaient sur les pieds, on part tous en route pour le cabinet du médecin, la mort dans l'âme.

Et ça n'a pas raté...

Tssssss... Trop fusionnelle, mon ***!

Bref, physiquement tout va bien, et forts du principe bien connu selon le quel "aucun enfant ne se laisse mourir de faim", nous autres pauvres parents tenons bon... Enfin, au moins à tour de rôle mais on fait ce qu'on peut, c'est épuisant tout ce cirque, et puis après une demi-heure de chansons, de jeux, de chantage (oui oui!!!) pour faire ouvrir la bouche au gnôme réticent, on a moyen envie de faire gouzi-gouzi et d'imiter l'avion en faisant voltiger la cuillère qu'on tient avec le doudou, transmuté pour l'occasion en marionnette... Vous voyez le tableau?

Bon, après moults interrogations internes et remises en question et tout le tralala, il s'est avéré que Môôôssieur a tout simpement décidé de ne rien avaler que j'aurais fait de mes blanches mains.

Le petit ***.

Le Schtroumpf est donc au régime Blédichef-tant-pis-pour-ta-gueule parce que aller au marché chercher des légumes frais et lui faire ses repas tous les jours, pour qu'il me les recrache dans le bavoir, ce n'est ni économique, ni rapide, et en plus c'est vexant.

Sainte Blédina priez pour moi.