5/25/2007

Monsieur Caractère!

Scènes de la vie quotidienne
(toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé tient de la responsabilité seule et entière du personnage qui ressemble à un fils à moi existant ou ayant existé - selon l'issue finale dudit caractère, autrement dit si je l'ai pas envoyé à l'école militaire avant l'adolescence)...

Maman (qui a passé la journée à sourire faussement à un tas d'idiots après avoir passé une nuit d'enfer et courru après Bébé Adoré pendant une heure) - C'est moi qui commande ici!

Bébé Adoré (malgré tout) - Non.

Là, fatalement, tu te dis "Déjà!!?! Qu'est-ce que ça sera dans 10 ou 15 ans!", et tu as raison. Je me le dis aussi, d'ailleurs.



Maman (désespérément en peine de mots doux) - Dis "Maman"!
Bébé Adoré (mesquin) - Papa (ou "Caca", au pire)
- Maman
- PapaaaaaaaaaaAAAAAAAAAAAAAAAAA

K.O. en un seul round. Ingratitude, quand tu nous tiens...



Je passe sur le jeu préféré de tous les gnômes entre 1 et 2 ans, à savoir le fameux "Je jette, tu ramasses (vite)".

Je passe sur le regard "Quand est-ce qu'on mange?" qu'il nous lance vers 20 heures précises.

Je passe sur la danse du ventre qu'il pratique systématiquement sur la table à langer quand vous essayez désespérément de l'empêcher de s'étaler du vous-savez-quoi partout tout en essuyant le vous-savez-quoi sus-nommé tout en attrapant une couche propre etc, etc, etc.

Je passe sur le bain qui tourne au "Grand Bleu 2" grâce à votre cher et tendre Bébé Nageur qui innonde la pièce, ne daigne pas s'asseoir, ne se laisse pas savonner et essaye coûte que coûte de boire l'eau avec la mousse (et quand je dis "coûte que coûte", je pèse mes mots!)...

Je vous épargne également la criiise du "Je veux vadrouiller tout seul" ou "Je veux que tu me fasses marcher" généralement suivie du "Mais pourquoi tu t'arrêtes???" et qui se finit invariablement par la fameuse criiiiiiiiiiiise du "Mais sors-moi tout de suite de ce parc/de cette chaise!!!!!!!!!!!"


Môssieur a donc décrété que cette maison était la sienne, et que sa légitimité ne souffrait aucune contestation. Les parents crient? Qu'à cela ne tienne, Bébé Adoré crie plus fort.
Force est de constater que haut comme trois pommes et avec un cerveau de moineau, ce petit tyran a tout compris de la vie.

"Mes parents m'aiment. Profitons-en tant que ça dure!"


Grosse fatigue...

Dur dur de concilier travail et vie de famille!

Après avoir signé un contrat pour 14 heures par semaine, me voici en train de travailler un bon gros 5 ou 6 jours sur 7, le parc étant en pleine période de floraison, donc les semaines de plus grosses affluences...

Le tout après être tout juste rentrés de 5 jours aussi merveilleux qu'épuisants en Irlande (la Chose nous a manqué, mais rassurez-vous, c'était loin d'être réciproque - on s'amuse bien chez Mamie!), bref, grosse fatigue.

Je rejoins donc le train-train Bébé, Nounou, boulot, Nounou, Bébé, dîner, dodo. En essayant de ne sauter aucune étape. Que celles et ceux qui ont pitié lèvent la main!


A part ça, ma foi, tout va très bien, Madame la Marquise!

Noah trottine à la vitesse de l'éclair (du coup, pourquoi marcher?), fait "Allô" avec tout ce qui lui passe sous la main (je peux vous dire qu'il en raconte, des choses, à la télécommande!), refuse de s'asseoir dans le bain (ben oui, chez Mamie on a le droit de se lever, alors...), parle beaucoup (pas français, mais beaucoup) et... me manque.

Je pense à lui toute la journée, à son odeur, à ses yeux malins, à son sourire, qu'est-ce qu'il fait? a-t-il mangé? pense-t-il à moi? se demande-t-il pourquoi je ne suis pas avec lui?

Ah, la culpabilité de la Working Mom... Elle a la dent dure.


Vivement que les rhododendrons fanent!

5/08/2007

Lettre à retardement.

Adressée aux médecins qui ont fait naître mon fils...


Madame, ainsi que toute l'équipe de la maternité,


Je suis arrivée dans votre établissement un jour d'octobre 2005, alors enceinte de 3 mois. J'étais pleine de doutes, pleine d'espoir, pleine d'émotions...

J'en suis ressortie parfois enchantée, parfois émerveillée, parfois dubitative, parfois déçue...

Les sentiments ont mis du temps à venir, aujourd'hui encore les mots sont difficiles à trouver.

Novembre, la grossesse se complique...
Décembre, hospitalisation.
Janvier, hospitalisation.
Janvier encore, re-hospitalisation.

L'équipe a, pour 99% d'entre elle, été tout simplement formidable au cours de ces semaines difficiles! Pour cela je vous félicite de tout mon coeur!
Vous, Madame, vous êtes impliquée dans mon histoire à un point qui m'a touchée. Il n'était pas rare de vous voir dans ma chambre après 22h...
Nous avons harmonisé des soupirs de soulagement quand tout danger a été écarté.

Certains points, à ce moment-là, n'ont pas retenu mon attention - en tout cas pas assez.

Mon fils était en siège. Vous m'avez tout de suite parlé de césarienne. Et ce, à un terme où il avait tout le temps de se retourner. Et ce, à un terme où l'on aurait pu tenter certaines choses: tentative douce de retournement, radiopelvimétrie pour évaluer la taille de mon bassin... Une naissance en siège est aujourd'hui tout à fait commune...

Mais non.

Enfin, arrivée à 37 semaines, terme fatidique car seuil de prématurité du bébé, vous avez programmé "l'intervention" pour la semaine suivante. Y avait-il une autre raison à cette césarienne? Si c'est le cas, personne n'a jugé bon de m'en faire part. Mais cette question, je ne me la suis posée que bien plus tard.

Je suis ressortie cette fois-là de la clinique impatiente, réticente, joyeuse, soulagée, inquiète... Mais je n'ai pas cherché à analyser.
Dans mon coeur, je vous devais la vie de mon enfant... Et donc, ma confiance la plus aveugle.

Je n'ai pas posé de question. Je n'ai pas lu. Je n'ai pas fait de recherche. En tout cas pas à ce moment-là.
Je me suis laissée faire.
Je me suis laissée voler le jour, l'instant et les circonstances de la naissance de mon enfant. Pas de surprise pour moi, pas d'attente de signes, rien de naturel.
Je me suis laissée piquer le dos, attacher les bras, ouvrir le ventre, arracher mon fils à coups de scalpel, le corps à moitié endormi et la tête emplie de larmes que je ne comprenais pas, que j'ai mises sur le compte de l'émotion.
Ce n'est pas moi qui ai donné naissance à mon fils.
Ce n'est pas moi qui lui ai donné son premier bain.
J'ai dû me battre pour avoir mon bébé auprès de moi après sa venue au monde, j'ai dû me battre contre une sage-femme qui méprisait ma douleur, j'ai dû me battre pour qu'on finisse, agacée, par me mettre mon bébé au sein plus de trois heures après sa naissance. J'ai dû me battre, alors que mon coeur état torturé, contre l'incompréhension face à une jeune maman à qui on enlève son enfant la nuit et qui suite à cela ne sait plus ce qu'elle doit/peut/sait faire.

Une fois la grossesse terminée, plus d'écoute. J'ai tenté de vous parler, j'ai eu des soucis auxquels vous n'avez pas cherché de solution. En fin de compte, j'ai eu l'impression après coup de n'être qu'un nom sur un dossier. Un dossier classé, avec succès, puisque mon fils est né à terme, en bonne santé, suite à une césarienne parfaitement réussie. Pour cela, je vous remercie de tout mon coeur, mais...


Aujourd'hui, treize mois plus tard, j'hésite entre compréhension et tristesse. Et j'ai peur.
J'ai même peur de vous parler de la naissance d'un prochain enfant. Aurai-je mon mot à dire, alors?
Ou ne serai-je encore qu'une banale couveuse, allongée, bourrée de cachets, qu'on finit par ouvrir comme une boîte de conserve parce que cela rapporte plus, prend moins de temps, et n'offre pas - normalement - de surprise?
J'ai beaucoup aimé votre clinique, et les soins qui m'ont été apportés au long de ma grossesse.

Mais ce manque de dialogue, ce manque de considération des désirs des parents, cette porte fermée une fois la grossesse achevée, font que pour mon deuxième enfant, je me dirigerai ailleurs. Je me dirigerai là où on me demande comment je veux accueillir mon bébé. Je me dirigerai là où l'on laissera la nature suivre son cours de la façon la plus physiologique possible, avec respect.

Je ne sais pas si cette lettre partira un jour...

Mais j'avais besoin de mettre des mots sur cette souffrance, ce manque que je ressens, et dont j'ai mis si longtemps à me rendre compte, ou en tout cas à m'expliquer.


A bientôt, peut-être...

La complainte du Bébé étouffé!

Assez!

Au nom de tous les Bébés malbattus, je m'insurge.
On nous câline, on nous bisoute, on nous berce, on nous chatouille, on nous papouille, on nous gratouille, on nous baigne, on nous chouchoute, on nous dorlote, bref, on nous ETOUFFE!

Les parents, parlons-en! Ca nous sussurre des surnoms débiles en forme d'animaux, ça nous raconte des niaiseries pour nous endormir, ça nous fait l'avion avec une petite cuillère...
Bref, ça nous prend pour des billes!

L'heure de la révolte a sonné, camarades!

Bébés, Bébées, ne nous laissons plus faire béatement, stop aux risettes sur commande, plus de singeries grotesque pour amuser les grands!

Non parce que, moi, par exemple.
Mes parents, je les aime bien. Bon, je dis pas, les bisous, les câlins, entre nous, ça me dérange pas tant que ça. Les histoires, les chansons, les chatouilles, au fond, j'aime bien.

Mais bientôt, ça va commencer à bien faire!
Je suis grand, moi!

Maman, sois prévenue.
D'ici quelques temps, au lieu des éclats de rire, des léchouilles baveuses et des carresses/griffures-pincements dans le cou, tu auras:
- "Non Maman, pas de bisous devant les copains!"
- "Maman, dépose-moi à deux rues de l'école, c'est trop la te-hon d'arriver en break avec sa reum!"
- "Maman, voici Machine, c'est elle qui me fera des câlins désormais!"


Bon, je te laisse encore quelques années de sursis. Mais quand même, méfie-toi, ça te pend au nez!

En attendant... Tu peux continuer, c'est pas si mal tous ces mamours...


Ton fils chéri, Noah, 13 mois et un jour (non mais oh!)

4/28/2007

Copines d'avant...

Au hasard du surf, je suis tombée il y a quelques semaines sur le site que beaucoup d'entre vous connaissent: "Copains d'Avant".
Pour les non-initiés, ce site vous permet de rentrer en contact avec les anciens élèves des divers établissements que vous avez fréquentés, si tant est qu'ils sont inscrits eux aussi sur la base de données.

Bien sûr, j'ai passé une paire d'heures à naviguer en faisant des "Ah!" et des "Oh!" et des "Regaaaaarde Chériiiii j'étais assise en maths à côté de ce type!!". Soirée flashback, quoi.

Seul hic: pour contacter vos anciens accolytes fraîchement retrouvés, il faut sortir la Carte Bleue!
En un sens, je comprends. Mais quand même, je trouve que c'est cher payé pour une paire d'adresses mail qu'on peut sûrement trouver autrement...

Toujours est-il que j'ai croisé pas mal d'anciens comparses - sans réellement pouvoir les contacter, scrogneugneu... mais toujours pas décidée à débourser presque 30€ pour envoyer quelques mails - dont une amie très chère...

Une fille genre demi-portion qui s'est un jour assise à côté de moi lors de notre année de 6ème, nous avions donc 11 ans à tout casser. Une amie qui est devenue mon autre moi, une amie de celles qui restent à vos côtés coûte que coûte, une amie que dès cet instant je n'ai pas quittée.

Jusqu'à ce jour d'Août 2003 où nos chemins ont pris des directions différentes. On est tous fainéants en amitié. On pense à appeler, mais on ne le fait pas...
J'ai tenté quelques fois, puis je suis partie vivre sur un autre continent...
Mais je ne l'ai jamais oubliée.


Quand j'ai vu son nom sur ce site, la carte bleue m'a démangée... Finalement j'ai décidé de me débrouiller pour que l'adresse de ce blog apparaisse dans mon pseudo, en croisant les doigts pour qu'elle aie l'idée de venir y faire un tour.
Elle l'a fait.

Quelques mails ont été échangés depuis, ça fait du bien.

J'ai un peu peur d'avoir changé. Bien sûr, je ne suis plus la même, mais au fond, c'est toujours moi...
Je me rappelle ces années insouciantes où nous avons défini ensemble l'Amitié, ces années au cours desquelles nous avons fait les 400 coups, côte à côte.
Je me rappelle aussi ces années sans elle.

Je voudrais retrouver un peu de ce lien qui nous unissait, un peu de ce qui faisait qu'on se ressemblait.

J'espère sincèrement que cette nouvelle histoire qui commence nous redonnera le goût de celle que nous avions écrite pendant ces 10 années passées ensemble.


Amélie, j'ai tant de choses à te raconter...

A bientôt.

4/19/2007

J'allais oublier...

Vous connaissez, The fresh Prince???


L'herbe, ça chatouille les pieds!

J'ai pas encore compris qu'il faut soulever le biberon, mais y a de l'idée!

Non non, je me fous pas de ta tête!!!

Trop cool d'être debout... Mais... Tu me lâches pas, Mamie, hein?

Voilà comment je fais pour faire mes cascades...


Concentration extrême:

Mon père, ce héros!

Joyeuses Pâques!!!

Je suis comme ma Maman, je suis livrivore! (Les connaisseurs auront remarqué que je lis même à l'envers!)

De battre mon coeur s'est arrêté...

L'espace d'un instant...

Le temps d'un bruit sourd, brutal, assourdissant...

Nous avons accouru.

Noah était par terre. Ce petit croisé chimpanzé/MacGyver avait réussi à escalader ses jouets pour basculer dehors de son parc. Et ce, en une poignée de secondes. Une terrible poignée de secondes où, le croyant en sécurité, j'avais mis ma vigilance sur "Off". Mal m'en a pris.

En deux minutes top chrono, j'avais vérifié tous ses os, ce qui a au moins eu le mérite de le chatouiller. Il va bien.

Et moi? Bof.

Alors c'est ça, être parent? C'est partager son temps entre courir derrière un ver de terre rapide comme Flash Gordon (et il ne marche même pas!), soigner les bleus et bosses, prévenir les drames... Avec quelques pauses de temps en temps pour cause de crise cardiaque?

Une chose est sûre, mon coeur a manqué un battement en ce terrible instant où j'ai cru le pire. Je me suis dit que si ce pire arrivait, c'était de ma faute (un peu de celle du fabricant du parc aussi, mais c'est une bien maigre consolation).


Je comprends mieux Lynda Lemay quand elle parle des mères aux "cheveux pleins de neige"...


Faîtes de gosses, qu'ils disaient.

Ouais, plein.

4/06/2007

C'était hier...


Et pourtant non. C'était il y a un an jour pour jour.
Il y a un an, à 10h51 très précisément, tu faisais de nous des parents amoureux.
365 jours d'amour, 52 semaines de rires, 12 mois d'émotion...
Depuis cet instant où l'on t'a sorti de moi, tu as changé ma vie toute entière. J'ai su que je ne m'étais pas trompée lorsque je t'imaginais.
Toutes ces semaines enfermée à la maison... J'en aurais fait le double s'il avait fallu, et avec bonheur. Tu es notre récompense, notre tout.
Quand tu souris, mon coeur fond. Quand tu pleures, mon coeur saigne. Quand tu te blottis contre moi, mon coeur explose.
Tu as appris tant de choses en une année. Et tu nous en as appris deux fois plus.

Il faut me rendre à l'évidence... Mon tout-petit bébé n'en est plus un.

Et pourtant, je ne t'ai pas vu grandir. Mes yeux de Maman te voient toujours tel que tu étais en ce jour de printemps 2006, encore tout chaud de ces mois passés dans mon nid, ton odeur et la mienne se mêlant à celle du lait.

Tes petits doigts encore gourds s'agrippaient aux nôtres, ton petit corps lové contre moi cherchait la chaleur que tu avais quittée à peine quelques heures plus tôt.

Cet anniversaire, c'est plus qu'une bougie à souffler (ou à éteindre en crachant dessus), c'est une occasion pour nous d'ouvrir les yeux sur ce petit bonhomme formidable que tu es devenu.
Un bout d'homme qui en vaut dix en joie de vivre, et au moins vingt en câlins!
Un p'tit gars en miniature qui nous mène par le bout du nez (et on en redemande) à grands coups de "regard-attendrissant-qui-tue" et qu'on ne voit pas grandir tellement il a encore une bouille de poupon...



Mais fi de tout ceci, mon Amour Chéri, aujourd'hui tu as un an, et nous remercions tout ce qu'il est possible de remercier, chaque jour, pour avoir été ceux que tu as choisis pour te guider sur ton chemin...


4/02/2007

Explication de texte:

Je précise que j'ai découvert cette chanson il y a quelques mois et qu'elle m'a touchée dès la première écoute. Un reste d'hormones, peut-être...


Lynda Lemay - Une Mère.

Une mère,
Ça travaille à temps plein,
Ça dort un œil ouvert,
C’est d’garde comme un chien, (1)
Ça court au moindre petit bruit,
Ça s’lève au petit jour,
Ça fait des petites nuits. (2)

C’est vrai,
Ça crève de fatigue,
Ça danse à tout jamais une éternelle gigue, (3)
Ça reste auprès de sa couvée,
Au prix de sa jeunesse,
Au prix de sa beauté. (4)

Une mère,
Ça fait ce que ça peut,
Ça ne peut pas tout faire,
Mais ça fait de son mieux. (5)

Une mère,
Ça calme des chamailles,
Ça peigne d’autres cheveux que sa propre broussaille. (6)

Une mère,
C’est plus comme les autres filles,
Ça oublie d’être fière,
Ça vit pour sa famille.

Une mère,
Ça s’confine au bercail,
C’est pris comme un noyau dans l’fruit de ses entrailles. (7)

Une mère,
C’est là qu’ça nous protège,
Avec les yeux pleins d’eau,
Les cheveux pleins de neige. (8)

Une mère,
A un moment, ça s’courbe,
Ça grince quand ça s’penche,
Ça n’en peut plus d’être lourde, (9)

Ça tombe, ça se brise une hanche,
Puis rapidement, ça sombre,
C’est son dernier dimanche,
Ça pleure et ça fond à vue d’oeil,
Ça atteint la maigreur des plus petits cercueils. (10)

Ô bien sûr, ça veut revoir ensemble
Toute sa progéniture entassée dans sa chambre,
Et ça fait semblant d’être encore forte,
Jusqu’à c’que son cadet ait bien r’fermé la porte.

Et lorsque, tout' seule ça se retrouve,
Ça attend dignement qu’le firmament s’entrouvre,
Et puis là, ça se donne le droit,
De fermer pour la première fois,
Les deux yeux à la fois.

Une mère,
Ça devrait pas partir,
Mais on n’y peut rien faire,
Mais on n’y peut rien dire. (11)



http://www.dailymotion.com/video/xssqw_linda-lemay-une-mere


(1) "C’est d’garde comme un chien"
Bon, la comparaison n'est pas forcément heureuse/flatteuse, mais ma foi, plutôt réaliste puisqu'effectivement laquelle d'entre nous n'est pas prête à sortir crocs et griffes pour protéger sa descendance?
Par contre, attention, les Chiennes de Garde ont sûrement un copyright!

(2) "Ça fait des petites nuits"
La faute à qui???

(3) "Ça danse à tout jamais une éternelle gigue"
Quand je vous disais que les comptines, ça rend dingue!

(4) "Au prix de sa jeunesse, Au prix de sa beauté"
C'est vrai, ça. Avant, je lisais "Jeune & Jolie". Maintenant à part les magazines parentaux, je sais pas quoi lire, y a plus qu'à attendre qu'on publie "Grosse & Moche".

(5) "Ça ne peut pas tout faire, Mais ça fait de son mieux"
Oui alors ça c'est gentil de le préciser. On n'a jamais assez de mains dans ces cas-là. Est-ce de notre faute si on ne nous a fait que deux bras et deux jambes?

(6) "Ça peigne d’autres cheveux que sa propre broussaille"
En même temps ça n'a plus de temps pour ses "propres" cheveux (quand ils le sont). C'est pour ça qu'on appelle ça une "broussaille". Avant Bébé, j'avais des cheveux. Maintenant, j'ai une broussaille.

(7) "C’est pris comme un noyau dans l’fruit de ses entrailles"
J'ai pas de remarque ironique à faire là-dessus tout simplement parce que je suis en admiration devant cette phrase. En gros, j'aurais pas dit mieux.

(8) "Les cheveux pleins de neige"
Les enfants, ça donne des cheveux (enfin, une broussaille) blancs. C.Q.F.D.

(9) "Ça grince quand ça s’penche, Ça n’en peut plus d’être lourde"
D'une part, c'est à force de ramasser des jouets, de l'autre, c'est dur à perdre tous ces kilos!

(10) "Ça pleure et ça fond à vue d’oeil, Ça atteint la maigreur des plus petits cercueils"
J'ignore pourquoi, soudain, la chanson prend un tour si noir... Je ne sais pas si Lynda Lemay évoque ici sa propre mère, ou sa propre expérience de la maternité. En tout cas, ça donne des frissons de penser à ça... Parle-t-elle de la perte de sa mère, ou de sa peur de la mort?

(11) "Une mère, Ça devrait pas partir, Mais on n’y peut rien faire, Mais on n’y peut rien dire"
Je crois que voilà la réponse à ma question...
Difficile, malgré tout, de lire/écouter cette vision de la maternité.
En résumé, sacrifices, servitude, oubli de soi...
J'ai du mal à voir les choses ainsi. Oui, être parent c'est un don de soi, c'est aimer quelqu'un plus que sa propre vie, c'est tout faire pour ce petit être qui porte votre sang...


Mais, quand on fait les comptes...
Je pense qu'en aimant un enfant, on reçoit bien plus qu'on ne donne!

3/31/2007

Lettre ouverte à Monsieur Fischer-Price

Destinataire: Mr Fischer-Price
Destinataires en copie: Mrs V-Tech, Playschool, et consorts...


Chers Messieurs,

Je dis bien "Messieurs" car je n'ose penser une femme capable d'une telle perfidie envers une autre.

C'est en parent fatigué que je vous adresse ces quelqes mots. Nous sommes lassés, désabusés, écoeurés...

Notre enfant ne faisant pas exception, il aime les joujoux. Et pas n'importe lesquels. Ceux qui font du bruit. Le plus, et le plus répétitif possible, bien sûr.

Dans la maison résonnent perpétuellement les mêmes mélodies... Il est temps que ça cesse!

Assez de chanter pendant une semaine le sempiternel "Dans la forêt un grand cerf, regardait par la fenêtre, un lapin venir à lui, et frapper ainsi...", assez d'entonner à tue-tête dans la rue "Je te vois, Bébé, essaye de me trouver, cherche-moi coucou-coucou, je suis caché sous l'étoile!", assez de crier à tous mes voisins que "Doucement, doucement, doucement s'en va le jour..."

Nous, pauvres parents, subissons ces brimades et humiliations quotidiennement, et ce sans rechigner jusque là. Mais au bout d'un an de ces rengaines sans fin, le constat est alarmant: impossible de se débarrasser de ces chef-d'oeuvres musicaux, même la nuit. On en vient à rêver sur fond de "Une souris verte" et à se doucher en fredonnant, moyennement gaiement "Pomme de Reinette et Pomme d'Api".

Aujourd'hui nous dénonçons cette forme de torture moderne, cette dictature de la comptine abrutissante, et donc, pour l'anniversaire de mon fils, en signe de protestation...


Je fais la grève des piles! Duracel n'aura pas notre peau!


Bien à vous,

Je vous prie d'agréer, Messieurs, l'expression de notre profonde lassitude.


Maman et Papa.