10/04/2017

Dans le ventre (du portefeuille) de l'hôpital


Hier soir était diffusé "Burning Out", un documentaire tourné pendant un an "dans le ventre de l'hôpital", en voici l'alléchant pitch:

Durant plusieurs mois, Jérôme Le Maire a filmé le quotidien de l'unité chirurgicale de l'hôpital Saint-Louis, à Paris. 250 salariés, 14 salles d'opération, 60 à 80 interventions par jour... Entre rythme de travail effréné, obligation de résultats, manque de moyen, stress et pression, le personnel soignant est au bord de l'épuisement. Immersion au cœur d'un " monde désenchanté".

Déjà je tique, ne serait-ce que sur la formulation: dans le milieu médical, nous avons une obligation de moyens, pas de résultat, c’est-à-dire que nous avons l’obligation de tout mettre en œuvre pour soigner, aider, voire sauver, mais qu’on ne peut pas nous reprocher de ne pas réussir si nous avons fait et bien fait tout ce que nous avons pu.
Une obligation de résultats, c’est pour une entreprise qui vend des produits, des services, dont on demande aux commerciaux de remplir des quotas pour être payés en conséquence par exemple.
Bon, là tu te dis « Michelle, tu cherches la petite bête ! », je me le dis aussi. J’étais quand même impatiente de voir le reportage (en croisant les doigts très fort pour que le pitch ne me mette pas Mylène Farmer dans la tête parce que ÇA ce serait vraiment dur à vivre).

Et donc, toute « fraîche » rentrée de mes 12 heures de boulot (trajet de 1h15 non inclus), je me pose, pleine d’espoir, devant Arte.

Désillusion en 4 étapes :

-       Je n’ai pour ainsi dire pas vu (en tout cas certainement pas entendu) d’infirmier ni d’aide-soignant, brancardier, ASH… Sauf une fois une infirmière de bloc qui se fait secouer par un chirurgien qui l’assomme du très classique « C’est quand même moi le médecin ici! ». Je me dis qu’on va embrayer sur ces tensions, ces incivilités, ces violences parfois dont le bloc et le reste des services sont le triste théâtre. Apparemment non.

-       Les administratifs se réunissent pour se dire « mince alors on dirait qu’il y a des tensions, qu’est-ce qu’on pourrait bien faire pour calmer les gens améliorer la « qualité de vie au travail » ? Faisons un audit de 6 mois ! ». Les gens sont momentanément calmés attendent beaucoup de cet audit. Réunion 6 mois plus tard, un mec en costume cravate avec un ordinateur qui coûte deux mois de salaire d’infirmière dit : « OK les gars vous êtes pas mal niveau rentabilité mais on peut faire mieux ! Ouvrez plus de salles d’opération, sur des plages horaires plus larges et vous serez riches ! ». La réunion est terminée, merci au revoir. Pas un mot sur l’humain, pas un mot sur le personnel (qui du coup devra supporter plus de salles, plus d’horaires, sans ajout de poste !). Côté blouses blanches, c’est la déroute, on nous avait promis qu’on ferait des knakis de parler des conditions de travail. Je serais curieuse de savoir combien il a coûté cet audit, un audit pour qui pour quoi ?

-       Tiens, une seule fois un médecin réanimateur (l’atout charme et émotion du reportage, qui a l’air sincèrement humaine et proche de ses collègues) mentionne les petites mains de l’hôpital : « On n’a même pas parlé de tous les corps de métier, infirmiers, AS, ASH, tous ceux qui font vivre l’hôpital ». Oui, c’est vrai. On n’en a pas parlé. En fait on n’en parlera pas.

-       Salle d’op. Patient les tripes à l’air, on demande à l’équipe de chirurgiens s’ils ont une idée de pourquoi c’était mieux avant. L’un répond : « Autrefois, le médecin était le roi » (visage nostalgique). Et donc ? C’est parce que ce n’est plus le cas que l’hôpital va mal ?

-       Conclusion : les chirurgiens et les anesthésistes réanimateurs vont mal (du coup certains crient sur les infirmières mais c’est pas trop de leur faute), donnons au petit personnel des trucs à faire pour s’occuper l’esprit et leur donner l’impression qu’on écoute ce qu’ils ont à dire (ersatz d’audit, boîte à idée qui enthousiasme tout le monde mais qui finit à la poubelle, déjà là un an est passé donc tu vois, quand on veut gagner du temps on peut !), filmons tout ça avec des regards tristes et des images furtives d’opérations comme ça les téléspectateurs vont kiffer, et HOP HOP HOP tu crois qu’on va rentrer dans le vif du sujet et en fait le générique de fin est lancé. J’en étais comme deux ronds de flan. Comment ça, c’est fini ? On n’a rien dit, rien vu, rien fait avancer ! Un coup pour rien.


-       Conclusion bis : voyez plutôt « Dans les yeux d’Olivier », un formidable reportage tourné l’année dernière qui suit vraiment des soignants dans leur quotidien, qui parle vrai et qui fait du bien, un reportage qu’il est bien de le regarder, avec de vrais morceaux d’infirmière dedans <3 span="">

Illustration de l'excellent Boulet Corp

11/09/2016

Orange is the new black?

Mister R. a eu 8 ans il y a quelques jours.

Si tu calcules bien (et de toute façon en plus je te le dis), il est né pendant l'élection de Barack Obama. L'élection et l'accouchement-marathon étaient les deux fils rouges de cette nuit étoilée dans ma petite maternité de campagne. J'ai gueulé comme un veau quand l'anesthésiste m'a piquée: "OOOOOOOOOOOBAMAAAAAAA!!!". Le soleil brillait. Je me sentais en sécurité. Le monde changeait forcément dans le bon sens.

Les USA avaient élu un Black, jeune, moderne, cool, qui avait un discours important sur le système de santé et les inégalités liées au sexe ou à la couleur de peau, qui avait à coeur de combler les fossés entre les personnes.

J'ai l'impression que nous ne sommes plus dans le même monde aujourd'hui. Il pleut, déjà.

Il y a 12 ans, les USA, c'était chez moi. Dans mon petit canapé Ikea, je regardais parfois une émission genre "télé-crochet" mais version business, "The Apprentice", et je me disais, "FUCK ce type orange avec une moumoute est vraiment une pourriture sexiste!", et ça me faisait rire. J'ai même croisé le type (il est au moins aussi moche en vrai) dans les rues.

Aujourd'hui je regarde une chaîne d'infos et les bandeaux déroulants en bas de l'écran me donnent l'impression d'être dans un mauvais remake de "Retour vers le futur". Ce serait moche, mais au moins je pourrais retourner dans le passé et dire "ouf on peut faire en sorte que ça n'arrive pas!".

Mais c'est la réalité.

Il pleut.
On n'est plus en sécurité nulle part.
Le monde a basculé sur son axe.

Cette nuit, l'une des plus grandes puissances mondiales, celle qui a élu Barack Obama pour deux mandats successifs, a élu à sa tête un homme d'affaires véreux, raciste, sexiste, rétrograde, gerbant, pourri, et ORANGE.

Des jours sombres s'annoncent. Assombrir du orange ça donne du rouge, comme le sang, coïncidence?...

9/15/2016

Adoléchiant, mon amour.

Tu me dis que tu me détestes.
Je te réponds que je t'aime. Y a un truc biochimique qui m'empêche de te détester. Et ce serait tellement plus facile de pouvoir te détester, pourtant.

La vraie difficulté, c'est de t'aimer. De continuer à t'aimer, même et surtout quand tu me détestes.
Quand tu te comportes comme le dernier des ingrats.
Quand tu me rassures sur le fait que tu m'aimes autant que le chat.
Quand tu soupires, lèves les yeux au ciel, montes l'escalier en tapant des pieds et claques les portes.
Quand tu es comme une tornade qui sème la dévastation et les chaussettes sales derrière elle.
Quand tu ne dors pas.
Quand tu crises parce qu'il est hors de question que tu manges un truc dans lequel j'ai osé croquer.
Quand tu demandes, obtiens, et remercies à peine, puis recommences.
Quand je me plie en quatre et que tu ne remarques rien.
Quand tu ne supportes pas d'entendre que tu me ressembles.
Quand tu prends tout pour acquis, normal, sans rien remettre en question, surtout pas toi.
Quand tu me pousses à bout.
Quand tu fais bouillir ma tête.
Quand tu fais pleurer mes yeux.
Quand tu fais saigner mon coeur.
Quand tu refuses tout.
Quand tu n'aimes rien.
Quand tu as tout et qu'il te faut le reste.
Quand tu deviens parfois cette personne que j'ai toujours refusé que tu sois.
Quand tu fais des promesses que tu ne tiendras pas, et que tu ne comprends pas que je n'y croie plus.

T'aimer, c'est aussi dur que ça. Et pourtant je ne cesserai jamais d'adorer ton grand coeur, tes traits fins, tes yeux parfois si doux, tes gestes tendres qui contrastent avec ton air revêche, ton sourire qui rayonne, ton énergie inépuisable, ton visage quand tu dors et que je prends des photos pour mieux ne pas t'achever quand tu ne dors pas, ton humour même si tu t'en sers parfois à mes dépens, cette façon que tu as de t'adresser au monde avec presque trop de politesse...

Mais par-dessus tout, quoi que tu en dises, j'aime que tu m'aimes.




11/14/2015

We are the lucky ones

Aujourd'hui, une part de moi se sait chanceuse.
J'ai une famille, des amis, un toit sur ma tête, de la nourriture dans mon assiette.
Je vis dans un pays LIBRE où mes enfants peuvent aller à l'école et décider s'ils seront constructeurs de Lego ou pilotes d'avion pour mieux voir les trains d'en haut.
Je vis dans un pays que je n'ai pas besoin de fuir avec mes enfants dans un radeau de fortune.

Aujourd'hui, mon pays que j'aime pleure et mon coeur saigne, et inversement. POURTANT, j'ai aussi la chance de n'avoir pas perdu de proche. Je ne dis pas que je n'ai perdu personne que j'aime, parce qu'au fond, on est bien censés s'aimer tous les uns les autres, et que dans l'absolu, j'ai perdu au moins 128 concitoyens du monde.

Il faut savoir à la fois panser ses plaies et se relever. Faire le deuil, et ne pas se laisser mourir sous les coups terroristes. S'entraider et ne pas alimenter de haine ou de désir de violence.

Nous avons la chance d'être une belle nation, je veux croire que nous sommes et restons un pays ouvert et intelligent, je veux croire qu'à nouveau nous sourirons, rirons, je veux croire que nous avons de la chance de VIVRE.

Je veux croire que nous ne sommes pas que des victimes et que demain est un autre jour.

9/23/2014

La pédagogie du "Fais ce que je dis, pas ce que je fais"

Si tu n'as pas vécu dans une grotte dernièrement, tu as très certainement entendu parler de l'agression verbale et physique dont a été victime une jeune fille récemment. La vidéo a fait le tour de la toile (discutable, mais ce qui est fait est fait).

La toile qui désormais se défoule sur l'agresseuse. Une petite mauviette sans coeur et sans couilles, certainement, qui de toute évidence ne regrette rien pour l'instant. Mais ça, quelle différence ça fait?

Alors, où s'arrête la justice? Où commence la vengeance? Quelle légitimité?

Que peut-il ressortir de toutes ces horreurs que je lis? L'incitation au suicide, le récit détaillé de toutes les atrocités que certains prétendent vouloir faire subir à cette fille (ceux-là mêmes qui n'ont pas bougé lors de l'agression, la responsabilité diluée, on en parle?)…


On n'apprend pas aux enfants à ne pas mordre en les mordant.
On n'apprend pas aux étudiants infirmiers à piquer avec des gants quand on n'en porte pas.
On n'apprend pas aux meurtriers à ne pas tuer en les condamnant à la peine de mort.

Ici, tu liras que Mamananonyme se demande très justement "Faut-il harceler les harceleurs?"


On a tous fait des trucs dont on n'est pas très fiers, même si ça ne va pas aussi loin que cette histoire. Toi, moi, les autres.


J'ai sûrement été des deux côtés de la barrière moi aussi.

Mais je me souviens surtout d'une chose. J'étais en primaire et j'étais côté victime. Longtemps. Durement.
Un jour, une des petites pestes de la troupe (parce que c'est toujours comme ça que ça se passe, un groupe qui s'attaque à une personne faible) m'a tendu un mot. Ce mot ne pouvait, à mon sens, pas être autre chose que des insultes, encore. J'ai mis le mot dans ma poche sans le lire.

J'ai attendu d'être seule, parce que je savais que j'allais pleurer.

Seule, j'ai déplié le papier, et j'ai lu, elle avait tapé le mot à la machine, j'ai eu peur (ça avait un sale côté "lettre anonyme qui dit que tu vas décéder bientôt dans d'atroces souffrances", putain c'est dur le CM1 quand même) et j'ai souri en même temps (c'est rigolo qu'elle ait écrit ça à la machine, je sais pas pourquoi).

Elle me disait que sa maman lui avait raconté une histoire qui lui était arrivée quand elle était petite, qui lui avait fait comprendre que ce qu'elles me faisaient subir était mal, injuste, cruel. Elle me disait qu'elle était désolée. DÉSOLÉE. Qu'on serait peut-être pas super copines (lucide, la petite!), mais que rien ne justifiait les brimades, et que c'était terminé, tout ça.


Effectivement, on n'a pas été super copines par la suite. Mais on s'est tolérées, la coexistence pacifique, quoi.

Les années ont passé. Il y a eu d'autres harceleurs, d'autres harcelés. Il y a eu des amis (des vrais et des faux), des ennemis (plus ou moins dangereux), mais pas d'autres petits mots.

Je l'ai encore, ce mot. Je le regarde parfois quand je me demande si le monde tourne rond, si on peut faire confiance à la justice…


J'ai raconté cette histoire à Fifils Premier. J'ai peur qu'un jour il ne se retrouve dans l'une ou l'autre des positions. Je ne peux pas forcément l'empêcher, mais je peux faire en sorte qu'il se pose des questions en toute situation.


Parfois, j'ose espérer qu'on peut tous réfléchir à ce qu'on fait et s'excuser, voire réparer, au moins un peu…


Mais une chose est sûre, "Fais ce que je dis, pas ce que je fais", c'est stérile, et c'est vraiment un principe à la con.

8/19/2014

Le calme après la tempête...

Le temps n'avançait pas. Les semaines, les jours, les heures se sont éternisées, jusqu'à ce moment.
Le moment où je me suis retrouvée face à ce tableau sur lequel était affichée une liste de noms, les noms des 37 nouveaux Infirmiers Diplômés d'État de mon petit IFSI de cambrousse.

Mes yeux se sont précipités sur le bas de la liste, ordre alphabétique oblige. J'ai cherché mon nom sans le voir… Et je me suis sentie précipitée dans le vide. La pièce tourne, il fait chaud.

À travers mes larmes, j'ai relevé les yeux et aperçu une autre nom, plus haut dans la liste.

MON NOM DE JEUNE FILLE, PUTAIN.

Là, j'ai pu joindre ma joie à celle de mes camarades diplômés (AKA la meilleure promo de tout l'univers)… Là, je me suis rendue compte que je retenais mon souffle depuis tellement longtemps… 3 ans, en fait.

Mes enfants chantent: "Maman est revenue, maman est revenue!" et je sais que nous allons pouvoir passer des vacances sereines, tout est terminé. Les évaluations, les stages, le statut de merde, la loose totale jour après jour, les révisions le soir et la nuit, l'hésitation devant les formulaires à remplir quand il y a une case "profession"…

Ces mots remplissent ma bouche et gonflent mon coeur de fierté quand je les prononce enfin:

Je suis INFIRMIÈRE.



Bon. Now what?

Ne vous attendez pas à ce que je fasse un couplet "C'était très dur mais je voudrais dire à toutes celles et ceux qui veulent suivre le même chemin qu'au final c'est magnifique et que tout est beau et rose sous la blouse".
Parce que je n'en suis pas (encore) là.
Parce que j'en ai GRAVE CHIÉ MA RACE et que ma famille en a payé le prix.
Parce qu'il y a des moments dans la vie qu'on ne peut pas rattraper si on les manque.
Parce que si je dis en souriant que mes enfants chantent mon retour auprès d'eux, tu te doutes de ce qu'il faut lire entre les lignes.

MAIS à côté de ça il y avait l'amour et le soin. Il y a eu Mme L (il y a eu 6 Mme L, maintenant que j'y pense!), Mr M, Mme D, Mme A, Mme P, Mr O, Mme S (il n'y en a eu qu'une)… Et tous les autres… Je me souviens de tous leurs noms.
Il y a eu les collègues en poste et les collègues de promo…
Il y a eu beaucoup de larmes, pas toujours de tristesse.
Il y a eu des sourires, des contacts, des regards…
Il y a eu des plaies, des fins de vie, des débuts de vie, des petits bobos au coeur et des gros bleus à l'âme.


NON je ne regrette pas d'avoir fait le choix de suivre la voie/voix de mon coeur.
Mais s'il fallait tout recommencer je doute que j'en serais capable.

HEUREUSEMENT, je n'ai pas à me poser la question. I survived.
Mais maintenant, je vais suivre ce bel adage, leitmotiv de tous les cordonniers les plus mal chaussés: "prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin des autres".

Et mettre un joli caducée sur mon pare-brise parce que, je ne me lasserai jamais de le dire, JE SUIS INFIRMIÈRE!



6/28/2014

"Il y a…" *

"Parfois on regarde les choses telles qu'elles sont en se demandant pourquoi
Parfois on les regarde telles qu'elles pourraient être en se disant : POURQUOI PAS?"


Il y a 3 ans 1/2, je me suis dit "Pourquoi pas?" et j'ai passé ce concours…

Un de mes hémisphères cérébraux était persuadé que "ça ne mangeait pas de pain", et que je n'étais dans ce gymnase froid que pour avoir la confirmation que vouloir changer ma vie était vain.

L'autre hémisphère y croyait grave. Mais ce n'est jamais lui que j'écoute.

Pourtant, les obstacles furent franchis et les semaines, les mois, ont passé, traçant ma voie. Les évaluations, les stages, les rires et les désillusions se sont succédés.

La ligne d'arrivée de cet incroyable, passionnant et terrible marathon est en vue. Les dés sont jetés, et dans 20 jours exactement, je saurai. Les sentiments se mélangent, le temps file et se traîne à la fois, ce 18 juillet ne viendra donc jamais…

J'ai aimé, soigné, bercé, pansé, pleuré… J'ai dormi (un peu), j'ai travaillé (beaucoup), j'ai culpabilisé (tout le temps).
Je ne sais plus pourquoi j'ai fait tout ça, je ne sais même plus parfois dans toute cette confusion si je veux vraiment voir mon nom sur la liste des reçus.

J'ai arrêté d'essayer d'analyser, au fond je ne pense plus qu'à cette date, à cette heure, qui est si loin et si proche à la fois. Futurs soignants, on apprend aussi à être "patients".


Et en fait, je sais très bien ce que je veux ;)

Ce que nous voulons, moi et tous les ESI du monde entier et surtout, surtout, tous mes collègues de promo (vous déchirez mes p'tits poulets, changez rien!) : nous sommes des INFIRMIERS qui n'attendent rien plus que de voir briller     I.D.E.   en lettres dorées sur leur blouse.







* Pour ma version préférée de tous les temps de cette merveilleuse chanson, c'est ici

2/27/2014

Sous la blouse… Le blues

Entendez-vous le grondement de la colère hospitalière?
Les sage-femmes se battent pour leur statut.
Les infirmiers sont en burn-out.
Les étudiants infirmiers sont pris entre les feux nourris du gouvernement et des établissements de soins privés.

Et qui paye les pots cassés? Les patients, toujours les patients. Eux qui sont nus sous la blouse.

Nous, ESI (étudiants en soins infirmiers), sommes baladés d'hôpital en clinique, d'IFSI en soins à domicile, toujours payés une cacahouète et demi (pour laquelle il faut s'incliner et dire merci, sous prétexte qu'avant, on n'avait rien), la plupart du temps traités en main d'oeuvre bon marché (ce pour quoi il faut s'incliner et dire merci, sous prétexte qu'on est censé nous apprendre à en chier), sans oublier la passion qui nous a animés au point de passer le concours et de survivre aux 3 années d'études (pour lesquelles il faut s'incliner et dire merci sous prétexte que l'enseignement est un service qu'on nous rend)…

J'aime déjà mon métier. J'oublie les soucis quand un patient me sourit. J'ai toujours la passion pour cette profession aux nombreuses contraintes, aux conditions de travail parfois inadmissibles, aux horaires de merde, au salaire de misère, et à la reconnaissance proche de zéro.
Je suis déjà pleine d'amour pour cette profession riche, passionnante, profondément HUMAINE.

Mais encore faut-il, pour l'exercer, que je puisse avoir l'occasion d'être diplômée.
Et cette occasion est remise en cause pour certains de mes collègues ESI.

Au 1er mars, la plupart des structures de soins privées refuseront d'accueillir les stagiaires infirmiers. Pourquoi? C'est pas mal résumé ici.

La conséquence directe, c'est que les places de stages infirmiers étant déjà restreintes, on se retrouve face à à peu près 22000 étudiants SSF (sans stage fixe), dont une partie en 3ème et dernière année de formation. Il faut savoir que TOUS les stages de la formation doivent être validés pour pouvoir être présenté au diplôme d'État. Donc, pour ces étudiants, c'est carrément la possibilité d'être diplômés qui est remise en cause. Avec tout ce que ça peut avoir de répercussions: diplôme retardé, donc poste retardé (certains ont déjà des promesses d'embauche!), entrée dans la vie active retardée, salaire retardé…

C'est donc officiel. Les soignants souffrent, saignent, pleurent… Dès les premières marches de leur parcours professionnel. Et là-haut, visiblement, on s'en cogne. J'espère qu'ils ouvriront les yeux et les oreilles, et qu'ils se demanderont: quels soignants veulent-ils avoir au pied de leur lit quand ils seront malades?

Je ne suis pas confrontée au problème de stage, les miens sont prévus à l'hôpital public. Mais je suis concernée, pour mes collègues, pour mon métier. Être un soignant engagé, ça commence aujourd'hui!


Et si vous voulez tester les clichés, la prochaine fois que vous verrez une soignante… Demandez-lui si elle est nue sous son blues.



1/01/2014

"Il n'y a qu'une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c'est la peur d'échouer" (Paulo Coelho)

L'année est nouvelle tous les ans. Et pourtant, aucune n'est jamais identique à la précédente (heureusement).
La vie est faite de pages qui se tournent, d'années qui se succèdent, d'étapes à franchir, de choix…

J'avais quelques rêves, plus ou moins réalisables, dans la vie: devenir maman, chanter, rencontrer Bruce Willis, écrire un livre, être infirmière, pouvoir manger ET porter un 36, découvrir New York, jouer dans Friends, entre autres. Comme tu le vois, je suis une petite veinarde, j'en ai réalisé certains. J'ai renoncé à d'autres, et je ne perds pas espoir pour ceux qui restent. Je suis une incorrigible rêveuse...

Un Nouvel An après l'autre, les années ont fait de moi une New Yorkaise, une mère, une épouse, une étudiante… 2014 fera de moi (inch'Allah) une Infirmière Diplômée d'État. Enfin, putain.

Ce diplôme, je l'ai tellement rêvé, tellement voulu, tellement bûché. Je le touche du doigt… Nous le touchons du doigt. Il est encore si loin, et il est si près à la fois…

À l'origine, je doutais de réussir le concours d'entrée à l'IFSI. Et me voilà en fin de parcours. Grâce à beaucoup d'amour, de patience, de temps, de soutien et de CAFÉ.

Donc, souhaitez-nous à moi et à tous mes collègues ESI bon courage, et CE PUTAIN DE DIPLÔME EN JUILLET PARCE QU'ON L'A PAS VOLÉ !!!
Bonne année du DE mes p'tits poulets!


(Évolution physique d'une étudiante infirmière du début à la fin de la formation)

11/10/2013

Ma touffe et moi

(Je vais attirer un public nouveau avec un titre pareil!)

Tout le monde te le dira, les cheveux, c'est un élément déterminant de la personne. T'en as beaucoup, t'en as pas, ils sont longs, courts, crépus, raides comme la justice, ils t'obéissent ou pas, tu les lisses, tu les brosses, tu changes de coupe tous les mois ou tu les laisses en friche.

J'adore mes cheveux longs. En fait, je les adorais. Vendredi, ma coiffeuse a pu grâce à moi agrandir son stock de postiches. Ça ne s'est pas fait sans larme, je ne te le cache pas. Mais ça s'est fait sans regret.

Sans regret parce que:
- 1) me laver les cheveux me demandait une organisation de bien 48h à l'avance (pas le matin quand je bosse à 7h, pas le soir sinon ils ne sont pas secs le lendemain matin, casse-couille bonjour) et me prenait un temps fou que je n'ai pas,
- 2) professionnellement je suis dans l'obligation de les attacher en permanence,
- 3) la combinaison de tout ça faisait que j'aurais sans doute pu être vénérée comme une déesse si on vivait tous dans un monde où les cheveux gras à la racine et secs aux pointes et qui tombent par poignées sont un critère de beauté. Mais là, non.

Et puis, du renouveau, ça fait pas de mal.
Peut-être qu'on arrêtera de me demander si c'est "Madame ou Mademoiselle".
Peut-être que c'est la fin de quelque chose et le début d'une autre.
Peut-être que c'est juste une coupe de cheveux, après tout…

En tout cas, ça fait des guilis dans le cou quand même.

8/29/2013

J'abandonne toujours rien, j'entreprends toujours plus!

J'abandonne pas mon blog, je le laisse en friche quand c'est les exams/les vacances/le rhume des foins...
J'abandonne pas mes cheveux, je les laisse choisir leur voie.
J'abandonne pas mes études, j'entreprends la dernière ligne droite.
J'entreprends la suite de ma route.
J'entreprends mon chez moi.
J'entreprends ma toujours plus lente ascension vers l'adultisme: famille, carrière, maison, toussa-toussa.

Ces derniers mois, on a dit au revoir, dans le désordre, à notre matou, à notre petite ville et à notre maison-des-trois-petits-cochons, à mon Pépé, à ma vingtaine, à mon 38, aux couches pour de bon même la nuit, et à plein d'autres choses plus ou moins importantes.

C'est toujours le bordel à la maison la plupart du temps, le bordel dans ma tête parfois. Anarchy is the new black (note pour plus tard: penser à suggérer ceci comme titre de chanson à Matthew Bellamy). La désorganisation comme choix de vie. Se dire parfois en souriant qu'on voudrait pouvoir tenir ses enfants en laisse, et s'efforcer en vrai de les tenir en liesse. C'est plus de taf, clairement, mais objectivement, ça vaut plus le coup sur le long terme. Je vais pas te mentir, ils te le rendront sans doute pas. La loi de l'ingratitude maximum. Mais tu te rendras vite compte que plus tu les rends happy, plus t'as la paix le soir. Pour lire, ou écrire, par exemple.

Il reste encore tant de route, tant de choses à faire, à vivre... Il faut que je me remémore, parfois, que je dois écrire plus souvent. Il m'arrive d'oublier combien j'aime ça. Comme j'aime les chaussures. Les jolies robes. Le calme d'une douleur soulagée. Ébouriffer la tignasse de mes mectons.

J'avais dit que je serai écrivain, un jour. J'ai foiré, de toute évidence. Mais en fait, il y a toujours des choses à vivre, à dire, à écrire. J'ai rédigé mille livres dans ma tête, fictions ou pas. Tout comme j'ai chanté mille chansons, out loud ou pas.

De la pensée au papier, la route est parfois longue, mais tous les chemins mènent à Rome. Ou à Blogspot.

Anyway, résolution du nouvel an (scolaire): se botter le cul et ÉCRIRE!

5/08/2013

Dear 16-year-old me...

J'ai vu passer un attendrissant exercice sur la toile : le principe est simple, c'est d'écrire une lettre à ton toi de 16 ans. Ce serait cool si on pouvait l'envoyer (et la recevoir). À quel point les choses seraient-elles différentes? En vrai, serait-ce une bonne chose? Le mystère restera entier jusqu'à ce que "Retour vers le futur" (ou "Bond en avant vers le passé") soit devenu réalité.

Bref, j'ai tout de suite pensé à toutes les choses plus ou moins utiles que j'aurais pu m'écrire.
Et les mots me sont venus plus vite que la morve au nez de mes petits couillus dès que la brise souffle.


Chère toi/moi,

Si je ne m'abuse tu reçois cette lettre en 1999. Genre, le millénaire dernier (ça pique). Je peux déjà te dire que la fin du monde n'est pas pour Nouvel An prochain. Les ordinateurs s'en remettront.
Tu stresses pour bien des choses ma biche, qui te paraîtront si lointaines après.
Tu apprendras à répondre aux attaques extérieures. Tu commences déjà à ne plus être l'extra-terrestre du coin, et tu avances doucement mais sûrement vers des temps plus doux où ne compteront plus les piques des super-branleurs-populaires du bahut parce que, de une les vrais amis seront là et t'aimeront comme tu es, et de deux, c'est pas forcément les petits cons sûrs d'eux qui survolent le collège les mains dans les poches et la clope au bec qui réussissent le mieux dans la vie. Promis.

Tes binocles ne te dévisagent pas. Tu n'es pas un gnou obèse. Tu as le droit d'aimer lire, écouter du vrai Rock et faire des blagues pourries. Oui, tes nénés vont pousser (un peu).
L'EPS ne sert à rien dans la vie, je te le dis tout de suite. Au passage, fais gaffe en jouant au volley quelques semaines avant le bac. J'dis ça, j'dis rien.
Écoute les cours de bio, putain!

Des fois tu vas croire en plein de choses, en plein de personnes. Méfie-toi.

Décroche le poster de Richard Dean Anderson de ta chambre. Ne porte plus jamais ce pull horrible que tu aimes tant. Ne jette pas tes Converse, elles seront bientôt vintage. Si on te propose de te défriser les cheveux, DIS NON! Assume, merde.

Oui, elle ira bien. Non, il n'est pas fait pour toi. Oui, tu y arriveras.

Embrasse fort fort fort Papy Robert, Mamie de Eecke, Pépé et Mamie Caby.
Appelle Tonton Dominique plus souvent.


En fait, avant tout... Aime et VIS. Et tout ira bien.
Prends soin de toi, morue.


M.







PS: Ça s'est passé par ici - http://ladefraichie.com/2013/04/02/1992/
Et ici - http://www.femmesweetfemme.fr/annee-1993/
Et aussi là - http://mamananonyme.fr/2013/05/08/1996/

3/12/2013

Soleil, savon noir et mobylette

C'est pas flagrant là tout de suite, sous 40cm de neige, le choc thermique ayant flingué mon teint lumineux, mais il y a trois semaines nous étions en vacances à Marrakech.

Ne connaissant pas du tout le Maroc, nous avons débarqué à coeur ouvert, avec l'impression d'avoir une page blanche à décorer de mots, d'images, de sensations. Je crois que j'ai rempli tout un cahier de 200 pages.
Il fallait que je vienne en coucher au moins une partie noir sur blanc.

Nous avons découvert une ville frémissante, généreuse, aux odeurs d'épices et aux couleurs chatoyantes, à l'image de ses habitants.

Côté route, c'est Mario Kart en vrai, et en pire. Si t'as peur ferme les yeux. En mobylette, c'est du suicide, mais c'est un truc à faire une fois dans ta vie! Je crois que c'était beaucoup demander à mon périnée, mais j'ai grimpé, je me suis accrochée à Nabil comme si ma vie en dépendait (et en fait c'est pas faux...), j'ai dit merde à ma frousse et Yallah!
Quand t'ouvres un oeil tu te dis "Putain ça passe pas, ça passe pas!!!", et magie : ça passe toujours...
Filer dans les petites rues du souk qui se réveille, slalomer entre les piétons, les ânes et les charrettes, ça un petit côté goût du risque qui me ressemble tellement peu que j'en ai adoré chaque seconde!

Il faudrait que je vous raconte le couscous, la place Jemaa-El-Fna où bat le coeur de la ville de jour comme de nuit, les palmiers, les minarets colorés, les remparts ocres, le marchandage sur les étals partout, leur façon de traiter tous les enfants comme des princes des mille et une nuits...

Mais ce que je suis venue vous raconter là maintenant, c'est le Hammam. Un truc de ouf.
Tu m'aurais dit avant que j'allais y aller, je t'aurais ri au nez grave (oui, je ne suis pas toujours très urbaine). Genre je vais me dé-saper comme ça, dans le normal, t'as vu ça où, mais "Allô, quoi!"
Et puis j'ai dit "Ouais" sans y croire, en me disant que je trouverais bien un moyen de me débiner.
Et puis pendant que ma tête moulinait, mon coeur m'a dit à l'oreille (ouais, j'ai une anatomie particulière) que si je ne le faisais pas ici et maintenant, je ne le ferais jamais et ce serait regrettable.

Alors Djamila nous a pris sous le bras, Mister R et moi, et nous a emmenés dans un établissement minuscule, sans enseigne particulière, on a passé la porte et tout a été bousculé : ma pudeur, mes idées reçues, ce que je pensais savoir de moi et des autres...
Une fois la porte passée, toutes se dévoilent au sens propre comme au figuré. En plus toi, comme une bonne citadine occidentale, tu te dis que si elles portent un voile, elles sont forcément pudiques comme pas possible (au moins comme toi, grosso modo), et en fait non. C'est toi qui te sens gênée de t'accrocher à ta culotte.

Alors on avance, une salle tiède, une salle chaude, une salle très chaude. C'est très ritualisé, elles savent quoi faire, comment faire et dans quel ordre. Moi je suis perdue, encore mal à l'aise, je me sers de mon fils comme d'un paravent humain pour protéger ma dignité. Petit à petit je me rends compte que je n'ai à me protéger de rien. Il n'y a aucun regard, aucun jugement. Même s'il y en avait, j'ai laissé mes lunettes au vestiaire donc I don't give a shit.
Je découvre le savon noir, doux et gluant, Mister R fait le clown.
Je découvre le gant pour le gommage, je me gratouille avec, ça va, c'est fun.
Arrive la dame qui s'occupe de faire les gommages. Je suis pas bien rassurée, mais bon.

Alors elle elle attrape le gant et elle te frotte. Mais genre elle te rabote! J'ai eu l'impression de passer sous une ponceuse en mode abrasif +++. Là je me dis mais elle va m'enlever une couche de peau!
À ce moment-là j'ai cessé de lutter. J'ai arrêté de réfléchir parce que ça me pourrissait mon kif.

Je commençais à me dire mon corps n'était pas le seul à être lavé dans ce Hammam, quand elle m'a fait signe de me mettre sur le dos. Elle a frotté de plus belle.
Elle est arrivée à mon ventre et j'ai tressailli. Je me suis rendu compte que je serrais les dents. En fait je n'avais pas mal... Pas physiquement du moins. Elle a traité cette partie de mon corps comme le reste, alors qu'en général je ne le fais pas, c'est une zone à part, une zone de non-droit. Non pas que je ne la lave pas, mais je décape pas quoi.
Cette femme, au fond d'un Hammam, au fond de Marrakech, elle, elle l'a fait.
J'avais l'esprit et le coeur qui fonctionnaient à mille à l'heure. Les souvenirs affluaient et la sueur et l'eau n'étaient pas les seules à se disputer la course sur mes joues. Je crois qu'elle l'a vu.

Une fois le ponçage gommage complet terminé, elle m'a rincée avec un grand seau d'eau bouillante. Là, tu meurs de honte en voyant l'eau qui repart, pas noire mais presque. Tu as une pensée pour la douche que tu avais prise avant de partir le matin et qui te semble bien ridicule. Fuck alors, je ne me savais pas si sale!

De retour au vestiaire, j'ai vu les femmes se rhabiller, additionner les couches de tissu, reprendre leur voile et leur apparente timidité. J'ai trouvé ma pudeur dérisoire, mes vêtements ridicules et mes a priori balayés. Et c'est tant mieux.

Je suis sortie en clignant des yeux à la lumière. J'avais l'impression d'être littéralement à vif.
J'ai pensé tout de suite que j'allais me souvenir longtemps de ce moment. Ça a eu quelque chose de douloureux, et ça m'a soulagée en même temps. Je me suis sentie lavée de plein de choses... Libérée.
Beaucoup de gens pensent que nous sommes "prisonniers" de nos vêtements. Moi c'est le contraire. C'est la nudité qui me contraint.
Je ne dis pas que j'ai laissé toute ma pudeur ou tous mes complexes à l'intérieur de la salle la plus chaude de ce Hammam. Mais une chose est sûre, j'y ai laissé plus que des cheveux et de la peau morte.



12/15/2012

La fin du monde? Peut-être pas. La fin de l'Humanité? Joker.

Michael Moore @MMFlint
The way to honor these dead children is to demand strict gun control, free mental health care, and an end to violence as public policy.
- La seule façon d'honorer ces enfants décédés est d'exiger le contrôle des armes, les soins mentaux gratuits et libres, et la fin de la violence en tant que politique publique.

Michael Moore @MMFlint
Too soon to speak out about a gun-crazy nation? No, too late. At least THIRTY-ONE school shootings since Columbine.
- Trop tôt pour parler de pays dingue des armes? Non, trop tard. Au moins 31 fusillades dans des écoles depuis Columbine.


Michael Moore @MMFlint
Here they are - all SIXTY-ONE mass shootings in the United States since Columbine. How many more, my fellow Americans?

Michael Moore @MMFlint
This morning a crazy man attacked 22 children at an elementary school- in China. But all the crazy man had was a knife. Number of dead? Zero
- Ce matin un fou en Chine a attaqué 22 enfants dans une école primaire. Tout ce qu'il avait était un couteau. Nombre de morts? Zéro.

Michael Moore @MMFlint
The NRA hates freedom. They don't want you to have the freedom to send your children to school & expect them to come home alive.
- La NRA (National Rifle Association = association pro-armes très puissante aux USA) déteste la liberté (ils prônent la liberté de se balader avec une arme à la ceinture depuis des décennies). Ils ne veulent pas que vous ayez la liberté d'envoyer vos enfants à l'école et de penser qu'ils vont en revenir vivants.

Michael Moore @MMFlint
Just 18 hrs ago, those Republicans in the Michigan House rammed thru a bill making it LEGAL to carry a gun into a school or day care center.





Obama a dit "20 beautiful children ages 5 to 10, who had their lives ahead of them... Our hearts are broken"...

Ils ne se remettront jamais, mais ça aurait pu être évité...

L'ampleur de l'horreur humaine ne cessera jamais de m'étonner...

Il semblerait qu'un gouverneur ait eu la brillante idée de suggérer que tout cela ne serait pas arrivé si les enseignants avaient eux aussi eu des armes, pour pouvoir arrêter le tireur fou. Parlons d'escalade de la violence.



Encore combien de fusillades? Combien de morts? Combien de drames, de familles meurtries, de parents écorchés vifs, d'enfans orphelins... Encore combien? Combien avant qu'on ne décide de laisser les armes à ceux qui savent, qui peuvent les utiliser, à 
bon escient, pour les personnes et non pas contre elles? L'Amérique saigne, encore... Et encore... Et encore... Obama a essuyé ses larmes hier soir en disant "Nous avons le coeur brisé"... Mais tant de cruauté aurait pu être évitée... Quand allons-nous apprendre de l'Histoire?




La fin du monde peut venir, ou pas. L'humanité au sens propre et au sens figuré semble bien finie déjà.




12/03/2012

Vous reprendrez bien un peu de guimauve?

Twilight, c'est niais. Or, j'ai moi aussi un côté niais qui ne demande qu'à s'exprimer. Donc, j'aime Twilight et j'en ai (presque) pas honte.

La base de l'histoire, c'est une fille somme toute ordinaire sans l'être, à qui il arrive un truc de ouf qui s'avère être son destin au final. Clic-clac, l'affaire est dans le sac.

Il y a une partie en chacune de nous autres, pauvres niaises (la partie qui aime La Boum et les Lolcats), qui rêve qu'il lui arrive des trucs chelous mais romantico-funky comme ça, comme quand tu regardes Dirty Dancing et que Johnny regarde Bébé et que ce regard veut dire "Viens danser avec moi même si et surtout parce que je suis ténébreux et dangereux et que nous ne devrions pas parce que je ne te mérite pas - et qu'en plus ça frise la pédophilie".
Bref, au début de Twilight, tu regardes Edward et tu t'attends presque à ce qu'il sorte : "On ne laisse pas Bella dans un coin."

Parce que Bella, en vrai, c'est la girl next door avec un petit côté Calamity Jane dévouée. C'est la meuf qui dit "Va devant, je vais te ralentir! En plus je préfère mourir pour toi que mourir tout court!", et qui rabâche pendant 4 livres qu'elle est tellement inintéressante qu'il faudra au moins 5 films pour explorer toute la complexité de l'histoire.

Je passe sur Papa Charlie parce qu'il est gentil (on l'aime bien au village) mais pour un policier, paye ton esprit de déduction.

Dans Twilight, tu peux voir plein de petits détails récurrents pour rassurer le lecteur/spectateur quant à la routine dont sont aussi victimes les êtres surnaturels, qui au fond sont des gens comme vous et moi. Enfin peut-être pas, en fait, mais un peu quand même. Ils se prennent des vannes au lycée (si c'était moi je crois que ce serait ça le purgatoire, le lycée all over again et le bac tous les 3-4 ans, paye ta vie de merde), se protègent des UV, surveillent leur ligne. Faut pas croire.
Par exemple, dans La Petite Maison Dans La Prairie, Charles Ingalls va toujours couper du bois (Papa Charlie aussi d'ailleurs, tiens tiens, coïncidence? I think not.), dans Twilight les Cullen vont toujours courir (ou rompre, ou discuter, ou faire le bon vieux coup de la boule à facettes) au fond des bois sombres et labyrinthiques où seuls s'aventurent quelques pumas (sans déc?) ou autres promeneurs téméraires. Ils ignorent visiblement que c'est pile-poil the place to be si tu veux décéder dans d'atroces souffrances quand tu vis dans les environs de Forks ("fourchettes", était-ce prédestiné au festin vampirique dont sont menacés tous les habitants?)...

Dans la catégorie "linéaire", je nomine également Kristen Stewart. Expressive comme une tarte au flan. J'aurais décidément bien plus aimé les films si les acteurs avaient été mieux choisis. Ça n'engage que moi. Oh oui, vous les fans de Taylor Lautner, jetez-moi vos shorts déchirés et hurlez à la lune, je ne fonds pour aucun des visages masculins de la saga...


Envers et contre tout cela, j'ai aimé les films. Bien moins que les livres, mais quand même. J'ai l'air de dénigrer, là, mais c'est parce qu'y a vraiment des trucs cousus de fil blanc qui m'ont beaucoup amusée tout au long des 5 films, mais surtout du dernier. Comme quand la fille du film d'horreur s'empresse de s'enfermer chez elle avec le tueur à la hache et de monter à l'étage où elle se trouvera forcément coincée sauf à vouloir faire le saut de l'ange depuis les combles.
Là, c'est Bella qui se mettra forcément devant n'importe qui (ou n'importe quoi) menaçant son tendre Doudou qui l'aime de tout son petit coeur de marbre, au péril de sa vie, d'ailleurs elle n'y tient pas tant que ça visiblement. Mais tu te doutes qu'au final tout sera bien qui finira bien.

Pour toujours et même un peu plus. Bande de petits veinards.

OK Doudou, je veux bien t'épouser. OK, je veux bien que tu me fasse ma fête alors que je suis un frêle roseau. OK je veux bien mourir un peu et devenir une créature flippante suceuse de sang, quitte à ne jamais revoir mon Papounet. Mais dis, il est hors de question que je porte une perruque comme le reste du clan!

11/28/2012

On dit merci qui?

Toi, qui me lis, t'arrive-t-il d'envier l'innocence et les rêves des enfants?
Plus terre-à-terre, t'arrive-t-il de trouver bien pratique l'excuse du Père Noël ou de la petite souris pour plein de trucs, mais principalement pour faire chanter tes enfants? (oh ça va hein, que celui qui ne l'a jamais fait me jette la première dent de lait)

Le week-end dernier, la FLAC (respect de l'anonymat, bonjour!) a failli anéantir les rêves de mon fils, certains des miens (genre la tranquillité, au moins jusqu'à Noël), et un de mes derniers moyens de pression sur Fi-fils Premier.

L'affiche, en 4 par 3, hurlait à nos yeux z'éblouis: "Mon fils croit au Père Noël. Moi, je crois à la FLAC".

La FLAC part donc du principe que les enfants qui savent lire sont trop grands pour être joliment naïfs. Ou s'en cogne, c'est possible aussi. Je ne sais pas ce que je préfère penser!

Nos gnomes sont de nos jours exposés à une multitude d'images. Nous parents tentons de faire le tri et avons parfois l'illusion de maîtriser ce qui arrive devant les yeux et dans la cervelle tordue de nos loupiots.

Maîtriser, mon cul. Que d'alle tu maîtrises ma poule, ton gamin il reçoit, il déchiffre, il retient, et il te le ressort quand ça l'arrange.

J'ai à peine réussi à détourner l'attention de mon fils, ce sale petit intello, juste avant qu'il n'en arrive au mot "Père".
Juste assez pour rentrer peinards à la maison où la télé nous a abreuvés de publicités conjuguant le Père Noël à tous les temps à grands coups de super-promos et de "cadeaux gratuits" (pléonasme inside, c'est pour moi, ne me remerciez pas).

Je pensais que le plus dur serait de laisser les rêves de mon petit couillu survivre au CP.
Je n'avais même pas pensé au reste du monde.

11/17/2012

Un exorcisme, vite!

Anyway, c'est ça ou j'annule Noël.

Avant d'en arriver là, je suis à deux doigts de mettre le feu à tous les jouets qui envahissent ma maison et de fourrer la tronche du chat dans sa caisse moisie. Ou l'inverse.

Les mots en rouge dans le carnet de Fifils Premier se multiplient et je n'y réponds même plus. Les regards outrés devant les gros mots mal prononcés de Fiston Deuxième du Nom me glissent dessus comme l'eau sur les plumes d'un canard.

Mais gueuler comme un veau pendant des heures pour les regarder me rire au nez ç'en est trop.
J'y pensais tout à l'heure quand j'épongeais le sol de ma salle de bains après avoir douché les gnomes. Ou était-ce après avoir nettoyé la pisse de celui qui avait trouvé bien trop conventionnel de viser la cuvette? Ah non, ça me revient, c'était juste après qu'ils aient fait un concours de crachat mais un peu avant qu'ils jouent à se jeter des DVD à la figure en sautant dans le canapé.

Le retard de révisions s'accumule et la lessive à la traîne s'entasse. Ça me fait penser que je n'ai pas nettoyé la guirlande de feutre vert qui orne la quasi-totalité de ma tapisserie à l'étage. J'ai eu le temps, pourtant, étant debout depuis la première ponte matinale de Mister R, soit sur le coup de 7h (même et surtout le week-end et jours fériés).

A la fin de la journée j'ai le cerveau trop ramolli pour y imprimer quoi que ce soit. En fait, en début de journée aussi maintenant que j'y réfléchis. Bref, je suis fatiguée.

Et adieu veaux, vaches, cochons, et autorité parentale.


Oh, toi, ta gueule! (RIP quand même)

11/04/2012

C'est pas parce que je t'aime que...

... Tu peux t'amuser à caguer toutes les 2 heures avec une régularité effrayante, première tournée à 6h30.

... Tu peux faire la moue devant mon plat maison que tu as réclamé à corps et à cris mais que finalement tu n'aimes "que" en boîte ou en brique.

... Tu dois te croire autorisé à guirlander toute ma tapisserie à coups de feutres.

... Je ne vais pas balancer à la poubelle tout ce que tu laisses traîner (même si, comme tu me le fais adorablement remarquer, je le dis souvent mais ne le fais jamais, ou plutôt, ne l'avais jamais fait jusque là...)

... J'aime nettoyer tes dommages collatéraux au quotidien.

... Je te trouve choupicroquignolet quand tu te bouffes les crottes de nez.

... Je kiffe le matin quand tu sens le mouflon.

... Je vais partager mes Shokobons. Y a des trucs qui se font carrément pas (même la dévotion maternelle a ses limites).

... Je le prends pas en pleine face quand tu me lances "Ah, pour une fois t'es coiffée!"

... J'ai pas envie de t'emplafonner une fois de temps en temps (c'est pas ceux qui le disent qui le font).

... J'overlike de me cogner Cars ou Toy Story jusqu'à la décompensation psychiatrique.

... T'as le droit d'être plus malin que moi et de me mettre le nez dedans.



Ouais, je vous kiffe. Nan, pas forcément tout le temps. Mais oui, pour toujours et même un peu plus...
Enfin évitez de me chauffer, tout de même. Sait-on jamais.

10/13/2012

Show must go on

On a beau être déterminé, motivé, et décidé à se donner les moyens de réussir, on n'en est pas moins humain. On n'en est pas moins parent. On n'en est pas moins fatigué...

Et puis on a des moments de découragement intense. Total. Violent. Profond...

Parfois on ne s'imagine pas continuer. Parfois on ne s'imagine pas abandonner.
Justement parce que l'abandon n'est pas une option.

Pourtant le système est tel qu'à certains moments, on se demande à quel instant on s'est perdu en route. Quand est-ce que j'ai commencé à être plus étudiante que maman? Qu'épouse? A quel moment suis-je devenue la mère qui a des scrupules à quitter un cours alors que son enfant est malade?
A quel moment suis-je devenue personnellement dépendante du jugement des professionnels?

Dans ma situation, on cumule les casquettes bizarroïdes. Je suis étudiante mais j'ai presque 30 ans (fuck me, ça pique rien que de l'écrire!). Je suis étudiante mais je suis mariée et mère de famille (générique de "Mariés 2 enfants" en fond sonore). Je suis étudiante en soins infirmiers, donc études prenantes, à horaires chelous et corvéable à merci sans frais supplémentaires sur le terrain. J'ai parfois l'impression de régresser et d'avoir 15 ans face à des professionnels en poste qui ont parfois 10 ans de moins que moi. J'assume tout ça. C'est lourd, mais j'assume. C'était mon choix. C'EST mon choix.

J'ai honte d'être tentée de tout lâcher parfois.

Parce qu'à côté de ça, il y a ces moments. Ces moments en stage où tu sens que tu es utile, que tu changes quelque chose, que ce que tu fais compte. Il y a des personnes à qui tu t'attaches un peu. Tu sais que tu ne dois pas le faire mais tu ne peux pas t'en empêcher. Il y a les soignants dont tu te dis que jamais au grand jamais tu ne seras comme eux. Il y a les soignants qui t'inspirent l'envie de leur ressembler.

Et puis il y a les patients. Drôles, attachants, pénibles, forts, colériques, tristes, courageux... Ceux qui ont besoin de tout mais ne demandent rien, et inversement.
Au bout d'un moment tu as l'impression de bien les connaître parce que tu sais que Mme Bidule prend un chocolat chaud avec des biscottes au petit déjeuner et que Mr Chose préfère être assis face à la fenêtre que face à sa télévision. Ils t'étonnent parfois comme Mme Machin qui est hémiplégique mais fait sa toilette sans aucune aide merci bien, il ne manquerait plus que ça.
Il y a ceux qui vont mieux. Tu es content qu'ils rentrent chez eux et triste de ne plus les voir.
Et il y a ceux qui déclinent, ce déclin contre lequel tu ne peux rien sauf mieux installer leur oreiller.
Et il y a ceux qui foncent dans un trou noir sans même avoir eu le temps de dire ouf. Tu as plaisanté avec Mr Truc le matin et l'après-midi tu apprends qu'il s'enfonce.

Quand tu rentres à la maison, t'as du mal à fermer la porte de l'hôpital.

Ce métier, il nous colle à la peau... Parfois je me dis que j'aurais dû choisir un boulot qui reste un boulot.

Mais alors, je n'aurais jamais rencontré ces soignants formidables. Ni ceux qui me montrent le chemin à ne pas suivre. Je n'aurais jamais rencontré Mme Machin, Mr Truc ou Mme Bidule. Et si je ne les revois jamais parce qu'ils sont rentrés chez eux ou partis très loin pour de bon, c'est la vie. Certains ont laissé une larme sur ma blouse, ils laissent chacun une trace sur ma route.


Alors je continue.



8/19/2012

Sans culotte, point de salut...

Combien de temps faut-il à nos fesses pour qu'elles tombent dans le domaine public?

Réponse: le temps d'arriver à l'hôpital.

L'hôpital où l'on n'est (trop) souvent qu'un numéro, où l'on est malade en face de quelqu'un qui peut (normalement) nous soigner, où l'on est ignorant au milieu de ceux qui savent, où l'on est allongé à regarder d'en bas ceux qui, debout, connaissent notre corps mieux que nous, et pour qui l'on n'est parfois qu'une ligne dans un agenda, voire un numéro de chambre sur une liste de visites...

Et où l'on est nu sous une blouse transparente. Putain.

On écrit des chartes en veux-tu en voilà, on pond des lois à ne plus savoir qu'en faire, on prétend mettre le patient au centre des soins, et au milieu de tout ça, on le laisse les fesses à l'air devant un parterre de soignants blasés. Ce ne sont que des fesses. Ils en ont vu, ils ne regardent même plus.

C'est comme l'examen gynéco, c'est bien connu, c'est la femme qui y voit un geste sexuel. Pour la femme, c'est bien connu, le vagin-organe-sexuel est tout à fait différent du vagin-gynéco-obstétrique, limite il n'est pas au même endroit, voyons.

Je m'égare.

Je me suis déjà ici-même insurgée à plusieurs reprise contre le mépris de la pudeur et de la dignité des patients.

Je lis ces derniers temps sur la blogosphère que non seulement je ne suis pas la seule, mais en plus, d'autres ont été plus fortiches que moi et tentent de faire bouger les choses.


Tout est parti de chez Gélule.

Et maintenant, vous pouvez tous signer la pétition.

Deux petits boutons pour l'homme, un grand pas pour le monde hospitalier!