1/10/2012

J'ai le mal de mère...

C'est le mal qui te ronge à petit feu, quand tu retournes à la vraie vie du vraie monde et que tu abandonnes lâchement tes monstricules à l'infernal duo Nounou/école.

Le mal de mère, tu le sens quand ces petites faces d'ingrats se greffent à ta jambe quand tu les laisses et que quelques heures plus tard ils s'accrochent à celles de Nounou pour ne pas rentrer à la maison.

Le mal de mère, c'est la culpabilité. J'en frissonne. Caca boudin. Tu peux pas t'en empêcher, ça te bouffe, mais tu fonces tête baissée dedans parce que quelque part au fond, tu sais que tu as raison de te battre.

Parce que reprendre sa vie après être restée à la maison se concentrer sur ses gamins, c'est juste archi-brutal. Pire quand tu reprends tes études. 24 heures dans la journée n'y suffisent pas. Et je ne me lance même pas sur le terrain des nuits!

Toute la journée ce mal me tiraille... La logistique est compliquée et parfois vacillante, j'ai l'impression de marcher sur un fil, marcher sur des oeufs, marcher sur l'eau, marcher à contre-courant... Mais je marche!

Je cherche toujours un peu partout mon sommeil, mes neurones, mes mots, ma patience, mes clés, des baby-sitters au pied levé...
Je jongle avec les microbes, les emplois du temps de tout le monde, les pipis intempestifs, les contraintes de mon école, les contraintes de leur école...
J'aimerais pouvoir me partager entre mes cours, la maison, la famille, les potes (oui, je suis une copine en carton depuis la rentrée, je m'en excuse puissance mille)...
J'ai oublié d'envoyer mes cartes de remerciement pour le mariage (depuis juillet!), mes cartes de voeux (je laisse tomber), de payer la cantine des enfants (oups), de sortir ma lessive de la machine...

Bref. Je suis une grosse nullarde de l'organisation.

Oui, je culpabilise. Non, je ne regrette pas :)

12/21/2011

Et après cette fin du monde-ci...

Viendra la prochaine.

C'est ça qui est rassurant, au fond, dans le principe d'avoir toujours une fin du monde devant soi.

Là, par exemple, logiquement, dans un an comme maintenant, vous et moi commencerons à entrevoir le début de la fin, ou l'inverse.

Mais, comme dans toutes les fins du monde précédentes, on pensera à la fin de la journée que, ouf, "so far, so good", c'était pas pour cette fois.
Je ne donne pas un mois au prochain prophète pour annoncer l'inévitable et tout à fait certain cataclysme suivant.
Ce qui est funky, c'est que maintenant même le cinéma s'amuse des différentes catastrophes imminentes, j'imagine le pitch: "Allez on va en faire un film pour rigoler, genre ne prenons pas ça trop au sérieux mais saupoudrons-les un peu de peur quand même histoire de relancer la consommation!". Je m'égare.

On m'a demandé aujourd'hui ce que je ferais si la fin du monde était demain.
Fastoche.
Je ferais comme aujourd'hui. Je ferais comme tous les jours.

Je suis une mécréante. Armageddon peut se pointer, même pas peur (ne venez pas sans Bruce)!

Parce que moi, la fin du monde, c'est un petit peu tous les jours.
En ce moment, par exemple, j'essaye de tenir une maison, de bosser pour des examens hyper relous, de préparer Noël, toussa toussa, le tout alors que garçons sont malades mais néanmoins très en forme, sinon c'est pas du jeu.
Ils sont bien malades, donc, et, dommage collatéral, sont sous corticoïdes. Pour les non-initiés, en gros, ils seraient sous amphétamines que ce serait pareil. Mister R ne limite plus son périmètre de sévices à la cuisine et a découvert que les toilettes offraient tout un éventail de bêtises encore inexplorées, et Mister N laisse libre cours à sa crise de rebellitude pleurnicharde. Ils ont l'énergie pour, eux.

Encore que, parfois, il faut bien s'arrêter. Pas plus tard qu'hier soir, Fifils Premier s'est interrompu net en plein showcase privé, au milieu de sa propre version de "Qui a peur du loup?" (chorégraphie incluse), en expliquant que "Pardon messieurs-dames, je fais 'pause' là parce que j'ai un ongle cassé!"

Comme quoi, tout espoir n'est pas perdu!

11/05/2011

Yes We Can!

Il y a 3 ans, l'histoire était en marche... Et mon tout-petit, mon bébé-surprise, mon deuxième petit soleil plus brillant que le soleil, arrivait enfin...

Il y a 3 ans, j'ai gravi une montagne, j'ai couru un marathon, j'ai livré une bataille contre et avec mon ventre, un combat "sans arme ni violence", un combat sous la forme d'une fête, d'une fin, une révolution, un séisme...

Il y a 3 ans, le ciel s'allumait chez nous, les Américains s'endormaient après la liesse, c'était un matin de novembre comme un autre, et pourtant tout avait changé.

Il y a 3 ans, nous étions enfin 4.


Du fin fond de notre petite maternité Normande, j'avais l'impression d'avoir changé le monde. Je me sentais prétentieuse mais ça n'avait pas d'importance. Nous étions forts, nous avions réussi!

Il y a 3 ans, j'ai pensé que tout nous avait menés jusqu'à cet instant, cette seconde, tout n'avait été que chemin jusqu'à cet endroit, ce moment, cette illumination que fut Ton arrivée, mon "tout-petit" Mister R. de 4kg190. Notre histoire, nos rires, nos peines, nos colères, la merveille de l'existence de ton grand frère (à défaut de celle de sa naissance...), et enfin, Toi.

Je ne me lasserai jamais de repenser à, de raconter, de relire ton arrivée.
Camille Laurens écrit "On ne revient pas de la naissance, on y reste, on y est toujours."
J'y suis toujours... et je n'en reviens pas. Je ne veux pas en revenir. Je puise mon énergie dedans, grâce à vous trois mes hommes, pour vous trois.

Oui mon petit bonhomme, tu as changé tout ça, tu es tout ça, et je dois m'y faire, tu as 3 ans déjà.



Et si comme moi, tu ne t'en lasses pas... Ou si tu as raté les épisodes précédents (mécréant!):

11/02/2011

J'ai mal aux pieds.

J'ai mal aux pieds parce que j'ai mis des chaussures très inconfortables. Je mets toujours des chaussures qui me torturent les pieds quand on enterre quelqu'un que j'aime...
Je me permets un petit plagiat mais mes mots seuls ne sauraient dire la peine qui fut la nôtre en ce lundi qui aurait pu, qui aurait dû, être comme tous les autres, et qui fut larmes, obscurité et absence... Au revoir Tonton, j'espère que tu as trouvé ton Champamé là-haut.

"Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,
Empêchez le chien d’aboyer pour l’os que je lui donne,
Faites taire les pianos et sans roulement de tambour,
Sortez le cercueil avant la fin du jour.

Que les avions qui hurlent au dehors
Dessinent dans le ciel ces trois mots : Il Est Mort,
Nouez des voiles noirs aux colonnes des édifices,
Gantez de noir les mains des agents de police.

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson,
Je croyais que l’Amour jamais ne finirait : j’avais tort.

Que les étoiles se retirent ; qu’on les balaye ;
Démontez la lune et le soleil,
Videz les océans, arrachez les forêts ;
Car rien de bon ne peut advenir désormais."

Wystan Hugh Auden (1907-1973)

8/20/2011

Le top 10 des boulots qui font rêver les gosses...

... Et pas forcément les parents!

Maître(sse) du Monde. Un classique. Ca a un côté très "Minus et Cortex". En général, principalement pour pouvoir faire ce qu'il/elle veut sans avoir à demander à Maman. Rarement pour enrayer la faim dans le monde ou répandre la Paix sur Terre.

Prince/Princesse. En toute logique à moins d'être né(e) Windsor ou Grimaldi c'est mal barré. Et puis, en vrai, c'est pas si glamour, bonjour le protocole.

Eboueur/Technicien(ne) de surface. C'est plus fort qu'eux, les camions-poubelle ça les fascine. L'aspirateur les hypnotise. Ca n'a rien de déshonorant, que les choses soient claires. Mais depuis que la femme de ménage a été glorifiée dans un épisode des "Héros de Higglyville" y a eu des vocations!

Pompier. Surtout pour faire pin-pon!

Gendarme. Ou alors...

... Bandit. Ou Pirate. Un truc cool quoi. Le fait que dans la vraie vie ça soit le chemin le plus sûr vers le croupissement en prison est un détail négligeable!

Voiture de course. La faute à Flash McQueen. Au secours, quoi!!!

Pilote. Indifféremment de train, d'avion, de fusée, de bateau, de vaisseau spatial intergalactique, de kart...

Mangeur(se) de tout et de rien. Sauf de légumes verts, bien sûr.

Rien. C'est ce que répond Mister N quand on lui pose la question. Rentier? Glandeur professionnel? Homme-statue? Il précise pas... J'ai peur.

7/19/2011

Et que chacun se mette à chanter!

Je ne sais pas vous, mais moi j'ai en permanence une chanson dans la tête, y a jamais le silence là-haut, même quand je le voudrais bien...

La musique étant une partie intégrante de ma vie, j'ai choisi avec soin les morceaux qui ont jalonné notre belle journée d'union.

Alors je tenais à vous faire partager ce petit chemin vers Nous.

Pour souligner notre arrivée à la mairie, vous pouviez entendre ceci: Anyone Else But You (Moldy Peaches)

Pour nous accompagner à l'entrée de la salle de réception, vous pouviez chantonner cela: Accidentaly In Love (Counting Crows) et Love Of My Life (Queen)

Et enfin, avant de débuter une soirée de folie arrosée de Rock comme il se doit, vous pouviez nous regarder "valser" sur ça: Guiding Light (Muse)


Je sais pas vous, mais nous on a kiffé!

7/17/2011

Leçons de choses

En regardant le temps par la fenêtre, j'ai décidé de coller mes gnômes devant un film de saison: "Maman, j'ai raté l'avion!". Histoire de profiter de la météo pour diffuser l'esprit de Noël.
Ca m'a fait réaliser premièrement que quand tu as plus de 8 ans et que tu es passé du côté obscur de la force, ce film c'est pas une comédie c'est un film d'horreur! Non mais franchement. Oublier son gosse de 8 ans à 6000km de chez soi, et ne pas mourir de honte ou pourrir en prison, portnawak.

Ensuite, les héritiers étant complètement pétésdelol devant la douleur des méchants torturés par Macauley Culkin, on a fait une petite mise au point sur les gentils et les méchants en plus d'un petit récapitulatif de tout ce qu'on ne touche, n'approche, n'escalade, ne fait JAMAIS dans une maison.

Donc, les gens méchants sont malheureux (et non pas forcément l'inverse) et ne gagnent jamais à la fin des films (dans la vie c'est une autre paire de manches). Parce que les gens méchants existent en vrai. Oui Fi-fils Premier, les dinosaures aussi ont existé mais il y a très très longtemps. Non je ne les ai jamais connus.

Est-ce que les gens méchants disparaîtront un jour? Peut-être. Mais d'ici là, mon fils, les dinosaures auront sans doute réapparu.



7/16/2011

Au fond, je suis une greluche qui s'ignore...



J'ai jamais été très "grand mariage", grosse robe meringuée et chignon multi-épinglé. La plupart des petites filles rêvent de se marier en blanc immaculé lors d'une journée totale-princesse avec péniche toute de blanc vêtue et montagne de choux à la crème digne de l'Everest enrobé de sucre filé...

Moi j'avais déjà tout... L'homme-adoré, les Enfants-chéris et tout et tout. Mais on s'est dit qu'une bonne teuf pour fêter ça avec ceux qu'on aime, c'était cool aussi. Ainsi fut décidé, ainsi fut fait!

Mon coeur a craqué pour une robe qui avait tout de ce que je refusais en bloc (à condition d'avoir des baskets en dessous!). On a respecté un petit package de traditions malgré nos 6 ans de vie de pécheurs. Et on n'a rien vu passer (de toute façon, tu prépares un an à l'avance, et après... Hein Frédoche?), et on a kiffé, et on a bisouté, et on a dansé...

Se marier quand tu as déjà derrière toi une vie de famille avec de vrais morceaux d'enfants dedans, c'est toujours un peu décalé et beaucoup très compliqué point de vue logistique. Mais on a réussi à éviter les clichés, le ridicule, et les catas.

Au final on était super beaux (je sais pas pour Chéwi mais perso, c'était pas naturel hein, y avait des heures de taf en amont!), archi-méga-super-top heureux de la présence de chaque personne à nos côtés, et la tête pleine d'étoiles, de souvenirs, et de morceaux de soleil venus de nos futures années ensemble...

Il me tient à coeur de remercier tous ceux qui ont été présents avec nous (en vrai ou par la pensée) et qui ont participé de près ou de loin à tout ce bonheur dont nous avons été inondés lors de ce beau jour, vous avez apporté tant de soleil alors même que la pluie tombait (le prochain qui glousse "mariage pluvieux, mariage heureux", même en le pensant juste très fort, se verra infliger la mort dans d'atroces souffrances sur fond d'Hervé Villard, j'aurais prévenu), et vous avez rendu ces magnifiques instants inoubliables!

Mais juste au cas où les souvenirs se terniraient, j'ai 700 photos qui dorment!



7/01/2011

Je suis une gueudin et j'assume.


Si vous aviez un doute quant au fait que je suis sérieusement allumée, n'en ayez plus!

La définition de la folie, outre le fait de recommencer incessamment la même expérience en espérant obtenir un résultat différent, ça doit être ceci:

- Personne dotée d'un (petit peu de) cerveau, affublée de deux excroissances bruyantes et remuantes, accompagnée d'un conjoint qui travaille à des heures pas normales, noyée sous les préparatifs d'un mariage imminent, qui décide d'entreprendre (à son âge, vous vous rendez compte?) des études longues de trois ans, prenantes et à horaires potentiellement pourris.

Parsemez tout de même tout ça d'un peu de fierté - carrément justifiée, excusez-moi du peu - de s'être plutôt pas trop mal classée à un concours difficile. Et me voilà.


Fifils Premier chantonne à qui veut l'entendre que "Maman va retourner à l'école pour être une fermière. Elle va faire des piqûres à des enfants. Pas à moi, mais à mon petit frère si elle veut!" mais qui s'inquiète quand même un peu de savoir si "Maman sera toujours quand même ma Maman, hein?".
Fiston Deuxième du Nom va devoir, du jour au lendemain, aller à l'école, à la cantine, et chez Nounou. Pour l'instant tout ce qu'il a à répondre à mes inquiétudes, c'est "Flash McQueen! Prout!"...

J'ai peur, j'ai hâte, je vis mon rêve, je flippe, je culpabilise...

J'ai quand même une chance insolente cette semaine, les préparatifs du mariage roulent, les résultats de mon concours m'ont ouvert ma voie, Mary Poppins herself s'est posée sur mon nuage...

Vu la cagnotte, et la quantité de tu-sais-quoi essuyée par mes blanches mains au milieu de tout ça malgré tout, j'ai fait péter 3 grilles à l'Euromillions ce soir, tu penses.




6/29/2011

Femme en blanc

Dans une semaine, si vous me cherchez, je serai celle en blanc.

Dans trois ans, si vous me cherchez, je serai celle en blouse blanche.

Avanti la musica!