2/28/2009

Liste non-exhaustive...

... De tous les trucs que j'aime et que je ne peux plus faire!

- Prendre un long bain chaud
- Bouquiner comme si le monde autour n'existait plus
- Faire les boutiques juste comme ça
- Broder
- Cuisiner tranquille
- Ecrire tranquille
- Aller faire mes courses en une demi-heure à tout casser, aller-retour compris
- Ecouter de la musique à fond
- Porter mes fringues en taille 38 (loiiiintain souvenir)
- Me maquiller
- Regarder Dr House
- Prendre mon temps...


Faites des gosses, me direz-vous. Ouais, plein.

Mais en même temps, s'ils n'étaient pas là je ne pourrais pas...

- Embrasser mes bébés dans le cou quand ils sont encore tout chauds de sommeil
- Essuyer tendrement leurs larmes avec un baiser
- Fourrer mon nez dans leur petit ventre tendre
- Chanter une chanson avec Noah qui chante super faux
- Prendre Robin tout contre moi et le sentir chercher le lait
- Les regarder dormir
- Les entendre rire
- Prendre leur petite main dans la mienne et les sentir me serrer fort
- Renifler leurs cheveux, où je retrouve toujours un peu de leur odeur de naissance
- Les voir grandir en sachant que nous sommes leurs guides...


Les journées n'ont que 24 heures et après tout, le plus important, c'est leur bonheur! Alors je vous laisse deviner si je regrette, et à quoi je passe mes journées!...


2/13/2009

[Edit]

Petit (petite??? Non! Si??) aparté, j'ai rajouté au récit de la naissance de Robin un paragraphe qui m'avait échappé lors de sa rédaction, mais qui est divinement important à mes yeux...
Une parenthèse magnifique qui tient une place toute chaude dans mon coeur puisqu'elle tient pour moi du lien qui unissait déjà Noah et Robin avant même la naissance de ce dernier...

L'oubli est réparé, pour celles et ceux qui cherchent: ça se passe juste avant qu'on ne parte pour la maternité...

Bonne lecture!

Françaises, Français...

Oyez oyez, ouvrez tous bien vos esgourdes braves gens, nous avons une annonce à faire.

Sa Majesté des Mouches (M&M's pour les intimes) s'est enfin décidé à poser son seigneurial fessier sur le Saint Siège et à y apporter sa Royale contribution.

La cour toute entière était présente pour assister au sacre et la Reine Mère a enfin pu éteindre le cierge allumé dans l'espoir de cette journée, il y a déjà près d'un an. Tous les nobles sujets ont formé une ronde autour des latrines et dansé joyeusement la célèbre "Danse de la Chasse d'Eau".

M&M's a reçu pour l'occasion une couronne de chocolat et une tonne de baisers maternels.

Tout le monde s'en fout mais... Depuis le temps qu'on attendait ça!

1/26/2009

Ma vie à 100 à l'heure...

Le jour point. Ou pas encore, si ça se trouve.

SONNEZ TROMPETTES!!! Les lardons sont réveillées. En forme. Diantre.

Je regarde le réveil. Je calcule... Mmmm trois heures de sommeil d'affilée cette nuit, c'est correct (sic).

La première épreuve de la journée est de descendre avec Petit Lardon dans un bras et Grand Lardon au bout de l'autre. Ouf, on est en bas, chacun en un seul morceau (la plupart du temps...).

J'examine le salon et commence à me demander comment préparer le petit déjeûner de Noah, donner la tétée à Robin, ranger le bazar, mettre Cars, lancer le café, mettre au sèche-linge la lessive oubliée la veille, changer les couches, habiller les enfants... En même temps, bien sûr.

Je délègue et j'établis des priorités. Les enfants déjeûnent devant Cars et Maman déjeûne en rangeant la salle à manger jonchée de pièges sournois comme des petites voitures, et autres joujoux soigneusement éparpillés je vous laisse deviner par qui.

Robin s'est rendormi. Bon, je le changerai et l'habillerai plus tard.

Noah refuse d'être changé. J'insiste. Je menace... Et pour finir, je l'ai au chantage: "On enlève la couche, on va sur le pot et t'auras un chocolat Kinder..."
Ca marche. Pour l'instant. Il en profite pour faire un peu de "coucou la voilà" en courant dans la maison.

Noah re-veut sa couche.
Robin veut on-ne-sait-quoi mais il le veut en hurlant. Accident de tétine. Je la lui rends tout en dépliant les vêtements de Noah (soigneusement pliés puisque pas repassés, mais qui a le temps de repasser les fringues des enfants??).

Noah veut être rhabillé sans couche. Tiens, le fameux déclic dont tout le monde me parle serait-il enfin venu??
Je l'habille, slip Cars, pantalon Spiderman, la classe quoi.

Je change Robin et l'habille, tout en finissant mon café froid. Déjà cette heure-là!!?

Ce qui devait arriver arriva. Je change Noah. Drame car on ne peut plus mettre le pantalon Spiderman maintenant...
Je vais le laver.

MERDE! La lessive...
"Maman, on dit pas mègue, on dit MINCE AYORS!!!"

Et puis je vais faire quoi à manger ce midi? Spéléo de congélateur. Un repas patchwork on va dire, un peu de ci, un peu de ça. Pas du Gloubi-Boulga mais presque.

Chantage pour faire manger Noah. Gouzi-gouzi pour faire patienter Robin (qui éprouve immanquablement le besoin de tout et n'importe quoi au moment où je mange). Je finis par manger froid et/ou avec une main.

Comme toujours, Noah refuse la sieste. Zut-flûte-crotte, je n'y aurai donc pas droit non plus. Je vais faire la vaisselle, c'est reposant aussi.

"Ca va mon Noah?"
"Non, ça va pas."
"Oh, ça va pas mon chéri?"
"Non, ça va pas gu tout."
"Mince... C'est la fin du monde?"
"Non, c'est pas fin gu mongue."
"Ah bon ben ça va alors..."


Robin finit par s'endormir dans mes bras. je le pose délicatement et... Il se réveille en fanfarre.

"Noah tu veux qu'on aille se promener?"
"Non che veux pas, che veux Cars!"
Vous mentez honteusement: "Cars y marche pu, Cars y est cassé, y a pu de piles." (c'est ça ou la crise de nerf, ras-le-bol de Cars!!!)

Noah décrète qu'il est l'heure de goûter. Pleine de bonne volonté, en bonne maman-gâteau, vous tentez un fondant chocolat-amandes qui embaume la maison de sa douce odeur sucrée...

"Ch'en veux pas. Veux kèpes!" (des crêpes??? L'est fou lui! Vous lui dîtes avec diplomatie:)
"Tu rêves des genoux."

Quoi qu'il mange il s'en met partout.

MERDE! La lessive...

Tout votre beau rangement de ce matin n'est plus qu'un lointain souvenir, visiblement il y a eu dans votre salon une bataille entre les Légos et les petites voitures, avec Winnie l'Ourson en peluche comme arbitre. Vous prenez une boîte et jetez tout dedans. Vous menacez de tout mettre à la poubelle (ou dans un coin bien caché, ça coûte cher quand même!!). Avant de vous rendre compte que c'est trop tard: à quoi bon le menacer de jeter tous ses jouets s'il ne les range pas alors que vous venez de le faire à sa place? Punaise, elle dit quoi à propos de ça, Dolto??

Il vous a eue. Encore...

Et puis qu'est-ce que je vais faire au dîner? Vous pensez à votre copine qui fait ses menus une ou deux semaines à l'avance et qui les respecte. Vous êtes admirative, mais chaque fois que vous essayez vous ne vous y tenez jamais!

Ah, vous avez raté "Un dîner presque parfait". Tant pis.

"Maman, Binou y pleure!! Va donner sa tétine!!"
Euh oui, j'y cours...


Vous montez avec les deux monstres. Vous regardez l'étage... Et vous demandez intérieurement comment faire couleur l'eau, chauffer la salle de bains, déshabiller les enfants, préparer leurs vêtements, sortir les serviettes, lancer une lessive (MERDE!!! La lessive...), surveiller le dîner, passer l'aspi à l'étage et ranger les chambres infestées de petites voitures/Légos/puzzles... En même temps.

Je délègue et j'établis des priorités.

Les enfants sont lavés et en pyjama, je suis trempée bien sûr. Tant qu'à faire, en une minute top chrono, je saute dans l'eau restante, me débarbouille, hop là.

Vous avez mal délégué, le dîner sent méchamment le brûlé... Vous sauvez ce que vous pouvez sauver.

Noah joue aux petites voitures dans son assiette et Robin s'occupe du fond sonore. Vous mangez donc froid, avec une seule main, en faisant du chantage.

Je m'effondre sur le canapé. La table attendra demain. Le linge sale aussi. MERDE!!!! La lessive... Consciencieuse, cette fois, vous montez chercher la lessive mouillée, vérifiez qu'elle ne sent pas mauvais, et courez frileusement dans le garage enfourner tout ça dans le sèche-linge. Vous plierez demain...

Devant l'impossibilité évidente de suivre quoi que ce soit à la télévision (mais qu'y a-t-il à suivre de toute façon??), vous envoyez tout le monde au lit, réticent ou pas. Plutôt réticent que pas, d'ailleurs.

Vous pariez intérieurement sur l'heure de réveil de Petit Lardon. En général, vous êtes pessimiste ("3h maxi"), et l'homme carrément utopiste ("6h, ça serait bien!").


Vos yeux se ferment et vous repensez à cette journée, à la prochaine...

Et parce que la journée, si éprouvante soit-elle, est parsemée de moments de tendresse et de rires... Au fond, vous adorez ça!

12/27/2008

Retour sur la naissance de Robin

Je relis le récit de sa naissance et je me rends compte qu'il y manque tant de choses... Mais ces choses, en fait, sont peut-être faites pour être dites ensuite, plus tard...

Et me voilà, plus de 7 semaines après.

7 semaines après cet accouchement marathon mais magique, 7 semaines après l'arrivée au coeur de notre foyer de cette petite boule d'amour chevelue.

On dit souvent que l'accouchement est un événement violent pour l'enfant. Je n'ai pas eu cette impression, et j'espère que lui non plus (toujours moins que son grand frère, en tout cas...). Ce n'est pas possible et pourtant j'aimerais tant qu'il se souvienne comme moi de cette naissance, qu'il se rappelle du travail que nous avons fait ensemble, qu'il se remémore sa venue au monde comme une vingtaine d'heures de doux dialogue sans paroles entre lui et moi...

(Je tape ces mots et, près de moi, il rit dans son sommeil!...)

La césarienne est au coeur de tous les débats obstétricaux ces derniers temps... Et pour cause: il s'en effectue chaque jour plus que la veille... Et pas toujours pour les bonnes raisons, malheureusement.

Autant que je le pourrais je me battrai toujours pour aider celles qui, autour de moi, sont confrontées à la naissance d'un enfant. Celles à qui l'on impose des décisions qui n'ont de médicales que le nom, celles qui ont vécu un accouchement différent et qui ont mal, je serai aux côtés, si je le peux, de celles qui ont eu une césarienne justifiée mais mal digérée, ou pire, ce que je me suis laissée faire moi: une césarienne pour arranger le médecin. Et, de tout mon coeur, auprès de celles qui attendent une naissance et qui ont besoin d'être guidées dans leurs choix.

J'ai eu une chance incroyable de pouvoir vivre mon accouchement comme je le voulais plus que tout, et jusqu'au bout rien n'était sûr, nous avons écrit notre histoire ensemble, dans le respect et l'amour, grâce à une équipe disponible, compétente et engagée.
Je suis consciente aussi que mon accouchement avait une "fin alternative". Cette fin, je l'aurais acceptée sereinement, au vu du chemin parcouru. J'y étais préparée... Enfin je le crois.

Chacun de mes garçons a une histoire particulière, elles sont si différentes et pourtant elles sont parallèles dans ma tête, je ne peux l'empêcher...

Aujourd'hui je me dis que l'arrivée de Robin a pansé toutes mes blessures restées béantes, et m'a permis d'être sereine par rapport à la grossesse et la naissance de Noah, que je revis sans regrets, avec juste une pointe de nostalgie...

Ce petit bout d'homme, qui s'est invité par surprise, m'a appris la vie, m'a appris qui j'étais et pourquoi j'étais là. Chaque jour, mes enfants me dictent, sans mots, le chemin à prendre...

Et je me laisse guider, accrochée par le coeur, par mes deux merveilleux petits garçons. Je suis confiante, je sais que la route sera belle!


11/11/2008

Robin, ma Re-Naissance...

Quarante semaines arrivent... Et passent... Toujours pas de signe de toi.
Tu es au chaud, je suis toute ronde, attentive, impatiente...

La peur de la césarienne est seule à venir troubler mon esprit... Et si?...


Lundi soir, les pieds comme des pastèques et la tension limite, nous allons contrôler si tout va bien. Tout va très bien Madame la Marquise, tension pas affolante, col fermé, rentrez chez vous. "Chéri, on rentre, mais prends bien les bosses!"...

Mardi matin, Guillaume part travailler, je me réveille l'oeil sur l'horloge... 5h52... 6h... 6h08... 6h16... 6h24... 6h32... Un joli métronome. C'est encore léger, je n'ose y croire, au mieux ça se met en place tout doucement. Je me lève. C'est toutes les cinq minutes maintenant si je regarde bien.. Aha... Noah dort, Guillaume est en poste... J'attends.
Il est 9h et je commence à douter. J'appelle Guillaume pour qu'il rentre, prépare le petit déjeuner du futur grand frère. Comme j'ai lu Dolto, je lui parle de Bébé qui arrive. Il me réclame "Cars". C'est pas gagné.

Guillaume arrive et je plonge (façon de parler) dans un bain chaud. Si ça s'arrête, je pleure. Ca ne s'arrête pas, et c'est très inconfortable.
Guillaume s'active un peu et Noah ne me quitte pas. Il restera près de moi, à côté de la baignoire, pendant toute la durée de ce bain... Il s'interroge je crois... Il me regarde intensément: "T'as bobo, Maman?" Que lui répondre?... "Oui, un peu mon chéri, c'est ton petit frère qui veut sortir, c'est normal, il fait toc-toc dans mon ventre!"
Noah réfléchit...
"Attends Maman, Noah va faire un bisou au bobo!" Il le fait... Puis...
"Regarde Maman je prends ton bobo et je le jette! Aurevoir le bobo!"
Je ne sais plus comment lui expliquer mais je me sens plus légère déjà... Ce moment est si précieux, unique, magique... Je suis, comme mon petit bébé, plongée dans l'eau chaude, et Noah près de moi ne me lâche pas des yeux, et serre les dents au rythme des contractions qui me secouent le ventre, nous sommes déjà quatre...
Mais pas le temps d'y penser plus, je ne tiens plus dans la baignoire, et dire qu'il faut encore sortir, me sécher et m'habiller...
Décidément, c'est aujourd'hui, j'en suis certaine!

"Chéri, on dépose Noah et on y va, on a une heure de route, soyons raisonnables".
Noah file tout content chez nos voisins, à peine un regard (sale petit ingrat) pour Maman qui se crispe... "A très vite mon Bébé... Euh mon grand garçon!"...

La route est pénible. On prévient les familles "Mais ne vous affolez pas hein, si ça se trouve c'est une fausse alerte!" Mais vindediousse faîtes que non!!!

Le monitoring fait les montagnes russes, est-ce bien ton arrivée que tu m'écris sur le papier qui défile?
La sage-femme temporise. Col à 1, Bébé très haut... Peut-être une fissure de la poche, mais pas sûr... On nous met en chambre, la longue attente commence, je le sais. Col à 1, c'est mieux que rien, mais ça va être long.
On marche autour de la clinique, je roule du bassin sur un ballon (grande journée de grâce et d'élégance) puis en fin d'après-midi je n'en peux plus de ce cirque... Si jusque là j'arrivais à "vivre" en dehors des contractions, ce n'est plus le cas car je n'ai plus de répit. Pourvu que ça avance.

Il est 20h30 et c'est la relève. Avant de partir, la sage-femme m'examine... Col à 1.
Ils vont me faire une césarienne. Ca n'avance pas, je vais finir au bloc, non non, pas après tout ça...
L'obstétricienne sait ce que je pense, la bougresse. Je connais mon dossier. Utérus cicatriciel, gros bébé, dystocie du travail car tête haute... Je n'ai pas beaucoup de bons points. Mais elle ne s'attarde pas dessus, elle ne peut rien me promettre si ce n'est de faire son possible. Je ne lui en demande pas plus... Si ce n'est un petit quelque chose pour que je puisse respirer un peu...

La relève arrive, et avec elle la sage-femme la plus merveilleuse du monde, accompagnée d'un produit magique ou presque. A ce stade du travail je ne gère plus rien, je ne cherche plus à retenir mes cris ou mes larmes. Je vais effrayer toutes les bonnes femmes du bâtiment, tant pis.
Déjà quinze bonnes heures de contractions et rien ou presque. Merde!!!

Je ne veux plus qu'on me touche, je ne supporte rien. Je ne veux pas de votre monito, je veux juste que ça s'arrête... Pourtant je l'ai voulue cette souffrance, je l'ai accueillie, c'était mon combat. Mes propres paroles me reviennent aux oreilles et m'arrachent un sourire: "Oui alors moi la péri c'est si besoin mais c'est pas sûr hein!"
Le Nubin passe. Ca ne calme pas les contractions (encore heureux) mais me permet de récupérer entre chaque vague. Pendant la vague, on me dit de souffler mais je ne veux rien entendre, j'arrive pas à souffler moi, j'avais beau dire que non, eh ben si: je SUIS une chochotte et la seule chose que j'arrive à faire c'est pas des "oooooh" pour accompagner la contraction c'est juste des "AAAAAAAAAAAAAAAAHHHH" pour que tout le département partage mon mal...

De l'acupuncture? Si tu veux.

Je ne me rends pas compte à quel point ça doit être long pour Guillaume, qui reste près de moi à chaque instant... Il n'y a pas de lit, il paraît qu'il est installé sur une sorte de pouf, je n'ai pas pu regarder, trop concentrée sur ma douleur... Oui, c'est long mais c'est tellement rythmé par les spasmes de mon corps que les heures défilent sans que j'en aie conscience.

Il fait nuit depuis longtemps maintenant. Entre les contractions je m'envole, sympa sa dope, j'en reprendrais bien un peu. Parce que là ça commence à ne plus marcher...
Non je ne veux pas qu'on m'examine, je ne veux pas qu'on me touche... Je repousse ses mains pourtant bienveillantes, je refuse ses conseils pourtant si précieux... Comme on est bête quand on a mal. Comment a-t-elle réussi à m'examiner? Dieu seul le sait. Toujours est-il que son visage a changé.
"Préparez-vous, on part en salle de naissance!"
En salle de quoi???
Je revis. C'est con le corps et l'esprit, hein? Je plaisante, je vais sur le fauteuil, on roule, c'est parti.
"Ca veut dire que l'anesthésiste arrive???" Oui. Amen.

C'est donc ça une salle de naissance... Ce n'est pas un bloc opératoire outrageusement éclairé et aseptisé, ce n'est pas une salle d'opération. C'est une salle de naissance.
L'anesthésiste arrive. Alléluia! Monsieur, j'ai peur. C'est nul, mais j'ai peur.
Il le sait et c'est normal. Ca me rassure, un peu.
"McCain ou Obama??"
Hein???
"OBAMA" Il pique. Aïe. Ah, c'est tout? D'accord.
Contraction. "Faîtes 'oooooooh' Madame"
"OOOOOOOOBAMA!!!"
D'ailleurs, Obama ou pas Obama? On ne sait pas encore je crois...

L'anesthésiste me dit que les contractions vont encore être gênantes un moment avant que la péridurale ne fasse complètement effet.
"Gênantes. Alors ça pardonnez-moi c'est bien un mot d'homme hein!!!"
Il ne se vexe pas. Il sait que je suis de mauvaise foi. Lui qui soulage la douleur des femmes... Il me dit de garder confiance. Il a raison.

Les choses avancent, doucement. Je peux enfin respirer normalement, accompagner mon bébé dans son voyage, à chaque contraction. "Ssssssssssssssssssss" pour qu'il descende... La tête est toujours haute.
On me rompt la poche des eaux, inondation!!! Alors c'était ça le gros bidon? Oui mais pas que.

Il doit être 4 ou 5 heures du matin. Obama est donné gagnant mais pas encore officiellement. C'est bien. C'est un beau jour pour naître, non? C'est donc ça que tu attendais...

C'est imminent ou presque maintenant. Mais pourquoi t'obstines-tu à regarder les étoiles? Le bloc opératoire est toujours là, présent dans un coin de ma tête et de celle de l'équipe, si tu ne te présentes pas bien...

Je suis donc à quatre pattes sur le lit, la tête sur un gros ballon, je fais des cercles avec mon bassin pour que tu te positionnes bien. Once again, quelle grâce!

Mais je suis si fatiguée maintenant... Ca va faire 24 heures...

Tu ne te tournes toujours pas.
De l'acupuncture, Madame? Si tu veux.
Un café, Monsieur? Veinard.

Maintenant je suis sur le côté, une jambe relevée, toujours dans l'optique de te guider comme il faut vers la sortie. La grande porte, si possible. Pas l'autre. Celle-là, c'était une sortie de secours, et elle est condamnée.
Tu commences à te tourner... Et puis non.

Merde!!!

On continue... On n'arrive pas toujours très bien à capter la galopade de ton coeur... Je commence à perdre réellement confiance. C'est trop long, c'est trop dur... Et si ce n'était pas écrit comme ça? Et s'il était dit que je ne saurais pas accomplir ce miracle? De toute façon tout a été différent, je peux tout accepter maintenant... Enfin non... Mais... S'il le faut...
L'obstétricienne émet toujours des réserves.
Pas après tout ça, non, franchement je ne le supporterais pas!

La sage-femme m'anéantit. Toujours tête en l'air...
Mais à dilatation complète la gynéco peut peut-être arriver à remettre Bébé comme il faut...

Il n'y aura pas besoin.
Tu es dans les starting-blocks, il t'a juste fallu 26 heures pour trouver le chemin.

"Attrapez vos jambes Madame, prenez plein d'air, bloquez, et poussez!"
J'ai rêvé d'entendre ça... Et... Hein?? Quoi??? Je fais comment???
"Continuez!!!"
Guillaume m'encourage, il pousse avec moi j'en suis sûre, il aime ce moment autant que moi je le sais, pour lui je dois y arriver, leur offrir à tous la naissance qu'ils méritent...
Je pense à Noah, passe avec ton frère mon chéri, passe avec lui...

Je me sens partir... Non non pas maintenant c'est pas possible... Mais c'est juste l'émotion, une vague différente, je vois mon ventre qui se tend, on me parle de cheveux QUOI???, on me dit "A la prochaine contraction il est là!"
Moi j'ai le droit d'entendre ça? Moi j'ai réussi à faire ça? C'est pas possible je vais ouvrir les yeux et je serai au bloc, le bas du corps paralysé, et les larmes sur mes joues ne seront plus des larmes de bonheur...

Mais non, je suis là, c'est bien moi, je suis en train de mettre mon enfant au monde.
D'ailleurs ça y est, il glisse, il vole même, il est sur moi, il est chaud, il crie, il est tout chevelu, il est là.

Il est contre moi. Guillaume est près de nous. On ne nous volera pas cet instant cette fois... Le reste est entre nous... Marqué à tout jamais dans notre coeur, dans notre chair...

Je suis née avec mon deuxième fils ce joli matin de novembre...

Que dire de plus à ceux qui m'ont aidée que MERCI? C'est si peu...

Merci à toi, mon enfant, pour avoir pansé une à une toutes les blessures restées ouvertes... Pour avoir fait de moi la femme et la mère que je suis, pour avoir fait de nous, enfin, une famille complète, heureuse un point c'est tout.



Je m'appelle Robin, je suis né le 5 novembre 2008 à 7h25, 4kg190 (Mazel tov) pour 53cm. Ma naissance fut merveilleuse et depuis, chaque instant est un cadeau...

10/15/2008

Simone Veil, le retour...

Un petit, ou plutôt un gros carton rouge, en forme de coup de gueule. J'évite de rentrer trop dans les détails persos en général, mais je ne peux pas me taire cette fois.

Pour certaines cela va sans doute paraître anodin, mais moi j'explose!!!

Je suis quelqu'un d'extrêmement pudique, c'est même maladif à vrai dire, en temps normal. Pendant la grossesse, on arrive à en faire un peu abstraction tout en tâchant de préserver un peu de dignité et d'intimité si on le peut. La médicalisation un peu à outrance de la grossesse et de la naissance sont à ce prix... On en prend notre parti, au fond, plus facilement pour certaines que pour d'autres mais enfin toujours est-il qu'on y fait de moins en moins attention. Et pourtant...

Gynécos, sage-femmes, médecins en tous genres se succèdent entre nos jambes, la main experte et l'oeil blasé. Nous on met les pieds dans les étriers, on écarte les cuisses, au mépris de tout ce que l'éducation et la société nous a appris, offrant ce que la décence nous conditionne toute notre vie à cacher, on tourne le regard et on attend que ça passe...

L'obstétricienne de la maternité m'a prescrit un prélèvement vaginal à effectuer pour le dépistage du streptocoque B. Pourquoi ne le fait-elle pas elle-même "pendant qu'elle y est"??? Mystère...

Sachant l'importance de cet examen, je suis allée prendre RDV au laboratoire près de chez moi pour l'effectuer rapidement. Connaissant un peu les différentes personnes qui travaillent dans ce labo, je demande à ce que ce soit la femme et non l'homme qui s'occupe de ce prélèvement, elle m'en avait déjà fait un après la naissance de Noah et avait été très douce et très compréhensive malgré mes larmes incontrôlables...
Cette dame est en vacances, c'est donc l'homme, que je n'ai jamais vu ou presque, qui viendra coller son instrument dans mon vagin et y prélever ce qui doit y être prélevé.

Je trouve ça d'une violence, d'un irrespect incroyable...

Je sais, c'est un détail au fond, ce qui compte c'est d'avoir un enfant en bonne santé, mais est-ce que ça doit forcément se faire au prix du peu d'intimité qu'on nous laisse?
Est-ce qu'on n'a plus aucun respect pour l'amour propre et la pudeur des femmes?
Est-ce qu'on est juste un vagin avec une femme autour, au final?

Je sais aussi que certaines femmes vivraient nues tout le temps si cela pouvait leur permettre d'attendre enfin un bébé... Je le sais...

Mais là, tout de suite, moi je n'en peux plus de tous ces yeux, de toutes ces mains, de tous ces gens qui me "violent" et qui ne connaissent même pas mon prénom...

Ca me passera, me direz-vous. Sans doute... Mais pour l'instant, j'en pleure d'avance...

Garder son sens de l'humour, en toute circonstance!

Oui, je suis ignoble. Un monstre. Une serial killeuse de petites vieilles dames fragiles du coeur.

Mais tant pis, je vous raconte. Une petite anecdote sans intérêt mais, ah, ça fait du bien parfois!

Samedi dernier Chéri a traîné son (gros) boulet de femme à une soirée "comité des fêtes" d'un petit village voisin. Comprenez, un bal musette amélioré, mais je ne crache pas dans la soupe (qui était délicieuse) car on a passé une bien bonne soirée entre amis!

Bien sûr tout le monde me suivait du regard avec un air un peu effrayé. La responsable du comité m'a même gentiment demandé si j'avais l'intention d'accoucher là. (J'ai dit oui, vous pensez bien!)


Je suis allée me chercher un verre (de coca bien sûr) au bar, où la madame qui servait m'a regardée d'un coup et a fait un bond en arrière, manifestement effrayée.
Je souris calmement. J'attends la question.
"Oulàlà mais c'est pour très très bientôt!!?"
Je prends un air serein et résigné, j'irai même jusqu'à dire "contrit":
"Ben... C'est pour dans trois mois..."



Bon sang, j'aurais dû prendre mon appareil photo.

Par contre, pour justifier le "Mais c'est pas possible y en a combien dedans???" qui a suivi:






[EDIT] *** Je me rends compte que ce n'est pas clair... Il ne me reste pas trois mois... Mais trois semaines maxi!!! ***

10/04/2008

Générosité enfantine

Avoir des enfants, en soi c'est déjà un cadeau. Rassurez-vous, vos enfants le savent, et entendent bien être considérés comme tels.

Mais il arrive parfois que l'enfant, dans un élan spontané, sincère et désintéressé, vous fasse l'insigne honneur de vous faire un cadeau.

C'est ce qui m'est arrivé y a pas cinq minutes. J'étais humblement partie faire pipi (ma Maman vous dirait qu' "il y a des chiens qui y vont sans le dire" mais ça a son importance dans la suite de l'histoire) et Noah arrive triomphalement dans les toilettes, déjà tout fier de son plan.

"Maman fait pipi sur le pot."
"Oui mon chéri, c'est ce que font les gens biens."
"C'est bien, Maman, bravo!"
*** Fierté ***

"Tiens Maman, cadeau!"
"Attends chéri, je me rajuste."
"Maman, ferme les yeux!! Cadeau!!"

Je referme mon pantalon et mes yeux, donc, et tends la main, avide et impatiente. Dans ma tête je vois déjà les futures fêtes des mères sous une pluie de colliers de nouilles et de masques cauchemardesques (mais néanmoins véritablement artistiques) de papier mâché...

Mon petit bonhomme de deux ans et demi est déjà plein d'amour pour sa Maman dévouée et va déjà me faire un sublime cadeau improvisé mais émouvant que je pourrai exhiber fièrement en société. Je crâne déjà, mentalement.

"Ouvre les yeux, Maman!"
Je prépare une expression subjuguée, de circonstance, qui se transforme en circonspection, puis en franche grimace...

"Oh, des crottes de nez."
"Maman, t'as pas dit MERCI!"

10/02/2008

Epater la gynéco, un kilo/centimètre à la fois...

En quelques chiffres j'ai ruiné dans l'oeuf ma relation d'amour naissante avec l'obstétricienne de la maternité. Damned.

Tout avait plutôt bien commencé, en fait. Consultation, auscultation, papotation, enfin la routine.
Et là, elle a sorti son mètre de couturière.
Je me crispe d'avance... Elle mesure, me fait des yeux comme des soucoupes et lâche le verdict:

"Hauteur utérine: 36 centimètres, presque 37..."
(Genre elle a jamais vu ça, les yeux de merlan frit et tout)

Je rougis timidement (vous me connaissez) et je hausse les épaules (enfin si tant est qu'on peut hausser les épaules dans cette charmante position qu'on appelle poétiquement "gynécologique") parce que c'est vrai, qu'y puis-je?

La leçon commence:
"Vous avez sûrement pris trop de poids. (Notez que j'ai mis un point. Ce n'est pas une question, c'est une constatation bienveillante de Médecin-Tout-Puissant) Franchement, ça ne sert à rien de grignoter, de manger plein de sucre, vous allez faire un très gros bébé c'est ce que vous voulez?" (Mais-oui-bien-sûr je ne demande que ça; après tout qui ne rêve pas d'avoir à expulser un bébé baleineau par là où vous savez??)

Calmement, je lui suggère de regarder sur mon dossier quel était mon poids à ma consultation du troisième mois, soit le 28 avril de cette année.

Elle me répond: "[chiffre*]"

Je lui dis: "Bien, ayez l'obligeance de bien vouloir reculer afin que je puisse accéder à la balance silvouplémerci."

Je monte sur l'engin. Et commente: "Bon, vous pouvez noter. Consultation du 30 septembre de l'an de grâce 2008, 35 semaines et 3 jours. Poids: [chiffre tout pareil*]. Prise de poids: ZERO."


Pan, dans les dents. Grosse oui, lourde non!




* Le poids d'une femme, ça se demande pas. Malotru(e), va!