5/18/2009

Regarde pas en bas!

La pilule, c'est bien. Le stérilet, c'est mieux. Surtout quand on sait ce qui peut arriver malgré la pilule (je vous aide: "ça" pèse presque 7kg, ça pleure et ça dort pas la nuit).

Par contre le stérilet c'est un peu plus flippant que la pilule. Mais je suis pas une chochotte.
J'ai quand même pleuré ma race, un peu.

Bizarrement, depuis, mon portable ne fonctionne plus très bien... Des interférences???

5/05/2009

Mi, c'est la moitié d'un tout...

Au commencement j'étais à moitié dans le cake, mais il faut dire aussi que nous ne faisons pas les choses à moitié, et que mine de rien l'accouchement n'avait pas été la moitié d'un marathon!



Et déjà, en ce 5 mai 2009, ma chère Moitié et moi, à moitié émus, ainsi que Noah la demi-portion, mi-figue mi-raisin, sommes fiers de vous annoncer à demi-mots que notre cher Robin, qui n'en est pas la moitié d'un et qui ferait même un excellent demi de mêlée, fête aujourd'hui sa demi-année!

L'occasion de célébrer ce grand événement devant un demi, et de vous montrer que question photos, nous ne faisons pas dans la demi-mesure!





4/06/2009

Noah, ou l'autre naissance...

Noah a 3 ans aujourd'hui... C'est déjà tant, c'est encore si peu...


J'ai longtemps hésité à réécrire le récit de cette "autre naissance", de peur de regretter de ne pouvoir réécrire l'histoire en même temps... De peur aussi, et surtout, que les mots aient le goût de mon amertume et de mes regrets plus que l'empreinte du bonheur qui fut le nôtre ce jour-là.
Mais je ne peux plus lire le récit que j'en avais fait, il est trop faussé par les oeillères que j'avais encore à cette époque, il est enjolivé par l'innocence qui était la mienne. Aujourd'hui j'ai l'impression que ces mots ne sont pas les miens. Qu'ils ne le sont plus...


Noah était désiré et attendu... La grossesse n'a pas été facile... Physiquement, à la lumière de ma deuxième grossesse, je sais que je me suis laissée enfermer par la peur inculquée par les médecins. Alors je suis restée à la maison, j'ai gardé mon gros ventre pour moi, j'ai été une bonne élève, j'ai pris mes 8 cachets par jour, j'ai accepté les hospitalisations, les monitorings... Mon col ne bougeait pas et c'était une bonne nouvelle à chaque fois. Mais alors, pourquoi? "On ne sait jamais", me répondait-on.

La césarienne a été évoquée très vite, vers 33 semaines, car le bébé était en siège. D'une voix timide, j'ose: "Mais... C'est obligatoire, la césarienne?"
"Oui, on ne peut pas accoucher par voie basse d'un premier bébé, en siège."

Si seulement...


Et voilà, je suis en train de faire ce que je ne voulais pas faire... Un récit plein de colère. Je m'arrête donc là sur les circonstances entourant la césarienne pour ne raconter que la naissance elle-même.


Je suis rentrée à la maternité le 5 avril 2006 au soir, le coeur plutôt léger.
Je n'avais pas peur. Je m'étonnais moi-même, à vrai dire! J'ai même regardé la Nouvelle Star ce soir-là.
Au matin du 6 avril, il gèle dehors... Guillaume arrive. C'est un grand jour! Mes mains ne quittent pas la douce courbe de mon ventre qui tressaute, plus que quelques heures...

Puis, l'attente... Car le bloc a beaucoup de retard... Quand on vient me chercher vers 10 heures je commence à me rendre compte que je ne sais rien de ce qui va m'arriver... Mais il est trop tard pour demander, trop tard pour reculer...

Vient l'humiliation. Rasage, sonde urinaire, rachi-anesthésie. Je suis allongée, paralysée, j'ai froid, et les portes du bloc s'ouvrent sur mon anatomie toute entière dévoilée aux yeux de tous... Ressaisis-toi Michelle, ton fils arrive, enfin... Je me sens partir... Quand mes yeux s'ouvrent l'anesthésiste me regarde avec inquiétude... Puis s'en va. Il le dit, il y a une IVG à côté et ils ont besoin de lui. Va donc.

La gynéco arrive, gaillarde, je suis derrière le champ opératoire et je cherche un regard, un contact, quelque chose, quelqu'un... Le regard viendra de mon fils, quelques minutes plus tard. Tu es là! Tu as les yeux grand ouverts, tu es si beau, tu me sembles si petit, j'ai peur que tu aies froid et je voudrais te réchauffer contre mon coeur, mais... Déjà tu t'en vas.

On me remet sur un chariot, je vois les autres bouger mes jambes mais je ne les sens pas. Je demande où on m'emmène: "En salle de réveil commune."
Alors là non, je n'ai pas fait tout ce chemin pour être séparée de mon bébé lors de ces heures si cruciales! Je passe pour une emmerdeuse, mais au final on nous trouve une salle de naissance où nous resterons près de trois heures, en famille. Trois heures de découverte et de douleur... Je ne comprend pas, tout est programmé, préparé, minuté, pourquoi ai-je si mal? La réponse de la sage-femme a changé ma vie, bien plus tard. Quelques mots qui seront à jamais gravés dans mon coeur, dans mon ventre, comme tatoués sur cette cicatrice aujourd'hui si fine et pourtant si présente:

"Un ventre, Madame, ce n'est pas fait pour être ouvert!"

Je n'apprécie pas mais je ne comprends pas... Alors je n'y penserai plus avant plusieurs semaines...

Le retour en chambre restera, je l'avoue, un des pires moments de ma vie. Ce couloir qui n'en finissait pas, les dames qui me roulent sur mon lit, je hurle... Je hurle de douleur pour la première fois de mon existence...

Mais tu es là. Moi qui ai toujours voulu être mère, aujourd'hui TU m'as fait ce cadeau... Rien d'autre ne compte!
Rien d'autre ne comptera plus que tes yeux dans les miens, que tes mains qui me frôlent, que ta bouche contre ma peau, rien d'autre ne comptera plus jamais que ton amour, ton bonheur, ta confiance... Merci mon fils de nous avoir choisis pour te guider sur ta route. J'étais mère avant d'être mère, et pourtant tout a changé...

Le séjour à la maternité fut difficile, je culpabilisais de ne pas me remettre mieux, plus vite, je n'osais pas m'opposer aux puéricultrices qui me conseillaient des choses que mon coeur refusait...

Une fois rentrés chez nous j'ai vraiment fait de ce bébé le mien, je me suis adaptée à son rythme, j'ai re-fusionné avec lui, à nouveau nous ne faisions qu'un, envers et contre tout et tous.
Ce qui "aurait pu arriver" est loin derrière nous.
Les "Et si", les "J'aurais pu, j'aurais dû" ne me hantent plus parce que de toute façon, cette naissance, c'est la sienne, elle fait de lui ce qu'il est et de moi qui je suis. Cette naissance m'a permis, par la suite, de VIVRE pleinement mon second accouchement. Car oui, j'ai eu mon AVAC ensuite... Mais il n'aurait pas été mon AVAC si Noah n'était pas né par voie haute.

Je ne réfléchis plus en termes de "Si les choses avaient été différentes" puisqu'elles ne le sont pas, de toute façon, et que je préfère aujourd'hui écrire sereinement le présent, page par page, et mon présent c'est LUI, c'est EUX, ils sont ma chair, mon oxygène.

Leur naissance est gravée dans mon corps de mille façons, et je ne voudrais pas qu'il en soit autrement.

A toi, Noah, qui a orné mon ventre d'un grand sourire, et qui illumine ma vie chaque jour un peu plus...
Bon anniversaire mon fils adoré!


4/04/2009

Vous avez demandé le 15? Ne quittez pas...

Un samedi après-midi ordinaire chez Grand-Mamie. Guillaume est parti tenter de gagner une croûte ou deux au poker (c'est sa phase "Patriiiiick"). Noah commence à tourner autour de la table en râlant...

"J'ai bobo au ventre Maman!"

OK, je pars à la pharmacie essayer de trouver quelque chose pour le soulager. Une fois là-bas, Belle-Maman m'appelle: Noah vomit, l'heure n'est plus à la gaudriole, hop, chez le médecin. De garde (m**** forcément, comme toujours!).
Le pharmacien n'a pas le numéro du médecin de garde, mais veut bien appeler la gendarmerie. Qui lui dit d'appeler la régul au 0 810 je-sais-plus-quoi. Qui lui dit d'appeler le 15. C'est laborieux mais on va y arriver...
La "dame du 15" donc, pose tout un tas de question au pharmacien par téléphone. Le pharmacien transmet: "Et l'enfant là, il est tout seul à la maison?"

"Evidemment. Mon fils de trois ans est seul, malade, à la maison, avec son petit frère de 4 mois 1/2, qui d'ailleurs vient de m'appeler pour me dire que le grand vomissait!"

Je prends le téléphone. Il faut donner le numéro et l'adresse de la Grand-Mamie. Heureusement qu'une cousine de Guillaume était avec moi et a pu donner les précieux (et vitaux, de tout évidence) renseignements.

"Madame, vous êtes juste à côté, rentrez-y et je vous rappelle quand vous serez là-bas."
"Et me donner le numéro du médecin de garde c'est pas possible?"
"Rentrez. Je vous rappelle."

Chef, oui, chef.

Je monte dans la voiture. Le téléphone sonne, c'est Belle-Maman: "Une dame du 15 vient d'appeler!"
"Elle a cru que je m'étais télé-transportée??"
"Sans doute! En tout cas, on a rendez-vous à 18h15."

Chef, oui, chef.

On embarque Noah et Robin dans la voiture, il pleut des cordes... On arrive près du cabinet, Noah n'est pas bien, et paf dans la voiture. Tant pis.
Je me gare à la one again devant le cabinet. On sort. On sonne. On tape. Rien...

Je rappelle la "dame du 15".
"Euh, on est devant le cabinet là on a rendez-vous mais personne ne nous ouvre!"
"C'est pas possible!"
"Si je vous le dis!"
"Mince..."
"Comme vous dîtes. C'est possible de faire quelque chose là??"
"Vous vous énervez!"
"NON j'm'énerve pas j't'explique!!!!!!!!!! Je suis dehors sous la pluie avec mes enfants dont l'un vomit tripes et boyaux et personne ne m'ouvre la porte du cabinet de médecin avec qui vous m'avez pris rendez-vous!!! Mettez-vous à ma place un petit peu..." (je tente la corde sensible...)
"Attendez j'appelle le docteur."
"Faîtes donc."
Musique d'attente.................

La porte du cabinet s'ouvre, voilà le docteur! Elle nous sourit:
"Ben, vous avez pas sonné?"


Les routes de l'enfer sont pavées de bonnes intentions... Et inversement.

2/28/2009

Liste non-exhaustive...

... De tous les trucs que j'aime et que je ne peux plus faire!

- Prendre un long bain chaud
- Bouquiner comme si le monde autour n'existait plus
- Faire les boutiques juste comme ça
- Broder
- Cuisiner tranquille
- Ecrire tranquille
- Aller faire mes courses en une demi-heure à tout casser, aller-retour compris
- Ecouter de la musique à fond
- Porter mes fringues en taille 38 (loiiiintain souvenir)
- Me maquiller
- Regarder Dr House
- Prendre mon temps...


Faites des gosses, me direz-vous. Ouais, plein.

Mais en même temps, s'ils n'étaient pas là je ne pourrais pas...

- Embrasser mes bébés dans le cou quand ils sont encore tout chauds de sommeil
- Essuyer tendrement leurs larmes avec un baiser
- Fourrer mon nez dans leur petit ventre tendre
- Chanter une chanson avec Noah qui chante super faux
- Prendre Robin tout contre moi et le sentir chercher le lait
- Les regarder dormir
- Les entendre rire
- Prendre leur petite main dans la mienne et les sentir me serrer fort
- Renifler leurs cheveux, où je retrouve toujours un peu de leur odeur de naissance
- Les voir grandir en sachant que nous sommes leurs guides...


Les journées n'ont que 24 heures et après tout, le plus important, c'est leur bonheur! Alors je vous laisse deviner si je regrette, et à quoi je passe mes journées!...


2/13/2009

[Edit]

Petit (petite??? Non! Si??) aparté, j'ai rajouté au récit de la naissance de Robin un paragraphe qui m'avait échappé lors de sa rédaction, mais qui est divinement important à mes yeux...
Une parenthèse magnifique qui tient une place toute chaude dans mon coeur puisqu'elle tient pour moi du lien qui unissait déjà Noah et Robin avant même la naissance de ce dernier...

L'oubli est réparé, pour celles et ceux qui cherchent: ça se passe juste avant qu'on ne parte pour la maternité...

Bonne lecture!

Françaises, Français...

Oyez oyez, ouvrez tous bien vos esgourdes braves gens, nous avons une annonce à faire.

Sa Majesté des Mouches (M&M's pour les intimes) s'est enfin décidé à poser son seigneurial fessier sur le Saint Siège et à y apporter sa Royale contribution.

La cour toute entière était présente pour assister au sacre et la Reine Mère a enfin pu éteindre le cierge allumé dans l'espoir de cette journée, il y a déjà près d'un an. Tous les nobles sujets ont formé une ronde autour des latrines et dansé joyeusement la célèbre "Danse de la Chasse d'Eau".

M&M's a reçu pour l'occasion une couronne de chocolat et une tonne de baisers maternels.

Tout le monde s'en fout mais... Depuis le temps qu'on attendait ça!

1/26/2009

Ma vie à 100 à l'heure...

Le jour point. Ou pas encore, si ça se trouve.

SONNEZ TROMPETTES!!! Les lardons sont réveillées. En forme. Diantre.

Je regarde le réveil. Je calcule... Mmmm trois heures de sommeil d'affilée cette nuit, c'est correct (sic).

La première épreuve de la journée est de descendre avec Petit Lardon dans un bras et Grand Lardon au bout de l'autre. Ouf, on est en bas, chacun en un seul morceau (la plupart du temps...).

J'examine le salon et commence à me demander comment préparer le petit déjeûner de Noah, donner la tétée à Robin, ranger le bazar, mettre Cars, lancer le café, mettre au sèche-linge la lessive oubliée la veille, changer les couches, habiller les enfants... En même temps, bien sûr.

Je délègue et j'établis des priorités. Les enfants déjeûnent devant Cars et Maman déjeûne en rangeant la salle à manger jonchée de pièges sournois comme des petites voitures, et autres joujoux soigneusement éparpillés je vous laisse deviner par qui.

Robin s'est rendormi. Bon, je le changerai et l'habillerai plus tard.

Noah refuse d'être changé. J'insiste. Je menace... Et pour finir, je l'ai au chantage: "On enlève la couche, on va sur le pot et t'auras un chocolat Kinder..."
Ca marche. Pour l'instant. Il en profite pour faire un peu de "coucou la voilà" en courant dans la maison.

Noah re-veut sa couche.
Robin veut on-ne-sait-quoi mais il le veut en hurlant. Accident de tétine. Je la lui rends tout en dépliant les vêtements de Noah (soigneusement pliés puisque pas repassés, mais qui a le temps de repasser les fringues des enfants??).

Noah veut être rhabillé sans couche. Tiens, le fameux déclic dont tout le monde me parle serait-il enfin venu??
Je l'habille, slip Cars, pantalon Spiderman, la classe quoi.

Je change Robin et l'habille, tout en finissant mon café froid. Déjà cette heure-là!!?

Ce qui devait arriver arriva. Je change Noah. Drame car on ne peut plus mettre le pantalon Spiderman maintenant...
Je vais le laver.

MERDE! La lessive...
"Maman, on dit pas mègue, on dit MINCE AYORS!!!"

Et puis je vais faire quoi à manger ce midi? Spéléo de congélateur. Un repas patchwork on va dire, un peu de ci, un peu de ça. Pas du Gloubi-Boulga mais presque.

Chantage pour faire manger Noah. Gouzi-gouzi pour faire patienter Robin (qui éprouve immanquablement le besoin de tout et n'importe quoi au moment où je mange). Je finis par manger froid et/ou avec une main.

Comme toujours, Noah refuse la sieste. Zut-flûte-crotte, je n'y aurai donc pas droit non plus. Je vais faire la vaisselle, c'est reposant aussi.

"Ca va mon Noah?"
"Non, ça va pas."
"Oh, ça va pas mon chéri?"
"Non, ça va pas gu tout."
"Mince... C'est la fin du monde?"
"Non, c'est pas fin gu mongue."
"Ah bon ben ça va alors..."


Robin finit par s'endormir dans mes bras. je le pose délicatement et... Il se réveille en fanfarre.

"Noah tu veux qu'on aille se promener?"
"Non che veux pas, che veux Cars!"
Vous mentez honteusement: "Cars y marche pu, Cars y est cassé, y a pu de piles." (c'est ça ou la crise de nerf, ras-le-bol de Cars!!!)

Noah décrète qu'il est l'heure de goûter. Pleine de bonne volonté, en bonne maman-gâteau, vous tentez un fondant chocolat-amandes qui embaume la maison de sa douce odeur sucrée...

"Ch'en veux pas. Veux kèpes!" (des crêpes??? L'est fou lui! Vous lui dîtes avec diplomatie:)
"Tu rêves des genoux."

Quoi qu'il mange il s'en met partout.

MERDE! La lessive...

Tout votre beau rangement de ce matin n'est plus qu'un lointain souvenir, visiblement il y a eu dans votre salon une bataille entre les Légos et les petites voitures, avec Winnie l'Ourson en peluche comme arbitre. Vous prenez une boîte et jetez tout dedans. Vous menacez de tout mettre à la poubelle (ou dans un coin bien caché, ça coûte cher quand même!!). Avant de vous rendre compte que c'est trop tard: à quoi bon le menacer de jeter tous ses jouets s'il ne les range pas alors que vous venez de le faire à sa place? Punaise, elle dit quoi à propos de ça, Dolto??

Il vous a eue. Encore...

Et puis qu'est-ce que je vais faire au dîner? Vous pensez à votre copine qui fait ses menus une ou deux semaines à l'avance et qui les respecte. Vous êtes admirative, mais chaque fois que vous essayez vous ne vous y tenez jamais!

Ah, vous avez raté "Un dîner presque parfait". Tant pis.

"Maman, Binou y pleure!! Va donner sa tétine!!"
Euh oui, j'y cours...


Vous montez avec les deux monstres. Vous regardez l'étage... Et vous demandez intérieurement comment faire couleur l'eau, chauffer la salle de bains, déshabiller les enfants, préparer leurs vêtements, sortir les serviettes, lancer une lessive (MERDE!!! La lessive...), surveiller le dîner, passer l'aspi à l'étage et ranger les chambres infestées de petites voitures/Légos/puzzles... En même temps.

Je délègue et j'établis des priorités.

Les enfants sont lavés et en pyjama, je suis trempée bien sûr. Tant qu'à faire, en une minute top chrono, je saute dans l'eau restante, me débarbouille, hop là.

Vous avez mal délégué, le dîner sent méchamment le brûlé... Vous sauvez ce que vous pouvez sauver.

Noah joue aux petites voitures dans son assiette et Robin s'occupe du fond sonore. Vous mangez donc froid, avec une seule main, en faisant du chantage.

Je m'effondre sur le canapé. La table attendra demain. Le linge sale aussi. MERDE!!!! La lessive... Consciencieuse, cette fois, vous montez chercher la lessive mouillée, vérifiez qu'elle ne sent pas mauvais, et courez frileusement dans le garage enfourner tout ça dans le sèche-linge. Vous plierez demain...

Devant l'impossibilité évidente de suivre quoi que ce soit à la télévision (mais qu'y a-t-il à suivre de toute façon??), vous envoyez tout le monde au lit, réticent ou pas. Plutôt réticent que pas, d'ailleurs.

Vous pariez intérieurement sur l'heure de réveil de Petit Lardon. En général, vous êtes pessimiste ("3h maxi"), et l'homme carrément utopiste ("6h, ça serait bien!").


Vos yeux se ferment et vous repensez à cette journée, à la prochaine...

Et parce que la journée, si éprouvante soit-elle, est parsemée de moments de tendresse et de rires... Au fond, vous adorez ça!

12/27/2008

Retour sur la naissance de Robin

Je relis le récit de sa naissance et je me rends compte qu'il y manque tant de choses... Mais ces choses, en fait, sont peut-être faites pour être dites ensuite, plus tard...

Et me voilà, plus de 7 semaines après.

7 semaines après cet accouchement marathon mais magique, 7 semaines après l'arrivée au coeur de notre foyer de cette petite boule d'amour chevelue.

On dit souvent que l'accouchement est un événement violent pour l'enfant. Je n'ai pas eu cette impression, et j'espère que lui non plus (toujours moins que son grand frère, en tout cas...). Ce n'est pas possible et pourtant j'aimerais tant qu'il se souvienne comme moi de cette naissance, qu'il se rappelle du travail que nous avons fait ensemble, qu'il se remémore sa venue au monde comme une vingtaine d'heures de doux dialogue sans paroles entre lui et moi...

(Je tape ces mots et, près de moi, il rit dans son sommeil!...)

La césarienne est au coeur de tous les débats obstétricaux ces derniers temps... Et pour cause: il s'en effectue chaque jour plus que la veille... Et pas toujours pour les bonnes raisons, malheureusement.

Autant que je le pourrais je me battrai toujours pour aider celles qui, autour de moi, sont confrontées à la naissance d'un enfant. Celles à qui l'on impose des décisions qui n'ont de médicales que le nom, celles qui ont vécu un accouchement différent et qui ont mal, je serai aux côtés, si je le peux, de celles qui ont eu une césarienne justifiée mais mal digérée, ou pire, ce que je me suis laissée faire moi: une césarienne pour arranger le médecin. Et, de tout mon coeur, auprès de celles qui attendent une naissance et qui ont besoin d'être guidées dans leurs choix.

J'ai eu une chance incroyable de pouvoir vivre mon accouchement comme je le voulais plus que tout, et jusqu'au bout rien n'était sûr, nous avons écrit notre histoire ensemble, dans le respect et l'amour, grâce à une équipe disponible, compétente et engagée.
Je suis consciente aussi que mon accouchement avait une "fin alternative". Cette fin, je l'aurais acceptée sereinement, au vu du chemin parcouru. J'y étais préparée... Enfin je le crois.

Chacun de mes garçons a une histoire particulière, elles sont si différentes et pourtant elles sont parallèles dans ma tête, je ne peux l'empêcher...

Aujourd'hui je me dis que l'arrivée de Robin a pansé toutes mes blessures restées béantes, et m'a permis d'être sereine par rapport à la grossesse et la naissance de Noah, que je revis sans regrets, avec juste une pointe de nostalgie...

Ce petit bout d'homme, qui s'est invité par surprise, m'a appris la vie, m'a appris qui j'étais et pourquoi j'étais là. Chaque jour, mes enfants me dictent, sans mots, le chemin à prendre...

Et je me laisse guider, accrochée par le coeur, par mes deux merveilleux petits garçons. Je suis confiante, je sais que la route sera belle!


11/11/2008

Robin, ma Re-Naissance...

Quarante semaines arrivent... Et passent... Toujours pas de signe de toi.
Tu es au chaud, je suis toute ronde, attentive, impatiente...

La peur de la césarienne est seule à venir troubler mon esprit... Et si?...


Lundi soir, les pieds comme des pastèques et la tension limite, nous allons contrôler si tout va bien. Tout va très bien Madame la Marquise, tension pas affolante, col fermé, rentrez chez vous. "Chéri, on rentre, mais prends bien les bosses!"...

Mardi matin, Guillaume part travailler, je me réveille l'oeil sur l'horloge... 5h52... 6h... 6h08... 6h16... 6h24... 6h32... Un joli métronome. C'est encore léger, je n'ose y croire, au mieux ça se met en place tout doucement. Je me lève. C'est toutes les cinq minutes maintenant si je regarde bien.. Aha... Noah dort, Guillaume est en poste... J'attends.
Il est 9h et je commence à douter. J'appelle Guillaume pour qu'il rentre, prépare le petit déjeuner du futur grand frère. Comme j'ai lu Dolto, je lui parle de Bébé qui arrive. Il me réclame "Cars". C'est pas gagné.

Guillaume arrive et je plonge (façon de parler) dans un bain chaud. Si ça s'arrête, je pleure. Ca ne s'arrête pas, et c'est très inconfortable.
Guillaume s'active un peu et Noah ne me quitte pas. Il restera près de moi, à côté de la baignoire, pendant toute la durée de ce bain... Il s'interroge je crois... Il me regarde intensément: "T'as bobo, Maman?" Que lui répondre?... "Oui, un peu mon chéri, c'est ton petit frère qui veut sortir, c'est normal, il fait toc-toc dans mon ventre!"
Noah réfléchit...
"Attends Maman, Noah va faire un bisou au bobo!" Il le fait... Puis...
"Regarde Maman je prends ton bobo et je le jette! Aurevoir le bobo!"
Je ne sais plus comment lui expliquer mais je me sens plus légère déjà... Ce moment est si précieux, unique, magique... Je suis, comme mon petit bébé, plongée dans l'eau chaude, et Noah près de moi ne me lâche pas des yeux, et serre les dents au rythme des contractions qui me secouent le ventre, nous sommes déjà quatre...
Mais pas le temps d'y penser plus, je ne tiens plus dans la baignoire, et dire qu'il faut encore sortir, me sécher et m'habiller...
Décidément, c'est aujourd'hui, j'en suis certaine!

"Chéri, on dépose Noah et on y va, on a une heure de route, soyons raisonnables".
Noah file tout content chez nos voisins, à peine un regard (sale petit ingrat) pour Maman qui se crispe... "A très vite mon Bébé... Euh mon grand garçon!"...

La route est pénible. On prévient les familles "Mais ne vous affolez pas hein, si ça se trouve c'est une fausse alerte!" Mais vindediousse faîtes que non!!!

Le monitoring fait les montagnes russes, est-ce bien ton arrivée que tu m'écris sur le papier qui défile?
La sage-femme temporise. Col à 1, Bébé très haut... Peut-être une fissure de la poche, mais pas sûr... On nous met en chambre, la longue attente commence, je le sais. Col à 1, c'est mieux que rien, mais ça va être long.
On marche autour de la clinique, je roule du bassin sur un ballon (grande journée de grâce et d'élégance) puis en fin d'après-midi je n'en peux plus de ce cirque... Si jusque là j'arrivais à "vivre" en dehors des contractions, ce n'est plus le cas car je n'ai plus de répit. Pourvu que ça avance.

Il est 20h30 et c'est la relève. Avant de partir, la sage-femme m'examine... Col à 1.
Ils vont me faire une césarienne. Ca n'avance pas, je vais finir au bloc, non non, pas après tout ça...
L'obstétricienne sait ce que je pense, la bougresse. Je connais mon dossier. Utérus cicatriciel, gros bébé, dystocie du travail car tête haute... Je n'ai pas beaucoup de bons points. Mais elle ne s'attarde pas dessus, elle ne peut rien me promettre si ce n'est de faire son possible. Je ne lui en demande pas plus... Si ce n'est un petit quelque chose pour que je puisse respirer un peu...

La relève arrive, et avec elle la sage-femme la plus merveilleuse du monde, accompagnée d'un produit magique ou presque. A ce stade du travail je ne gère plus rien, je ne cherche plus à retenir mes cris ou mes larmes. Je vais effrayer toutes les bonnes femmes du bâtiment, tant pis.
Déjà quinze bonnes heures de contractions et rien ou presque. Merde!!!

Je ne veux plus qu'on me touche, je ne supporte rien. Je ne veux pas de votre monito, je veux juste que ça s'arrête... Pourtant je l'ai voulue cette souffrance, je l'ai accueillie, c'était mon combat. Mes propres paroles me reviennent aux oreilles et m'arrachent un sourire: "Oui alors moi la péri c'est si besoin mais c'est pas sûr hein!"
Le Nubin passe. Ca ne calme pas les contractions (encore heureux) mais me permet de récupérer entre chaque vague. Pendant la vague, on me dit de souffler mais je ne veux rien entendre, j'arrive pas à souffler moi, j'avais beau dire que non, eh ben si: je SUIS une chochotte et la seule chose que j'arrive à faire c'est pas des "oooooh" pour accompagner la contraction c'est juste des "AAAAAAAAAAAAAAAAHHHH" pour que tout le département partage mon mal...

De l'acupuncture? Si tu veux.

Je ne me rends pas compte à quel point ça doit être long pour Guillaume, qui reste près de moi à chaque instant... Il n'y a pas de lit, il paraît qu'il est installé sur une sorte de pouf, je n'ai pas pu regarder, trop concentrée sur ma douleur... Oui, c'est long mais c'est tellement rythmé par les spasmes de mon corps que les heures défilent sans que j'en aie conscience.

Il fait nuit depuis longtemps maintenant. Entre les contractions je m'envole, sympa sa dope, j'en reprendrais bien un peu. Parce que là ça commence à ne plus marcher...
Non je ne veux pas qu'on m'examine, je ne veux pas qu'on me touche... Je repousse ses mains pourtant bienveillantes, je refuse ses conseils pourtant si précieux... Comme on est bête quand on a mal. Comment a-t-elle réussi à m'examiner? Dieu seul le sait. Toujours est-il que son visage a changé.
"Préparez-vous, on part en salle de naissance!"
En salle de quoi???
Je revis. C'est con le corps et l'esprit, hein? Je plaisante, je vais sur le fauteuil, on roule, c'est parti.
"Ca veut dire que l'anesthésiste arrive???" Oui. Amen.

C'est donc ça une salle de naissance... Ce n'est pas un bloc opératoire outrageusement éclairé et aseptisé, ce n'est pas une salle d'opération. C'est une salle de naissance.
L'anesthésiste arrive. Alléluia! Monsieur, j'ai peur. C'est nul, mais j'ai peur.
Il le sait et c'est normal. Ca me rassure, un peu.
"McCain ou Obama??"
Hein???
"OBAMA" Il pique. Aïe. Ah, c'est tout? D'accord.
Contraction. "Faîtes 'oooooooh' Madame"
"OOOOOOOOBAMA!!!"
D'ailleurs, Obama ou pas Obama? On ne sait pas encore je crois...

L'anesthésiste me dit que les contractions vont encore être gênantes un moment avant que la péridurale ne fasse complètement effet.
"Gênantes. Alors ça pardonnez-moi c'est bien un mot d'homme hein!!!"
Il ne se vexe pas. Il sait que je suis de mauvaise foi. Lui qui soulage la douleur des femmes... Il me dit de garder confiance. Il a raison.

Les choses avancent, doucement. Je peux enfin respirer normalement, accompagner mon bébé dans son voyage, à chaque contraction. "Ssssssssssssssssssss" pour qu'il descende... La tête est toujours haute.
On me rompt la poche des eaux, inondation!!! Alors c'était ça le gros bidon? Oui mais pas que.

Il doit être 4 ou 5 heures du matin. Obama est donné gagnant mais pas encore officiellement. C'est bien. C'est un beau jour pour naître, non? C'est donc ça que tu attendais...

C'est imminent ou presque maintenant. Mais pourquoi t'obstines-tu à regarder les étoiles? Le bloc opératoire est toujours là, présent dans un coin de ma tête et de celle de l'équipe, si tu ne te présentes pas bien...

Je suis donc à quatre pattes sur le lit, la tête sur un gros ballon, je fais des cercles avec mon bassin pour que tu te positionnes bien. Once again, quelle grâce!

Mais je suis si fatiguée maintenant... Ca va faire 24 heures...

Tu ne te tournes toujours pas.
De l'acupuncture, Madame? Si tu veux.
Un café, Monsieur? Veinard.

Maintenant je suis sur le côté, une jambe relevée, toujours dans l'optique de te guider comme il faut vers la sortie. La grande porte, si possible. Pas l'autre. Celle-là, c'était une sortie de secours, et elle est condamnée.
Tu commences à te tourner... Et puis non.

Merde!!!

On continue... On n'arrive pas toujours très bien à capter la galopade de ton coeur... Je commence à perdre réellement confiance. C'est trop long, c'est trop dur... Et si ce n'était pas écrit comme ça? Et s'il était dit que je ne saurais pas accomplir ce miracle? De toute façon tout a été différent, je peux tout accepter maintenant... Enfin non... Mais... S'il le faut...
L'obstétricienne émet toujours des réserves.
Pas après tout ça, non, franchement je ne le supporterais pas!

La sage-femme m'anéantit. Toujours tête en l'air...
Mais à dilatation complète la gynéco peut peut-être arriver à remettre Bébé comme il faut...

Il n'y aura pas besoin.
Tu es dans les starting-blocks, il t'a juste fallu 26 heures pour trouver le chemin.

"Attrapez vos jambes Madame, prenez plein d'air, bloquez, et poussez!"
J'ai rêvé d'entendre ça... Et... Hein?? Quoi??? Je fais comment???
"Continuez!!!"
Guillaume m'encourage, il pousse avec moi j'en suis sûre, il aime ce moment autant que moi je le sais, pour lui je dois y arriver, leur offrir à tous la naissance qu'ils méritent...
Je pense à Noah, passe avec ton frère mon chéri, passe avec lui...

Je me sens partir... Non non pas maintenant c'est pas possible... Mais c'est juste l'émotion, une vague différente, je vois mon ventre qui se tend, on me parle de cheveux QUOI???, on me dit "A la prochaine contraction il est là!"
Moi j'ai le droit d'entendre ça? Moi j'ai réussi à faire ça? C'est pas possible je vais ouvrir les yeux et je serai au bloc, le bas du corps paralysé, et les larmes sur mes joues ne seront plus des larmes de bonheur...

Mais non, je suis là, c'est bien moi, je suis en train de mettre mon enfant au monde.
D'ailleurs ça y est, il glisse, il vole même, il est sur moi, il est chaud, il crie, il est tout chevelu, il est là.

Il est contre moi. Guillaume est près de nous. On ne nous volera pas cet instant cette fois... Le reste est entre nous... Marqué à tout jamais dans notre coeur, dans notre chair...

Je suis née avec mon deuxième fils ce joli matin de novembre...

Que dire de plus à ceux qui m'ont aidée que MERCI? C'est si peu...

Merci à toi, mon enfant, pour avoir pansé une à une toutes les blessures restées ouvertes... Pour avoir fait de moi la femme et la mère que je suis, pour avoir fait de nous, enfin, une famille complète, heureuse un point c'est tout.



Je m'appelle Robin, je suis né le 5 novembre 2008 à 7h25, 4kg190 (Mazel tov) pour 53cm. Ma naissance fut merveilleuse et depuis, chaque instant est un cadeau...